« Israël : une guerre divine... »

BILLET DU 16 JUILLET 2006
publié le dimanche 16 juillet 2006
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Bonjour,

Alors que nous lisions hier, dans nos synagogues, la Parashah Pinhas, chacun pensait à la légitimité d’une guerre. Dans cette Parashah, Dieu ordonne à Moïse d’anéantir les madianites car ils ont usé de ruses pour combattre Israël. Le judaïsme est une religion de paix. On ne compte plus le nombre de fois où nous prions pour la paix dans nos prières quotidiennes. L’espérance même du peuple juif est de bâtir une paix éternelle pour l’humanité toute entière.

Pourtant certaines guerres sont incontournables. La tradition juive, dans la Mishnah, considère trois types de guerre. « Milhémet hovah », la guerre « obligatoire » pour se défendre de l’attaque d’un ennemi ; « milhémet mitsvah », la guerre prescrite par Dieu, pour assurer son autodéfense et la survie nationale ; et enfin « milhémet Hareshout », la guerre d’option, une guerre politique pour élargir le territoire d’Israël.

Alors dans quelle catégorie se situe cette guerre qui ne dit pas son nom ? Les autorités rabbiniques israéliennes ont déclaré que quatre des cinq guerres depuis la création de l’Etat d’Israël étaient des « milhémet mitsvah » des guerres prescrites par Dieu puisqu’Israël a dû se défendre contre les attaques ennemies pour assurer sa survie. Seule la guerre du Liban en 1982 a été considérée par les Rabbins comme une guerre d’option puisqu’Israël a mené une offensive sans répondre à une attaque déterminée. Mais même cette dernière opinion a été très disputée parmi le corps rabbinique.

A n’en pas douter, aujourd’hui Israël se trouve face à une « milhémet mitsvah », une guerre qui impose à Israël de se défendre face à une attaque extérieure grave. En cinq jours les événements se sont tellement précipités que l’on en oublierait l’essentiel. Pourquoi Israël est donc entré en conflit avec ses ennemis ? Premier fait : deux soldats de Tsahal ont été enlevés par des troupes du Hezbollah, faisant écho à l’enlèvement d’un autre soldat par le Hamas. Faut-il rappeler que le Hezbollah tout comme le Hamas sont des organisations terroristes, reconnues comme telle par la communauté internationale ? Deuxième fait : le Hezbollah a conservé, malgré tous les accords internationaux, ses positions dans le Sud Liban représentant la menace la plus forte pour Israël. En quatre jours, 400 missiles se sont abattus sur Israël. Le Liban est touché et cela apparaît injuste. Mais le gouvernement libanais n’existe que sur le papier. C’est en réalité la Syrie et l’Iran qui par leur bras armé dirigent un pays déjà trop meurtri et qui est dans l’incapacité d’asseoir sa souveraineté. L’Etat hébreu devrait-il renoncer à sauver trois de ses enfants et accepter que la terreur s’installe plus encore sur son territoire ? Non bien sûr ! Israël a raison de répliquer et de se défendre. A ceux qui pensent que cette réplique est « disproportionnée », qu’ils considèrent leur réaction si une pareille attaque devait toucher leur pays. Israël n’a pas vocation à souffrir. Cela suffit. Certes nous rappelons chaque année, lors du seder de Pessah que « dans toutes les générations des ennemis se sont élevés contre nous pour nous anéantir ». Il faudrait donc accepter ce funeste destin. Ce serait sans compter sur la foi et l’unité d’un Peuple qui n’a qu’un souhait : vivre en paix sur sa terre.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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