----------------------------------------------------------------- ------------- ©Tout droits réservés Sifriat Hava, Beit El, Mizrah Binyamin 96031 Israël Communauté On-Line : WWW.COL.FR ------------------------------------------------------------------------------ BEHAR- BEHOUKOTAI LA LUTTE FINALE Sommes-nous actuellement dans la phase finale de la lutte du peuple d'Israël pour sa liberté, I'édification de son Etat et son indépendance, ou bien serions-nous encore potentiellement menacés par un nouvel exil ? Doit-on craindre que les menaces tragiques et horribles, comme l'exil, la soufrance, I'expulsion, la Shoa la famine, la maladie, le meurtre, le pillage et le viol, toutes longuement relatées dans la section shabbatique Behoukotaï ne se répètent à nouveau pour le peuple juif, et notamment pour l'Etat d'Israël ? Ces doutes et ces appréhensions qui minent l'esprit d'un certain nombre d'entre nous dans les périodes troublées que nous vivons, semblent certes trouver un écho dans les paroles de récomfort de nos Sages: "Ainsi, savons-nous que, selon la tradition, Jérusalem ne sera pas reconstruite avant le rassemblement de tous les exilés, et c'est pourquoi, si quelqu'un prétend que les exilés ont déjà été rassemblés alors que Jérusalem n'a pas encore été reconstruite, il ne faut pas le croire". Pourquoi cette défiance ? "Car il est écrit: 'Il reconstruit Jérusalem et rassemble les exilés d'Israël' Les enfants d'Israël dirent au Saint-béni- soit-Il 'Maître du monde, Jérusalem n'a-t-elle pas déjà été reconstruite et détruile à nouveau ?' Et l 'Eternel leur répond: 'C'est à cause de vos péchés qu'elle a été détruite et que vous avez été exilés. Mais à l'avenir, Je la reconstruirai et Je ne la détruirai plus jamais comme il est écrit: Dieu a reconstruit Sion, il est apparu dans Sa gloire' .." (Midrash Tanhouma, Noah, alinéa 11) Le rassemblement des dispersés est donc un signe indubitable de la résurrection du peuple juif qui permettra finalement la complète reconstruction de Jérusalem - y compris celle du troisième Temple - et cette fois, pour l'éternité. Il est vrai qu'après l'exil de soixante-dix ans en Babylonie, le peuple juif est remonté en Israël, plein d'espoir. Or il s'est avéré après quelques siècles, qu'il fut à nouve:au exilé ! Cependant, depuis trois générations, c'est bien au processus en cours de la délivrance finale que nous assistons: nos Sages l'expriment brièvement dans un autre texte de conmentaire sur le fameux verset du prophète Zacharie (XIII): "Et c'est à la troisième qu'ils y resteront". En d'autres termes: le peuple d'Israël ne s'installera définitivement sur sa terre qu'à la troisième délivrance, après celles de la Sortie d'Egypte et du retour à l'époque d'Ezra (voir Midrash Tanhouma, Chofetim, alinéa 9). Ainsi, nos Sages dénombrent-ils trois délivrances et donc deux exils, et pas un de plus ! Citons à ce propos un épisode fort intéressant datant de l'époque du Rav Itzhak Halévi Herzog, premier grand rabbin de l'Etat d'Israël renaissant, et également le grand rabbin ashkénaze du Yishouv pendant la Shoa. Son fils, Yaakov Herzog, qui etait à la fois un sage émérite et un brillant politicien, avait relaté le périple entrepris par son père en l'année hébraïque 5701 (1941) pour tenter de faire pression sur de très hautes personnalités du monde occidental afin qu'elles puissent contribuer à sauver les communautés juives placées alors sous le joug nazi. Le Rav Herzog a ainsi rencontré le pape et le président améncain Franklin Roosevelt. Malheureusement, ces deux rencontres furent sans résultat, et il ne parvint guère à secouer l'indifférence criminelle des Occidentaux face à la Shoa. Tout au plus à Washington, le président Roosevelt lui déclara: "Monsieur le grand rabbin, restez donc aux Etats-Unis ! Ne retournez pas en Israël car la Terre sainte sera, sous peu, elle aussi conquise par lesAllemands !" A cela le Rav Herzog répondit: "Nos prophètes ont mentionné deux destructions, et non pas une troisième !" (cf Am levadad yishkon, p 16). En effet à cette époque, le général Rommel se trouvait aux portes d'Eretz Israël, et il ne faisait plus aucun doute que dès leur entrée dans le Yishouv, les Allemands massacreraient sans pitié l'ensemble de la population juive d'Israël . Un projet qui risquait cependant de leur être ravi puisque le grand mufti de Jérusalem, Hadj Amin el-Husseini - I'aïeul de l'actuel membre de l'OLP, Fayçal el-Husseini - avait déjà appelé tous ses fidèles de l'Islam à massacrer eux-mêmes les Juifs le jour où les Allemands entreraient dans la ville sainte. D'ailleurs, les brigades de la Hagana avaient mis au point un plan de résistance et de fortifications sur le mont Carmel, près de Haïfa Cependant, I'armée de Rornmel fut, comme on le sait, stoppée dans les sables egypto-libyens, aux portes de la Terre d'Israël. Sur ce registre, mentionnons encore un épisode fort révélateur cité par un officier américain dans l'un de ses écrits (Un pipeline pour une bataille): Alors qu'ils combattaient face aux Allemands à El Alamein, les Anglais furent soudain surpris de constater que la résistance des troupes nazies faiblissait. Il s'avérait en effet que les soldats allemands assoiffés en raison de la chaleur torride du désert, avaient percé des canalisations qui servaient aux Anglais, pour boire l'eau qui y circulait. Il s'est en fait avéré que l'eau de ces canalisations n'était pas potable ! Or, d'après les mots mêmes de cet officier américain, il s'agissait là d'un 'pur miracle'... Et même s'il est bien évident que ce n'est pas grâce à cet épisode que la Terre d'Israël fut épargnée de l'occupation nazie, il s'agit là d'une anecdote symptomatique. Sur un plan plus général, il est clair que les événements que nous vivons actuellement sont partie intégrante de la lutte finale du peuple d'Israël pour sa délivrance. Nos Sages le disent explicitement dans de nombreux textes "Alors que les délivrances passées furent suivies d'asservissement, la délivrance future ne sera pas suivie d'un quelconque asservissement" (Mehila Beshalah, Shira, chap. I). Dans l'introduction à son commentaire sur le Livre de Devarim (Deutéronome), Rabbenou Behya Ben Asher écrit que tout ce qui concerne dans les paroles des prophètes la présence d'Israël sur sa terre ne se rapporte pas à la période du Premier ou du Second Temple, mais en prionté a l'époque de la "demière délivrance" après laquelle ne surviendra plus aucun exil. Alors, Israël apparaîtra dans sa plénitude suprême. Evidemment, cela ne signifie nullement que nous pouvons nous permettre de faire des erreurs et de sombrer dans un déterminisme naïf, ou dans la vision fallacieuse de la théologie fataliste: c'est bel et bien le Maître de l'univers qui dirige les phénomènes de l'histoire des hommes, mais ces derniers apparaissent avant tout grâce à nos efforts ! Certes, c'est Dieu qui, comme nous le disons dans le deuxième paragraphe du Shema, fait pousser l'herbe de nos champs, mais cela ne nous dispense en rien de nous adonner avec dévotion aux techniques agricoles ! De même, c'est bien le Créateur qui infléchit toute l'Histoire universelle dans le sens de la délivrance finale du peuple d'lsraël et de l'humanité. Mais cela doit se faire à travers nos propres initiatives .Et plus nous serons dévoués et conscients de cette tâche, plus apparaîtront ces événements heureux et plus nous éviterons des problèmes et des souffrances dans ce difficile chemin. Nous le savons déjà: la route de la rédemption n'est pas bordée de roses ! Nous devons en effet affronter de nombreux problèmes, des crises difficiles, et assumer de durs combats. Il n'empêche que nous traversons là un processus irréversible: il peut y avoir des hauts et des bas, des reculs, des ralentissements et d'autres péripéties, mais certainement pas de nouvel exil du genre de celui qui est décrit dans notre section shabbatique ! Nous devons aujourd'hui nous préparer psychologiquement aux inévitables douleurs que doit endurer un peuple libre sur sa terre, mais c'est là "un autre opéra" ! L'on raconte que le rav Kook avait invité un Juif de diaspora à établir définitivement domicile en Eretz Israël en lui faisant notamment prendre conscience des graves crises qui secouaient alors le judaïsme de diaspora. Or son interlocuteur lui répondit: "Mais n'existe-t-il donc pas de crise en Eretz Israël' ? - "Assurément, lui répondit le rav Kook, mais en diaspora, ce sont les crises de l'agonie, alors qu'en Israël, ce sont plutôt les crises de l'enfantement !" C'est pourquoi nous ne devons surtout pas être désespérés face à certains problèmes ou difficultés qui se dressent sur la route de la délivrance, comme il est écrit dans le Cantique des Cantiques: "Mon bien-aimé ressemble à un cerf ". Et nos Sages de dire: "De même que ce cerf apparait et disparalt dans sa course de l'aube, de meme le sauveur d'lsraël apparît et disparaît à nouveau !" (Shir Hashirim Rabba, chap. II). Chaque fois que nous faisons face à un échec, une chute, un écueil, ou un moment d'obscurité, c'est un peu comme si notre cerf bondissant était brièvement caché. Mais il nous faut alors être persuadés qu'il apparaîtra à nouveau: plus nous serons emplis de foi, plus nous ressortirons forts et grandis après chaque crise ! Ne sommes-nous pas persuadés qu'en fait, la lumière naît, plus jaillissante encore, de l'obscurité ? Et que Dieu ne couvre pas de ténèbres certains moments de l'histoire du peuple dsraël, si ce n'est pour susciter ensuite une délivrance plus éclatante encore !