Hommage à Ilan Halimi : discours de Jean Kahn à La Victoire

publié le mercredi 1er mars 2006
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Monsieur le Président de la République

Monsieur le Premier Ministre, Messieurs les Ministres

Monsieur le Grand Rabbin de France

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes réunis ce soir, dans cette enceinte sacrée, suite à la mise à mort particulièrement barbare d’un jeune Français, Ilan HALIMI, assassiné parce qu’il était juif. En effet, les bourreaux du jeune Ilan n’ont pas choisi leur victime au hasard : leurs demandes de rançon, leurs discours et leurs messages attestent, sans le moindre risque d’erreur, qu’ils nourrissaient une haine antisémite profonde.

En soulignant ce point, Monsieur le Président de la République, nous sommes à mille lieues de croire ou de faire croire que notre pays, la France, s’abreuve aux fontaines empoisonnées de l’antisémitisme. Les pouvoirs publics ont, dans un passé récent, su prendre les mesures nécessaires face à la vague antisémite qui se profilait à l’horizon. Et la communauté juive, aujourd’hui affligée par la mort cruelle de l’un des siens, a toujours trouvé en vous un défenseur intransigeant de ses droits. Et voici qu’aujourd’hui, un tout jeune homme voit trancher le cours de sa vie au motif que des barbares ont décidé de l’enlever afin de l’échanger contre une rançon.

Mais comment est-ce possible ? Où sommes-nous au juste, à Paris, capitale d’une grande nation civilisée, ou ailleurs ?

La France a toujours fait honneur à sa tradition séculaire de terre d’accueil et d’asile pour tous les opprimés de la terre. A celles et à ceux qui, au fil des temps, ont opté pour elle, elle a offert plus que la citoyenneté, elle a fait don de l’humanité et de la dignité. Oui, cette dignité humaine qui leur était refusée ailleurs. Il est donc absolument inacceptable que certains criminels aient pu, dans une tour située à quelques kilomètres de la place de l’Opéra et de l’Etoile, séquestrer un être humain, lui infliger d’abominables sévices pour finir par l’abandonner dans le froid, à demi mort, le long d’une voie ferrée. Existe-t-il des mots pour rendre compte d’une telle inhumanité ?

Mais qui s’est soucié des pleurs, des cris de souffrance et des appels à l’aide d’Ilan ?

Nous ne crions pas vengeance mais demandons justice et souhaitons savoir si un Juif français peut mener une vie normale sur la terre de France.







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