Des solutions intelligentes aux difficultés d’insertion professionnelle des nouveaux immigrants

publié le dimanche 5 juin 2005
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(JPEG) Suite à la parution de l’article réalisé par Delphine MATTHIEUSSENT qui portait sur l’expérience des nouveaux immigrants français appartenant à la catégorie dite de « la Boeing Alyah » [1] , le comité de rédaction de la Fondation LEAVI souhaite apporter le droit de réponse suivant. Nous l’adressons à toutes les familles françaises installées depuis peu en Israël et dont les chefs de famille continuent d’exercer leur activité professionnelle en France.

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Tout d’abord, nous nous devons de rendre un hommage à leur résolution prise de vivre en Israël ; un hommage au sacrifice de leur existence réglée en France, au nom d’un avenir plus profitable pour leurs enfants. On ne peut pas s’empêcher de penser à l’inquiétude quotidienne que ces familles doivent endurer, pour un bien qui ne se manifestera que plus tard. Ces familles, confrontées aujourd’hui à la déchirure continuelle de ces allers-retours lancinants de l’époux et père, se frottent éminemment à la destinée juive par excellence, celle d’un présent chaotique tout entier tendu vers un avenir prometteur.


Les immigrants qui s’inscrivent dans cette catégorie de « la Boeing Alyah » soulèvent plusieurs niveaux de problèmes :

  1. D’une part, la mise en danger de la famille et du couple. L’absence du père durant des périodes plus ou moins longues provoque des traumatismes chez l’enfant et des risques non négligeables d’echec scolaire. L’instabilité à laquelle la famille fait face peut se traduire dans l’esprit de l’enfant par une association pernicieuse entre Israël et le drame familial. D’autre part, la solitude du père en France sur son lieu de travail est susceptible de l’exposer à d’autres rencontres, au refoulement de toutes formes de tentations et par voie de conséquence, à un acharnement sur le plan du travail. Cette situation reste encore la plus optimiste. Parce que dans la pire des éventualités, le divorce peut devenir la prochaine menace. Dans tous les cas, et comme ces familles l’affirment d’elles mêmes, l’état de vicissitude vers laquelle les a menés leur Alyah doit absolument rester une situation temporaire, transitoire, en attendant une adéquation définitive entre la résolution de vivre et l’intégration professionnelle en Israël.
  2. Ces familles s’inscrivent en Israël dans un état de marginalité sociale. Et ce, parce que leur intégration n’est pas réalisable tant que le chef du foyer reste séparé par une activité professionnelle en France. Le problème que nous souhaitons mettre en relief est celui de la dichotomie souvent pratiquée entre les étapes de la Alyah et de l’intégration (Klittah). A notre sens ces deux moments sont inséparables et doivent se faire ensemble : la Alyah doit être simultanément accompagnée de la Klittah. En d’autres termes, une Alyah réussie doit se traduire par une intégration effective, c’est à dire par un emploi en Israël.
  3. Les cas de Boeing Alyah ne sont pas des cas isolés, ils appartiennent à des « statistiques non marginales », selon les termes de l’Agence juive et de l’Unifan [3]. Ces phénomènes révèlent une anomalie ou du moins des insuffisances dans les prérogatives que se fixent les organisations israéliennes au service des immigrants francophones. Notre mission est d’intensifier le mouvement de la Alyah mais aussi et surtout d’apporter les clés de la réussite en Israël pour tous ceux qui ont choisi, de façon si véhémente, de vivre en Israël.
  4. Le problème dépasse les cadres des familles françaises et des organisations pour les Olim. Il concerne aussi l’économie israélienne. L’essor de l’activité économique en Israël est dû, par tradition, à la valeur ajoutée issue de l’immigration. Si les nouveaux immigrants ne participent pas à la production nationale du pays, cela comporte un grave manque à gagner pour toute son économie.
  5. Enfin, dernier problème lié cette fois-ci à l’image d’Israël dans le monde. Un pays qui encourage l’immigration mais qui n’est pas capable d’assurer la stabilisation professionnelle de ses nouveaux habitants entretient une notoriété négative vis-à-vis de l’opinion. Nous pensons qu’à l’heure actuelle, Israël n’a pas besoin qu’on en rajoute davantage à sa décharge.

Quelle solution apporter aux immigrants qui se situent en pleine phase d’adaptation à la société israélienne ? Comment les aider à compenser avec la pénurie d’emplois dans leur secteur d’activité professionnelle ?
Il nous faut inventer les solutions modernes à leurs préoccupations issues elles aussi de la modernité et aux réponses modernes qu’eux mêmes tentent d’apporter de façon précaire et risquée.

Le département d’ingénierie en Ressources Humaines de la Fondation LEAVI analyse les différentes manières d’optimiser le modèle de la délocalisation du poste de travail à un maximum d’applications dans différents secteurs d’activités professionnelles possibles.

Voici notre principe : déplacer en Israël son bureau sans pour autant remettre en question la viabilité de son exercice et sans changer les paramètres de sa valeur ajoutée. Les solutions que nous proposons sont intimement liées au phénomène de la globalisation des échanges et du développement des moyens de communication. Les avantages pour l’entreprise se chiffrent en terme d’économie de coûts et de compétitivité accrue sur les marches mondiaux.
Dans le cadre de nos analyses, nous avançons un axiome de faisabilité : nous recherchons dans quel domaine d’activité le outsourcing n’est pas applicable. Autrement dit, nous sous-entendons que pour la plupart des métiers d’aujourd’hui, le outsourcing de son poste de travail est une méthode de travail concevable dans son approche et dans ses réalisations et conçue dans les mentalités de travail actuelles.

Voici une opportunité observée en Israël, qui se traduit par une complète réussite : l’analyse de radiologie médicale à distance.
Notre informateur est un radiologue israélien qui exerce comme indépendant de son domicile à Jérusalem. Ses clients appartiennent à des services hospitaliers ainsi qu’à des laboratoires privés situés aux Etats-Unis et en Europe. Grâce à l’installation d’équipement informatique adéquate, deux ordinateurs dont un muni d’un écran et d’un logiciel de marque de fabrication israélienne, optimisant la résolution d’image, et d’Internet ADSL, notre radiologue récupère les radios en parfait état, les analyse et renvoie le tout vers ses donneurs d’ordre. Le principe est simple, l’investissement initial est abordable.

Les avantages sont divers :

-  Le décalage horaire est l’argument lié au temps : en récupérant les analyses des radios pendant la nuit, les clients américains profitent d’un rendement redoublé. Avec l’Europe, c’est l’argument d’un travail fait en temps réel qui peut être proposé, par exemple, à des services d’urgence qui s’efforcent de fonctionner au maximum de leur capacité. En sous-traitant avec des clients à distance, une activité précise et délicate comme celle des analyses de radios et scanners, ils récupèrent le bénéfice de l’activité du praticien en temps réel et dans des conditions de travail nettement plus favorables.

-  Autre avantage, l’économie de coûts pour l’entreprise cliente avec une garantie quant à la qualité du service et une sécurité technique. Grâce à Internet et au téléphone, la présence sur place du radiologue n’est plus indispensable.

-  Demeure aussi la possibilité pour le praticien qui possède son propre laboratoire, de le conserver en France tel quel, mais de délocaliser uniquement sa fonction en Israël.

Au-delà de l’enjeu sur le plan personnel lié au succès de son activité professionnelle en Israël, les méthodes modernes d’organisation du travail tendant vers l’internationalisation, permettent sur le plan professionnel, d’épanouir son activité à de plus vastes horizons. Dans ce contexte, Israël occupe une position spatiale et économique des plus stratégiques.

Le fondement de cette organisation du travail joue sur la notion de relativité de nos références de temps et d’espace. A l’heure où nous fêtons les cent ans de la célèbre formule de la relativité d’Einstein, ses implications dans différents domaines d’application ne tarissent pas.
Nous souhaitons enfin dire à toutes ces familles écartelées entre vie personnelle en Israël et professionnelle en France, mais aussi à tous les français qui souhaitent faire leur Alyah, que les solutions existent. Pour cela il faut se dire que presque rien n’est impossible et que les combinaisons entre le territoire de la demande de service et le lieu effectif de l’offre sont variables.



Fondation LEAVI
Israël : 00 972 2 566 04 87
Paris : 01 70 36 74 44


[1] Jérusalem Post- Edition française, daté du 11 janvier 2005.

[2] « Arié Azoulay, président de la commission Aliya de l’Agence Juive estime à 10% le nombre d’Olim français travaillant en France. (...) Pour les nouvelles familles françaises à Netanya, dans 30% des cas, le mari conserve son emploi en France » L’Aliya Boeing, JPost édition française, 11/01/05

[3] « Arié Azoulay, président de la commission Aliya de l’Agence Juive estime à 10% le nombre d’Olim français travaillant en France. (...) Pour les nouvelles familles françaises à Netanya, dans 30% des cas, le mari conserve son emploi en France » L’Aliya Boeing, JPost édition française, 11/01/05



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