Parasha Kedochim 5765

Chabbath 7 Mai 2005 - 28 Nissan 5765 - Début : entre 19 h 41 et 19 h 56 - Sortie : 22 h 06.
publié le jeudi 5 mai 2005
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Lecture de la Torah : Lévitique XIX, 1 - XX, fin : Lois de sainteté. Haphtarah : Achkenazim : AMOS : IX, 7 - 15 : D.ieu ramène les captifs d’ISRAËL. Sephradim : EZECHIEL, XX, 1 - 20 : Malgré les révoltes d’ISRAËL, D.ieu l’a mené d’âge en âge.

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Commentaire de la Torah :

Le texte de notre paracha débute par le texte suivant : « L’Eternel parla à MOÏSE en ces termes : Parle à toute la communauté des enfants d’ISRAËL et dis-leur : Soyez saints ! car je suis saint, moi, l’Eternel, votre D.ieu. » (Lévitique XIX, 1 - 2).

A ce sujet, il nous paraît intéressant de citer le texte suivant tiré du ZOHAR relatif à notre lecture. Il dit ceci : « La sainteté qui nous vient de la Loi est plus élevée que toutes les autres saintetés, et celle qui nous vient de la Sagesse suprême est encore plus haute. En effet, il n’y a point de Loi sans Sagesse, ni Sagesse sans Loi ; c’est dans la Sagesse qu’on trouve la Loi, et c’est dans la Loi qu’on trouve la Sagesse. » Ce passage du ZOHAR nous montre à quel point la Loi s’identifie à la Sagesse Suprême qui comprend toutes les qualités intellectuelles et morales que recherchent les hommes.

En approfondissant certaines lois dont l’accomplissement mène à la sainteté, nous pouvons mieux comprendre la vérité de ce que nous venons d’énoncer. En effet, un peu plus loin nous lisons ceci : « Ne va point colportant le mal parmi les tiens ne sois pas indifférent au danger de ton prochain : je suis l’Eternel. » (Lévitique XIX, 16). Nous pouvons suivre ici l’explication d’IBN EZRA selon qui la deuxième partie du verset est une suite logique de la première.

En effet, D.ieu nous interdit de porter atteinte à la vie de notre prochain, que ce soit par la diffamation ou la délation, ou encore par un faux témoignage. Notre commentateur y voit un rappel ou une extension du sixième commandement disant : « Tu ne tueras point » (Exode XX, 14). A ce -propos, il cite l’exemple de DOEG l’Eduméen et le mal qu’il a causé à DAVID et à SAÜL. (I Samuel XXII, 18). Et le Talmud en tire la leçon suivante : « Toute médisance fait d’ordinaire trois victimes : celui qui la profère, celui qui l’écoute, et celui qui en est l’objet. » Aussi, est-ce en fuyant la médisance, ce mal qui ravage tant notre société actuelle comme toutes celles qui l’ont précédées, que nous pouvons mieux réaliser les commandements interdisant successivement les représailles et le souvenir de l’offense, afin de parvenir au précepte plus élevé, celui qui nous ordonne d’aimer notre prochain pour lui-même, parce qu’il est homme : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, car je suis l’Eternel » (Lévitique, XIX, 18), c’est-à-dire, « L’Eternel qui l’a créé comme je t’ai créé. (Aboth de Rabbi NATHAN, chapitre XVI).

Cet amour envers nos semblables tel qu’il nous est recommandé par nos textes sacrés, doit être un amour actif s’exprimant en actes, notamment en actes de bienveillance et de grâce. Nous trouvons là le fondement de la spécificité de l’Homme Juif. Il convient donc d’agir avec bienveillance même envers ceux qui nous déplaisent, de la même manière que nous agissons envers par rapport à nous-mêmes. (D. HOFFMANN - Commentaire sur Lévitique, chapitre II).

Dans sa définition citée par plusieurs exégètes, MENDELSSOHN nous dit ceci : « La sublime équation entre l’amour du prochain et l’amour de soi ne serait en effet qu’une sublime chimère, si elle était quantitative, mais ces deux amours doivent être non de même intensité, mais de même nature. » C’est pourquoi la délimitation négative de HILLEL : « Ne fais pas à ton prochain ce que tu ne voudrais pas qu’on te fit », définit mieux que toute autre, l’intention de la Bible.

Celle-ci ne défend pas seulement de lui nuire directement en lui faisant du mal, mais aussi indirectement en ne lui faisant pas le bien dont il a besoin et qui dépend de nous. Il est certain que chaque individu pensera d’abord à soi et ne saura pousser son altruisme au-delà de la définition négative. (v. HOHHMANN). Ainsi se justifie la restriction, aussi naturelle que pratiquement vraie, du Talmud : « Ta vie passe avant la vie de ton prochain. » (Baba Metziah 62 a). Nous avons cependant un dur combat à mener contre notre égoïsme. L’amour du prochain ne doit donc pas se limiter à une simple formulation, mais à une mise en pratique quotidienne sans limite de temps et d’efforts.

HAPHTARA :

Dans quelques jours, nous allons célébrer le cinquante-septième anniversaire de l’Indépendance de l’Etat d’ISRAËL. Il me semble donc tout à fait justifié de commenter ici brièvement la Haphtara qui sera lue cette semaine dans les communautés de rite achkenaze, étant donné qu’elle comporte un certain rapport avec cet événement.

Rappelons d’abord que dans notre paracha étaient indiquées des lois importantes relatives à la vie morale et sociale. Leur but est de nous permettre d’atteindre autant que possible la perfection voulue par D.ieu, pour tout le genre humain, en nous invitant en notre qualité de peuple élu à sanctifier notre existence et à la sublimer, tant au plan individuel que collectif. C’est donc dans ce même ordre d’idées que le prophète AMOS vient réprimander ceux qui veulent rejeter toute forme d’obéissance à la Loi Divine.

Comme bien d’autres, AMOS nous rappelle que nul ne saurait échapper à ses responsabilités et qu’il faut savoir les assumer. En contrepartie, il y aura nécessairement des récompenses accordées à ceux qui sauront opérer un retour sincère à D.ieu. Parmi celles-ci, il entrevoit la possibilité pour le peuple d’ISRAËL de revenir un jour sur terre naguère promise aux patriarches. Or, par coïncidence ce même texte biblique était lu le lendemain du jour où fut proclamée l’Indépendance de l’Etat d’ISRAËL, soit le 5 Iyar 5708, correspondant au 15 mai 1948.

A titre d’exemple, nous citerons ici le verset 15 de ce chapitre IX d’AMOS disant : « Je les replanterai dans leur sol, et ils ne seront plus déracinés de ce sol que je leur ai donné, dit l’Eternel ton D.ieu. » Il n’est que de faire de fréquents voyage dans ce pays béni par la Providence où coulent le lait et le miel, pour nous rendre compte combien sa résurrection miraculeuse est bien réelle. Elle explique en partie la convoitise dont elle est constamment l’objet. Cette terre fait intégralement partie des promesses bibliques devant nous faire prendre conscience que chacun, à sa place, peut contribuer à leur réalisation. Avant tout, il faut bien se pénétrer de l’idée selon laquelle agir selon la volonté du Créateur telle qu’elle s’est toujours exprimée à travers nos textes sacrés, est l’obligation et le but essentiel que chaque juif doit poursuivre. Les recommandations de nos prophètes peuvent utilement nous venir en aide pour nous guider sur cette voie.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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