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| 17-11-2017

L’Onu commémore la libération des camps de la mort

mardi 25 janvier 2005.

Pour la première fois dans les annales de l’Onu, la prière juive ‘’El Maleh Rahamim’’, prononcée en mémoire des défunts, retentira dans l’enceinte de l’organisation internationale.

Alors que l’antisémitisme croît dans le monde, et essentiellement en Europe, une cérémonie sans précédent a lieu lundi dans l’enceinte de l’Onu, pour marquer le 60e anniversaire du camp de la mort d’Auschwitz, créé par les Nazis, où ont été massacrés plus d’un million de Juifs.

Israël était parmi les initiateurs de cette commémoration et a dû agir dans les coulisses pour que la proposition soit adoptée. Elle a finalement été soumise au secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, qui lui était favorable dès le départ, par les Etats-Unis, la Russie, l’Australie, le Canada, la Nouvelle Zélande, la Hollande (au nom de l’Union européenne) et bien entendu Israël.

La tenue d’une telle cérémonie devait être approuvée par au moins 96 Etats membres parmi les 191 représentés au sein des Nations unies. Finalement, ce sont 145 pays qui ont donné leur accord pour cette session extraordinaire.

La cérémonie, soulignant que ‘’le mal satanique qui a tué six millions de Juifs dans les camps de la mort, nous menace tous encore de nos jours’’, a été ouverte par le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan après une minute de silence. Son discours a été suivi de celui d’Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix, et de l’allocution du ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom, qui représente son pays dans cette commémoration historique.

L’ambassadeur d’Israël Danny Guillerman a déclaré, avant la commémoration, que Shalom ‘’ne représentait pas seulement l’Etat d’Israël et le peuple juif, mais également les six millions de victimes juives dont la voix ne peut pas être entendue aujourd’hui’’.

‘’Il s’agit d’un jour historique pour le peuple juif’’. C’est par cette phrase que le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan a ouvert la séance. Il a ajouté : « Après la seconde guerre mondiale, le monde a découvert peu à peu l’ampleur effroyable de cette tragédie. Il ne faut pas oublier que l’Onu a été créée sur les ruines de la Shoah et pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Nous nous recueillons aujourd’hui en mémoire des victimes et des pères fondateurs de notre organisation qui se sont sacrifiés pour sauver l’humanité de ses oppresseurs et pour apporter aux Juifs, et pas seulement à eux, un message d’espoir".

Annan a ensuite évoqué les autres peuples massacrés par le régime nazi, citant notamment les Tziganes, et a rappelé que les intellectuels et les artistes avaient dû également subir les sévices et la brutalité du pouvoir. Il a ajouté : ‘’Mais la tragédie du peuple juif a été particulière, en effet les deux tiers du judaïsme européen ont été exterminés, et toute une culture a disparu à jamais dans la tourmente".

Annan, citant Elie Wiesel qu’il a appelé ‘mon ami’’, a encore souligné en son nom que ‘’toutes les victimes des atrocités nazies n’étaient pas juives mais tous les Juifs étaient des victimes’’. Il a estimé que la parole devait être donnée en priorité à Israël qui avait également été fondé sur les ruines de la Shoah.

En conclusion, Annan a encore déclaré : ‘’Il ne faut pas permettre que cela se reproduise. Nous devons être prêts à lutter contre l’antisémitisme’’.

Après le secrétaire général de l’Onu, l’écrivain Elie Wiesel, prix Nobel de la Paix et rescapé de la Shoah, a pris la parole. Il a déclaré qu’il parlait au nom d’un peuple ancien victime d’atrocités. Il a rappelé que des parents avaient vu leurs enfants jetés dans la fournaise et a ajouté que ces images horribles poursuivaient le peuple juif dans ses cauchemars depuis plus de soixante ans.

Wiesel a ensuite décrit l’horreur de ces années là en Europe ‘’lorsque la mort était la norme et que la vie ne constituait qu’une chance’’. Il a ensuite posé des questions vitales : ‘’Quant la Shoah a-t-elle réellement commencé ?" ou bien : "Où a germé cette ‘’idéologie’’ particulièrement cruelle ?" Il a ajouté : « Pour la première fois dans l’histoire du monde, le fait d’exister était un crime. Des enfants juifs qui n’étaient pas encore nés ont été condamnés à mort. Combien d’entre eux auraient pu être des prix Nobel ou inventer des médicaments contre le cancer. C’est une véritable usine de la mort qui a été créée et les assassins sont venus pour tuer et les victimes pour mourir ».




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