« 10 ans après... »

BILLET DU 13 NOVEMBRE 2005
publié le jeudi 17 novembre 2005
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Bonjour,

C’était il y a dix ans. Le monde apprenait l’assassinat d’Yitzhak Rabin, Premier ministre de l’Etat d’Israël. Une manifestation pour la paix réunissait, en cette sortie du Shabbath, le 4 novembre 1995 des dizaines de milliers de personnes venues pacifiquement à Tel Aviv espérer la paix en la chantant. Et puis trois balles vinrent retentir dans la nuit. La suite on la connaît.

Demain sera le 12 Heshvan, la date anniversaire religieuse de la mort de l’ancien Premier ministre. Il faut se souvenir, c’est bien la moindre des choses. 10 ans après il nous faut réaliser une fois encore que nos ennemis mortels ne sont pas toujours ceux auxquels on pense. Yigal Amir, de triste mémoire, a aujourd’hui 36 ans, il purge sa peine de prison. Il a défrayé la chronique ces derniers jours en demandant deux choses. La première est la révision de son procès. Il prétend que sur les trois balles qui ont été tirées, il est l’auteur des deux premières et que la troisième, mortelle, ne peut lui être attribuée. Quelle lâcheté ! Il viendrait donc avancer la thèse selon laquelle il a tiré sur Rabin sans intention de lui donner la mort et que, tel Kennedy jadis, les responsabilités sont plus sournoises qu’on pourrait l’imaginer. Le Président israélien a dit que pour Amir il n’y aurait « ni pardon, ni absolution, ni grâce » et c’est bien ainsi.

Deuxième demande d’Ygal Amir, celle d’avoir un enfant. Bizarrement la réponse apportée n’est pas celle qui consiste à dire que durant son incarcération la chose apparaît improbable mais certains imaginent la possibilité d’avoir recours à l’insémination artificielle pour qu’il parvienne à ses fins. Mon opinion, elle est personnelle, est que cette requête ne doit pas aboutir quelle qu’en soit la forme. Quel avenir donnerait-on à l’enfant d’un assassin qui ne connaitrait pas son père et devrait vivre avec le poids de la faute de son père. Yigal Amir devrait avoir le courage d’assumer ses actes lui qui se présenta la tête haute, sous la clameur de ses partisans, lors de son procès, souvenez-vous.

Il a aujourd’hui perdu de sa superbe. Il mendie une grâce présidentielle et crie au complot. Sa famille a le toupet de déclarer que : « 10 ans d’isolement cellulaire est "une punition suffisante" pour avoir enfreint la loi, alors que "les crimes d’Yitzhak Rabin contre son pays ont non seulement mené à la perte de vies humaines mais ont aussi affaibli la sécurité". Il est à espérer que sa peine de prison à vie ne sera jamais révisée. Non pas par esprit de vengeance ou pour lui faire payer un crime dont aucune peine ne saurait apporter la moindre réparation, mais parce que Israël doit montrer à son peuple et aux autres que la gravité de cet assassinat dépasse le simple meurtre sur une personne. Nul ne peut dire où Israël en serait aujourd’hui si ce 4 novembre 1995 n’avait jamais existé. Mais nul ne peut douter de la détermination qui était celle d’Yitzhak Rabin d’œuvrer pour la paix en y mettant toutes ses forces. C’est cet esprit qui doit animer les dirigeants israéliens en ayant la volonté de poursuivre une œuvre brutalement interrompue.

Je vous retrouverai dimanche prochain entre 19h et 20h à l’occasion du Radiothon dans le cadre de la campagne annuelle de la Tsedaka de l’AUJF. Il n’y aura donc pas de billet et il nous appartiendra de montrer en force notre solidarité et notre générosité. Shavouah tov, bonne semaine à tous.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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