« Renouvellement... »

BILLET DU 2 OCTOBRE 2005
publié le jeudi 6 octobre 2005
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Bonjour,

Nous voici donc dans le dernier jour de l’année 5765. Chacun tirera les leçons de l’année écoulée qui aura été pour certains une année ponctuée par des joies, pour d’autres par un deuil. Quoiqu’il en soit nous demanderons tous demain soir, en ouvrant l’office de Rosh Hashanah par la très jolie prière du « Akhot Ketana » : « Que l’année se termine avec ses malédictions et commence avec ses bénédictions ». En disant cela nous admettons avoir eu notre part de malédictions et aspirons à ce que la nouvelle année soit meilleure que la précédente. Imaginons, chose improbable, que l’année passée ait été excellente en tous points de vue. Qu’espérer de plus ? Imaginons encore que nous puissions nous satisfaire de notre sort. Pourquoi dès lors demander que cela change ?

Il est une formule que nous répéterons à plusieurs reprises durant les offices de Tishri et plus particulièrement dès demain soir lors du premier seder de Rosh Hashanah. Chacun le sait, le symbole de la fête est pour la synagogue le shofar et pour la maison la pomme et le miel. C’est en soi une bien étrange association de gouts qui a le mérite, comme le Harosset de Pessah, les beignets de hanoukka ou encore les « oreilles d’Aman » de Pourim de nous plonger directement dans la fête par des gouts si particuliers qui, les yeux fermés, nous permettent de savoir dans quelle fête nous nous situons. La pomme et le miel donc pour évoquer la douceur que l’on souhaite pour nos proches et pour nous à l’entrée de la nouvelle année. Mais la formulation se veut plus précise qu’un simple vœu de douceur. Nous demandons à Dieu de renouveler pour nous une année bonne et douce. Le renouvellement.

Mais qu’est-ce que le renouvellement ? Est-ce que cela signifie que nous demandons à Dieu de répéter, dans une certaine forme de continuité, les bénédictions qu’Il nous a déjà accordées l’année passée ? Ou bien Lui demandons-nous de changer les choses et que cette année nous apporte des bénédictions nouvelles ? Vous comprendrez qu’il s’agit là de deux choses différentes. La continuité ou le changement. Peut-être est-ce une troisième alternative que nous trouvons dans notre Tradition. Lorsque quelqu’un apporte un éclairage nouveau sur un texte, une idée neuve ou un commentaire qui élargit notre compréhension, l’on parle d’un « hidoush », une nouveauté. Le hidoush est ce qui nous permet de ne pas stagner, d’être en mouvement, de sortir des sentiers battus, de nos certitudes stériles. C’est peut-être cela que nous demanderons à Dieu. Que l’année 5766 nous apporte notre lot d’émerveillements et d’émotions nouvelles. Le malheur aussi peut nous grandir et cela nous invite à accepter ce que cette nouvelle année nous accordera, de bon ou de mauvais, avec le sentiment que chaque chose qui nous advient doit nous aider à nous transformer et à nous construire. Alors bien sur nous émettons le vœu que ces choses soient bonnes et douces comme le mélange formé par la pomme et le miel. La pomme, seule, peut se révéler acidulée, le miel pour sa part est un aliment dont la consommation exclusive s’avère rapidement indigeste. C’est l’association des deux, à savoir les épreuves et les joies, qui conféreront à l’année à venir sa juste douceur et son équilibre. Puisse donc cette année 5766 nous donner suffisamment de joies et de bénédictions pour accepter les peines et les soucis qui la composeront aussi. Shanah tova oumetouka. Que cette année vous soit bonne et douce.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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