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BEHAR- BEHOUKOTAI

LA LUTTE FINALE

Sommes-nous actuellement dans la phase finale de la lutte du peuple
d'Israël pour sa liberté, I'édification de son Etat et
son indépendance,
ou bien serions-nous encore potentiellement menacés par un nouvel
exil ?

Doit-on craindre que les menaces tragiques et horribles, comme l'exil,
la soufrance, I'expulsion, la Shoa la famine, la maladie, le meurtre, le
pillage et le viol, toutes longuement relatées dans la section
shabbatique
Behoukotaï ne se répètent à nouveau pour le peuple
juif, et notamment
pour l'Etat d'Israël ?

Ces doutes et ces appréhensions qui minent l'esprit d'un certain nombre
d'entre nous dans les périodes troublées que nous vivons,
semblent certes
trouver un écho dans les paroles de récomfort de nos Sages:
"Ainsi,
savons-nous que, selon la tradition, Jérusalem ne sera pas reconstruite
avant le rassemblement de tous les exilés, et c'est pourquoi, si
quelqu'un
prétend que les exilés ont déjà
été rassemblés alors que Jérusalem n'a
pas encore été reconstruite, il ne faut pas le croire".

Pourquoi cette défiance ? "Car il est écrit: 'Il reconstruit
Jérusalem et
rassemble les exilés d'Israël' Les enfants d'Israël dirent
au Saint-béni-
soit-Il  'Maître du monde, Jérusalem n'a-t-elle pas
déjà été reconstruite et
détruile à nouveau ?' Et l 'Eternel leur répond:
'C'est à cause de vos péchés
qu'elle a été détruite et que vous avez
été exilés. Mais à l'avenir, Je la
reconstruirai et Je ne la détruirai plus jamais comme il est
écrit: Dieu a
reconstruit Sion, il est apparu dans Sa gloire' .." (Midrash Tanhouma,
Noah, alinéa 11)

Le rassemblement des dispersés est donc un signe indubitable de la
résurrection du peuple juif qui permettra finalement la complète
reconstruction de Jérusalem - y compris celle du troisième
Temple - et
cette fois, pour l'éternité.

Il est vrai qu'après l'exil de soixante-dix ans en Babylonie, le
peuple juif
est remonté en Israël, plein d'espoir. Or il s'est
avéré après quelques
siècles, qu'il fut à nouve:au exilé !

Cependant, depuis trois générations, c'est bien au processus
en cours de
la délivrance finale que nous assistons: nos Sages l'expriment
brièvement
dans un autre texte de conmentaire sur le fameux verset du prophète
Zacharie (XIII): "Et c'est à la troisième qu'ils y resteront".
En d'autres
termes: le peuple d'Israël ne s'installera définitivement sur
sa terre qu'à la
troisième délivrance, après celles de la Sortie d'Egypte
et du retour à
l'époque d'Ezra (voir Midrash Tanhouma, Chofetim, alinéa 9).
Ainsi, nos
Sages dénombrent-ils trois délivrances et donc deux exils, et
pas un de
plus !

Citons à ce propos un épisode fort intéressant datant
de l'époque du Rav
Itzhak Halévi Herzog, premier grand rabbin de l'Etat d'Israël
renaissant, et
également le grand rabbin ashkénaze du Yishouv pendant la
Shoa. Son
fils, Yaakov Herzog, qui etait à la fois un sage
émérite et un brillant
politicien, avait relaté le périple entrepris par son
père en l'année hébraïque
5701 (1941) pour tenter de faire pression sur de très hautes personnalités
du monde occidental afin qu'elles puissent contribuer à sauver les
communautés juives placées alors sous le joug nazi. Le Rav
Herzog a ainsi
rencontré le pape et le président améncain Franklin
Roosevelt.

Malheureusement, ces deux rencontres furent sans résultat, et il ne
parvint guère à secouer l'indifférence criminelle des
Occidentaux face à la
Shoa. Tout au plus à Washington, le président Roosevelt lui
déclara:
"Monsieur le grand rabbin, restez donc aux Etats-Unis ! Ne retournez
pas en Israël car la Terre sainte sera, sous peu, elle aussi conquise par
lesAllemands !"

A cela le Rav Herzog répondit: "Nos prophètes ont
mentionné deux
destructions, et non pas une troisième !" (cf Am levadad yishkon, p 16).
En effet à cette époque, le général Rommel se
trouvait aux portes d'Eretz
Israël, et il ne faisait plus aucun doute que dès leur
entrée dans le Yishouv,
les Allemands massacreraient sans pitié l'ensemble de la population juive
d'Israël .

Un projet qui risquait cependant de leur être ravi puisque le grand mufti
de Jérusalem, Hadj Amin el-Husseini - I'aïeul de l'actuel membre de
l'OLP, Fayçal el-Husseini - avait déjà appelé
tous ses fidèles de l'Islam à
massacrer eux-mêmes les Juifs le jour où les Allemands
entreraient dans la
ville sainte. D'ailleurs, les brigades de la Hagana avaient mis au point un
plan de résistance et de fortifications sur le mont Carmel,
près de Haïfa
Cependant, I'armée de Rornmel fut, comme on le sait, stoppée
dans les
sables egypto-libyens, aux portes de la Terre d'Israël.
Sur ce registre, mentionnons encore un épisode fort
révélateur cité par
un officier américain dans l'un de ses écrits (Un pipeline
pour une
bataille): Alors qu'ils combattaient face aux Allemands à El Alamein, les
Anglais furent soudain surpris de constater que la résistance des troupes
nazies faiblissait. Il s'avérait en effet que les soldats allemands
assoiffés en
raison de la chaleur torride du désert, avaient percé des
canalisations qui
servaient aux Anglais, pour boire l'eau qui y circulait. Il s'est en fait
avéré
que l'eau de ces canalisations n'était pas potable ! Or,
d'après les mots
mêmes de cet officier américain, il s'agissait là d'un
'pur miracle'... Et
même s'il est bien évident que ce n'est pas grâce
à cet épisode que la Terre
d'Israël fut épargnée de l'occupation nazie, il s'agit
là d'une anecdote
symptomatique.

Sur un plan plus général, il est clair que les
événements que nous
vivons actuellement sont partie intégrante de la lutte finale du peuple
d'Israël pour sa délivrance. Nos Sages le disent explicitement
dans de
nombreux textes "Alors que les délivrances passées furent suivies
d'asservissement, la délivrance future ne sera pas suivie d'un quelconque
asservissement" (Mehila Beshalah, Shira, chap. I).

Dans l'introduction à son commentaire sur le Livre de Devarim
(Deutéronome), Rabbenou Behya Ben Asher écrit que tout ce qui
concerne
dans les paroles des prophètes la présence d'Israël sur
sa terre ne se
rapporte pas à la période du Premier ou du Second Temple, mais en
prionté a l'époque de la "demière délivrance"
après laquelle ne surviendra
plus aucun exil. Alors, Israël apparaîtra dans sa
plénitude suprême.

Evidemment, cela ne signifie nullement que nous pouvons nous
permettre de faire des erreurs et de sombrer dans un déterminisme
naïf, ou
dans la vision fallacieuse de la théologie fataliste: c'est bel et bien le
Maître de l'univers qui dirige les phénomènes de
l'histoire des hommes,
mais ces derniers apparaissent avant tout grâce à nos efforts
! Certes, c'est
Dieu qui, comme nous le disons dans le deuxième paragraphe du Shema,
fait pousser l'herbe de nos champs, mais cela ne nous dispense en rien de
nous adonner avec dévotion aux techniques agricoles !

De même, c'est bien le Créateur qui infléchit toute
l'Histoire universelle
dans le sens de la délivrance finale du peuple d'lsraël et de
l'humanité.
Mais cela doit se faire à travers nos propres initiatives .Et plus
nous serons
dévoués et conscients de cette tâche, plus
apparaîtront ces événements
heureux et plus nous éviterons des problèmes et des
souffrances dans ce
difficile chemin.
Nous le savons déjà: la route de la rédemption n'est
pas bordée de
roses ! Nous devons en effet affronter de nombreux problèmes, des crises
difficiles, et assumer de durs combats. Il n'empêche que nous
traversons là
un processus irréversible: il peut y avoir des hauts et des bas, des
reculs,
des ralentissements et d'autres péripéties, mais certainement
pas de nouvel
exil du genre de celui qui est décrit dans notre section shabbatique !

Nous devons aujourd'hui nous préparer psychologiquement aux
inévitables douleurs que doit endurer un peuple libre sur sa terre, mais
c'est là "un autre opéra" !

L'on raconte que le rav Kook avait invité un Juif de diaspora
à établir
définitivement domicile en Eretz Israël en lui faisant
notamment prendre
conscience des graves crises qui secouaient alors le judaïsme de diaspora.
Or son interlocuteur lui répondit: "Mais n'existe-t-il donc pas de
crise en
Eretz Israël' ? - "Assurément, lui répondit le rav Kook,
mais en diaspora,
ce sont les crises de l'agonie, alors qu'en Israël, ce sont
plutôt les crises
de l'enfantement !"

C'est pourquoi nous ne devons surtout pas être
désespérés face à
certains problèmes ou difficultés qui se dressent sur la route
de la
délivrance, comme il est écrit dans le Cantique des
Cantiques: "Mon
bien-aimé ressemble à un cerf ". Et nos Sages de dire: "De
même que ce
cerf apparait et disparalt dans sa course de l'aube, de meme le sauveur
d'lsraël apparît et disparaît à nouveau !" (Shir
Hashirim Rabba, chap.
II).

Chaque fois que nous faisons face à un échec, une chute, un
écueil, ou
un moment d'obscurité, c'est un peu comme si notre cerf bondissant
était
brièvement caché. Mais il nous faut alors être
persuadés qu'il apparaîtra à
nouveau: plus nous serons emplis de foi, plus nous ressortirons forts et
grandis après chaque crise !

Ne sommes-nous pas persuadés qu'en fait, la lumière
naît, plus
jaillissante encore, de l'obscurité ? Et que Dieu ne couvre pas de
ténèbres
certains moments de l'histoire du peuple dsraël, si ce n'est pour susciter
ensuite une délivrance plus éclatante encore !