Parasha Noah

Chabbat 12 octobre 2002 - 6 Heshvan 5763
publié le mardi 5 août 2003
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Lecture de la Torah : Genèse 6, 9 à la fin du chapitre 11. De NOE à ABRAHAM ; le déluge, les nations , la tour de Babel.

Haphtarah : Isaïe 54, 1 à 55, 5 ; Sefardim : 54, versets 1 à 10. L’alliance de D’ieu avec Sion ne sera pas ébranlée.


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Commentaire

En réfléchissant aux deux épisodes importants relatés dans notre lecture hebdomadaire, celui du déluge et celui de la tour de Babel, on est frappé par un point qui nous paraît fondamental, celui de la paix entre les hommes et entre les nations. Dans le premier cas, nous savons que la génération du déluge était corrompue, perverse, avec toutes sortes de violences exercées contre les individus. « La terre fut remplie d’iniquité » (Genèse 6, 11). Dans le second cas, on a l’impression que les hommes de la tour de Babel ont enfin compris la nécessité de vivre en harmonie, d’être unis. En fait, cette unité n’est qu’apparente et ne repose nullement sur la volonté de travailler au bien commun et de faire progresser l’humanité, dans la voie du bien et de la justice. Elle est surtout fondée sur le désir commun de s’en prendre à D’ieu. Et la défiance des uns envers les autres était à son apogée.

C’est que dans les deux cas, il manque une volonté absolue, celle de travailler pour que règne la paix entre les hommes. Ce qui fait dire à nos sages du Talmud : « Grande est la Paix, car elle contient toutes les autres bénédictions. » (Michna OKTSINE chapitre 3 - michna 12). Et nous lisons très régulièrement ce texte du Psaume 29, verset 11 : « Le Seigneur donne la force à Son peuple, le Seigneur bénit Son peuple par la paix ». La génération du déluge fut totalement engloutie à l’exception de NOE et des membres de sa famille ainsi que tous les animaux qu’il a pu faire entrer dans l’arche. Cette génération ne méritait aucune miséricorde divine, car elle ne vivait que dans la haine des uns envers les autres. Celle de la tour de Babel, fut seulement dispersée, avec des hommes parlant désormais des langues qu’ils ne comprenaient pas. Mais elle ne fut pas physiquement anéantie, car il y avait au départ une apparente unité entre les individus, même si le projet final pouvait être condamnable.

Si méchants et rebelles fussent-ils, et malgré leur mauvais comportement envers D’ieu, notre texte vient nous rappeler l’importance qu’il convient d’attacher à la qualité de nos bonnes relations envers nos semblables. Les hommes de la génération de la tour de Babel avaient au-moins le mérite de vivre en harmonie et dans l’unité. En relisant ces passages, on ne peut manquer d’être frappé par le monde en désordre dans lequel nous vivons, et qui n’aspire qu’à la paix, partout où celle-ci est menacée.

Nous terminerons ce bref commentaire de notre paracha en rapportant ici l’expérience d’un rabbin, de passage un jour dans une communauté, plus précisément le 9 Av, jour anniversaire de la destruction du Temple, dont l’une des causes, en particulièrement pour celle du second, fut la haine gratuite des juifs de l’époque. Apprenant que dans la ville où il se trouvait de passage, une forte dispute avait éclaté entre deux fidèles, ce rabbin, n’hésita pas, le jour même du jeûne du 9 Av, à rencontrer les deux adversaires pour tenter une médiation. « Pour moi, dit ce rabbin, il est très important, que ce soit justement un tel jour anniversaire, que puissent se réconcilier deux personnes jusque là en désaccord. » Tel est bien l’enseignement toujours d’actualité que nous fournit l’épisode de la génération de la tour de Babel.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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