Signature d’un accord entre la Féderation des communautés juives de la CEI et le Congrès juif américain

publié le dimanche 13 mars 2005
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La Fédération des communautés juives de la CEI et le Congrès juif américain ont signé, le 1er mars, un mémorandum de compréhension mutuelle. "C’est une journée très importante pour nous (...) La signature du Mémorandum témoigne du développement de la démocratie et de la liberté de religion en Russie", a déclaré le président de la Fédération Lev Levaev au cours d’une conférence de presse.

Ces dernières années, les communautés juives de la CEI font preuve d’un grand dynamisme. La Fédération cherche à répondre à tous les besoins des Juifs, s’investissant dans la construction de jardins d’enfants, d’écoles et de maisons de retraite, comme dans l’instruction et la protection juridique. Elle profite souvent de l’expérience des États-Unis beaucoup plus riche que celle de la Russie. Le Congrès juif américain a été créé en 1918 et la Fédération des communautés juives de la CEI soixante-dix ans plus tard. Cependant la Fédération regroupe actuellement quelque 500 communautés en Russie et dans les autres pays de la CEI dont 170 sont des communautés actives. La Fédération opère déjà dans les pays européens, notamment en Hongrie, en République tchèque, en Bulgarie, en Allemagne. La coopération entre la Fédération et le Congrès juif américain pourrait profiter aux deux parties, de l’avis de Lev Levaev.

Conformément au Mémorandum, les parties défendront ensemble les droits civils et religieux des Juifs, combattront l’antisémitisme et la xénophobie, œuvreront au renforcement de la coopération internationale et interconfessionnelle, à la consolidation des liens russo-israéliens et russo-américains.

L’organisation des visites de plusieurs groupes de sénateurs américains sera l’un des premiers projets communs des deux organisations. Ils pourront s’assurer que l’amendement Jackson-Vanik, adopté par les États-Unis à l’égard de l’URSS, a perdu son actualité depuis longtemps, a souligné Lev Levaev.

Le président du Congrès juif américain, Jack Rosen, a souscrit à ces propos. Il a rappelé que les États-Unis avaient adopté l’amendement en réponse à l’antisémitisme des autorités soviétiques qui s’opposaient au départ des Juifs de l’URSS. "A présent, nous voyons que les Juifs peuvent circuler librement, voyager à l’étranger. Si on nous demandait s’il faut abroger l’amendement, notre réponse serait, sans doute, affirmative", a-t-il ajouté. Il a annoncé avoir remarqué pendant sa visite en Russie que la société russe garantissait toutes les libertés civiles et religieuses.

Dans le même temps, il a confirmé la disposition du Congrès juif américain à partager son expérience de protection juridique des membres de la communauté, y compris en ce qui concerne la lutte contre l’antisémitisme.

Les participants à la conférence de presse ont jugé inadmissible de récrire l’histoire, y compris celle de l’Holocauste. Jack Rosen a salué l’enseignement de l’Holocauste dans les écoles russes. Par ailleurs, les représentants des associations juives ont jugé intolérable l’érection de monuments aux criminels nazis et à leurs collaborateurs. Le directeur du Congrès juif, David Twersky a noté que les pays baltes, notamment la Lettonie, ne devraient pas se presser à mettre un signe d’égalité entre les régimes nazi et stalinien.

Le problème de l’assimilation est commun aux deux parties. Selon Jack Rosen, quelque 50 % des Juifs américains se sont assimilés aux États-Unis. Moscou reconnaît aussi le danger d’assimilation. Le grand rabbin de Russie Berl Lazar a indiqué que la Fédération accordait une grande attention à ce problème au sein et en dehors de la CEI. Il a notamment fait savoir que Lev Levaev finançait un réseau d’écoles pour enfants juifs russophones aux États-Unis.



Marianna Belenkaïa
Observatrice politique de l’agence RIA Novosti




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