Parasha Haye Sara

Chabbat 2 novembre 2002 - 27 Heshvan 5763
publié le mardi 5 août 2003
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Lecture de la Torah : Genèse 23, 1 à 25, 18. Mort de SARA. Mariage d’ISAAC. Mort d’ABRAHAM.

Haphtara : 1 Rois 1, 1-31 : SALOMON successeur de DAVID.


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Commentaire

Par la disparition de son épouse SARA qui l’avait suivi dans toute sa démarche spirituelle, ABRAHAM sera privé d’un concours précieux. C’est en général le cas dans chaque couple quand les deux partenaires travaillent à la réalisation d’un projet commun. En l’occurrence, nous savons que ces deux personnages s’étaient donné pour mission d’amener leurs contemporains à la prise de conscience de l’existence d’un D.ieu unique.

Alors qu’ils avaient souhaité que leur fils ISAAC, né quand ils étaient déjà âgés, puisse assurer leur continuité dans le même esprit qu’eux, il ne restera désormais à ABRAHAM qu’un soutien pour poursuivre sa mission, celui de ce fils unique, ISAAC. Quant à ISMAËL, l’autre fils né de l’union du patriarche avec sa servante AGAR, il ne sera pas jugé digne de succéder à ABRAHAM et de transmettre ses valeurs.

A présent, après la disparition de SARA, son époux n’a donc qu’un souci, celui d’assurer fermement sa succession spirituelle. Il estime donc nécessaire de trouver à ISAAC une épouse aussi parfaite que l’épouse et la mère qui vient de disparaître. Aussi, à peine la période de deuil terminée, ABRAHAM cherchera-t-il une femme capable d’aider ISAAC à poursuivre l’œuvre amorcée. Il sait qu’il y va de l’avenir de toute sa descendance, que D.ieu lui a garantie comme devant être le peuple élu, afin de diffuser partout le message universel du monothéisme.

Comme tout père juif, et même jusqu’à ceux de notre époque, ABRAHAM éprouve des craintes. Habitant Canaan depuis près d’un demi-siècle, cette terre dont les habitants ne partagent pas sa spiritualité, son sens de l’hospitalité, son humanisme, il s’oppose à l’idée que son fils puisse épouser une des filles du pays, n’ayant ps les mêmes aspirations spirituelles et religieuses. Autrement dit, il ne voudrait pas d’un mariage mixte, ou pour être plus précis, d’un mariage exogamique. ABRAHAM souhaiterait donc trouver pour son fils une compagne partageant le même idéal de vie, car au-delà d’une attirance physique pour une femme, qu’il ne faut pas confondre avec un amour profond et sincère, ABRAHAM pressent quel est le prix à payer pour garantir la solidité d’un foyer authentiquement juif.

Son souhait le plus profond est donc de faire rencontrer à son fils, avec l’aide de la Providence divine, une femme qui soit vertueuse et charitable, issue de la même tradition. Peu lui importent les avantages matériels qu’un tel mariage pourrait procurer. Les qualités de cœur et les aspirations spirituelles de la future épouse comptent bien davantage. Dans sa vision du monde et du futur, ABRAHAM sait qu’il y va de l’avenir de son peuple. Il ne veut pas le voir se dissoudre et se confondre dans la multitude des hommes et des nations.

Une telle attitude nous paraît être la plus juste et la plus authentique. Il est en effet des domaines, et celui du mariage est l’un d’entre eux, où toute compromission peut s’avérer ultérieurement néfaste, à la fois pour l’unité du couple et pour la bonne éducation des enfants. De cet exemple biblique de notre paracha, on peut donc déduire qu’en définitive, le désir ressenti par ce patriarche de voir son fils contracter une union conforme aux principes d’éducation reçus, devra permettre à ses descendants, malgré toutes les contraintes que cela suppose, d’assurer l’épanouissement de la voie de spiritualité que D.ieu lui avait demandé de transmettre.

C’est un tel exemple de fermeté dans ses convictions, qu’ABRAHAM nous offre. Nous devons savoir prendre nos responsabilités, dans les principes d’éducation juive qui soient vécus à l’intérieur d’un foyer, où dès l’abord, les époux soient prêts à partager tous les enjeux, quand ils décident de fonder un foyer. Pour les familles juives telles que nous le souhaitons, il s’agit là d’un gage de durée et de solidité, car elles permettent ainsi aux enfants de connaître le rayonnement d’un bonheur véritable. En conclusion à ce commentaire, nous citerons simplement ce passage du Talmud Baba Bathra 142 b, disant : « Un homme cherche toujours le bien pour son fils. » N’est-ce pas là notre sentiment en général ?



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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