« Israël et le droit à l’erreur... »

BILLET DU 11 JUIN 2006
publié le lundi 12 juin 2006
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Bonjour,

L’Histoire, comme bien souvent, s’écrit en ce moment en Israël et plus particulièrement depuis ces dernières 48 heures. Israël a commis ce que l’on appelle pudiquement une « bavure » en tirant des missiles vendredi soir sur une plage de Gaza à l’heure où de nombreuses familles palestiniennes profitaient du week-end marquant le début des vacances scolaires. Ces missiles ont fait sept morts et de nombreux blessés laissant des scènes de désolation plus insupportables les unes que les autres et largement relayées par les télévisions du monde entier. Un incident dont le gouvernement israélien s’est excusé présentant ses regrets au peuple palestinien. Des regrets qui ne semblent pas convaincre et qui ont été rejetés par le Hamas qui rompt sa trêve et promet des ripostes sanglantes.

C’est dans ce climat que Mahmoud Abbas a annoncé la tenue d’un referendum le 26 juillet prochain appelant les palestiniens à se prononcer sur un « document d’entente nationale » encore appelé « le document des prisonniers » puisque rédigé par des prisonniers du fond de leurs cellules. Ce referendum portera sur la fin des attentats et la reconnaissance implicite de l’Etat d’Israël. Autant dire que le Président de l’Autorité palestinienne mise gros. Car en cas de rejet de son referendum, ce qui semble plus que probable, le Hamas se trouvera en position dominante et Abbas n’aura d’autre choix que de remettre sa démission ou bien d’engager un bras de fer dont il aura le plus grand mal à sortir vainqueur puisque désavoué par le peuple. J’entends ceux qui disent que le Fatah d’Arafat jadis n’était guère plus fréquentable que le Hamas d’aujourd’hui, mais force est de constater que personne ne souhaiterait que le Hamas prenne les rennes du pouvoir.

L’incident de vendredi restera, souhaitons-le, un triste événement isolé. Le problème pour Israël, c’est que c’est le seul Etat dans le monde qui semble ne pas avoir le droit à l’erreur. Ce que l’on appelle généralement des « dommages collatéraux » ne s’applique jamais à Israël. Le fait est, sans faire de propagande, que les forces armées palestiniennes opèrent d’une façon contraire à la Convention de Genève, en plaçant leurs armes au milieu des populations civiles. Cette même Convention stipule que les combattants doivent « se tenir loin des populations civiles lorsqu’ils combattent ». La bande de Gaza est un minuscule territoire, très largement surpeuplé, qui rend toute opération militaire israélienne à très haut risque pour les populations civiles. Le Hamas le sait et agit en connaissance de cause en plaçant les populations civiles en cibles humaines. Alors si je veux penser aujourd’hui aux sept victimes palestiniennes innocentes, je veux aussi penser aux soldats de Tsahal qui ont ouverts le feu en me souvenant de cette phrase poignante de l’ancien Premier ministre israélien, Golda Meir, qui en 1972 déclarait : « Nous pouvons pardonner aux Arabes de tuer nos enfants mais nous ne pouvons leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants. Nous aurons la paix avec les Arabes quand ils aimeront leurs enfants plus qu’ils nous haïssent ».

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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