Avignon

publié le lundi 4 août 2003
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(JPEG) La synagogue qui se dresse en bordure de la place dite de Jérusalem et dans laquelle se rassemblent aujourd’hui les Juifs de la communauté d’Avignon, n’est pas de construction aussi ancienne que celle de Carpentras ou de Cavaillon : le style du bâtiment tant à l’intérieur qu’à l’extérieur indique bien qu’il s’agit d’un ouvrage réalisé seulement au XIXe siècle mais il occupe l’emplacement d’une autre synagogue, beaucoup plus ancienne, car c’est dans ce même quartier que, depuis le Moyen Âge jusqu’à la Révolution, la communauté juive d’Avignon a constamment résidé.

Ce n’est pourtant qu’au XIIIe siècle que la Juiverie (on disait ici la "carrière des Juifs" ou plus brièvement la "carrière") se fixa là, sur le territoire de la paroisse St Pierre. Le premier établissement des Juifs à Avignon qui remonte fort loin puisque leur présence est signalée dans la région, dès le début de l’ère chrétienne, est à situer sur la pente ouest du Rocher des Doms, dans ce qui est aujourd’hui le bas du quartier de la Balance. Une rue Vieille Juiverie, qui existe encore, en conserve le souvenir et, jusqu’aux travaux récents pour aménager le parking souterrain sous la place du Palais et ses abords, on pouvait encore y voir les traces d’un bâtiment qui fut peut-être la première synagogue édifiée dans notre ville. C’est en 1221 que, pour des raisons inconnues que la légende a interprétées à sa façon, l’évêque d’Avignon assigna aux Juifs un nouvel emplacement pour leur synagogue : elle y est restée jusqu’à nos jours.

Ce bâtiment, traditionnellement désigné sous le nom de "Eschole" ou "Ecole des Juifs" a évidemment connu bien des vicissitudes et des transformations au cours des siècles. Les documents qui nous en parlent, essentiellement des "prix-faits" c’est-à-dire des contrats passés avec des artisans pour des réparations ou des reconstructions, ne comportent malheureusement jamais de plans, ce qui fait qu’il est impossible de reconstituer clairement la disposition exacte de cet édifice ou plutôt de cet ensemble car, outre la salle de prière et de réunion, on y trouvait aussi les bains rituels pour les femmes, un four pour les pains azymes (appelés "coudolles"), des latrines, une pièce pour se laver les mains, une salle pour les mariages, une salle d’études, etc. : l’école était en même temps un centre communautaire.

La pièce la plus importante était évidemment la salle où les Juifs se réunissaient pour prier mais son aspect était très différent de celui d’aujourd’hui. Les synagogues des Juifs d’Avignon et du Comtat étaient construites, en effet selon une disposition très particulière qui a peu d’analogie avec ce que l’on trouve dans le reste du monde juif. L’arche où sont conservés les rouleaux de la Torah est bien normalement aménagée dans une niche du mur oriental, en direction de Jérusalem, mais l’estrade d’où se font les lectures n’est pas placée au milieu de l’espace libre comme c’est aujourd’hui l’usage : la bimah est reportée à l’autre extrémité de la pièce et elle est surélevée au point de former le centre d’une tribune de la hauteur d’un premier étage, à laquelle on accède par deux escaliers de part et d’autre de la bimah, surmontée d’un baldaquin. Les deux foyers principaux du culte, l’arche et la tribune de lecture, se trouvent donc situés aux deux extrémités d’un axe central suivant un parti bipolaire qui ne se retrouve que dans certaines synagogues d’Italie, pays avec lequel les Juifs d’Avignon et du Comtat avaient d’évidentes affinités.

Tel est le plan qu’on peut voir encore à Cavaillon et à Carpentras et qu’on peut reconstituer pour Avignon grâce à une description très précise de 1765. On conserve en effet le rapport rédigé par le vicaire que l’archevêque et l’inquisiteur avaient désigné pour faire la visite des lieux à la suite d’une demande formulée par les Juifs pour obtenir la permission de reconstruire leur école. Selon ce document, on accède au vestibule de la synagogue par un escalier en forme de fer à cheval qui donne dans la rue du côté nord. En entrant dans la salle principale, on note, au levant, une niche dans le mur d’environ 9 pans de profondeur sur 8 de large et 10 de haut qui se ferme par une porte de bois et une autre de fer, "au devant de laquelle il y a un chapiteau (sic) soutenu par deux colonnes de bois peint et doré et une balustrade de fer qui forme un petit parquet quarré". Du côté du couchant règne une galerie qui occupe tout le fond de la pièce ; elle est garnie d’une balustrade de fer et on y monte par deux rampes d’escalier de part et d’autre du baldaquin qui s’élève au milieu. La synagogue est éclairée par quatre fenêtres au Couchant et 6 au Midi ; son plafond est orné de peintures et de dorures.

....La grande salle se présentait sous la forme d’un rectangle très peu allongé et, contrairement à ce qui se passe à Cavaillon, le heykhal et la bimah se trouvaient placés sur un des longs côtés. La pièce inférieure servait d’école pour les femmes. En effet, c’était encore une autre particularité des synagogues d’Avignon et du Comtat : les femmes y étaient reléguées dans une salle basse et mal éclairée, au dessous de celles des hommes et elles ne suivaient les offices qui se déroulaient au dessus de leur tête que par une sorte de trappe pratiquée dans le plancher de l’Ecole des hommes, devant le tabernacle, et munie d’une grille "qu’on levait lors de la sortie du Sepher pour que les femmes placées dans une chambre au-dessous puissent le voir". C’est ce qu’on a raconté au rédacteur des Archives Israélites de France qui était venu visiter les communautés du Midi de la France en 1843 et auquel on a fait voir les synagogues de Carpentras et d’Avignon, en lui expliquant l’ancienne disposition, tombée en désuétude au XIXe siècle.

...

Lors de la reconstruction entreprise en 1766, quelques Juifs d’esprit novateur avaient suggéré qu’on pourrait profiter de l’occasion pour changer le lieu d’où les femmes suivaient le culte afin de leur rendre la situation moins inconfortable. Le projet est exposé dans une requête présentée à l’Inquisiteur pour qu’il donne son approbation à divers travaux supplémentaires qui n’avaient pas été prévus dans le devis initial de 1765 : à la fin du document, il est dit "que leurs femmes et filles pourraient assister aux exercices de leur Ecole ..."

(JPEG) L’autorisation demandée fut accordée par décision de l’Inquisiteur au 16 décembre 1766 mais le projet ne fut pourtant pas réalisé à cause de l’opposition des traditionalistes qui s’indignèrent d’apprendre que quelques esprits avides de nouveauté avaient pu avoir l’idée incongrue de proposer un tel changement

Mais l’accident le plus grave se produisit en 1845. Un incendie se déclara accidentellement dans la partie inférieure du bâtiment, celle qui servait autrefois pour les femmes et qui n’était plus utilisée pour le culte puisque celles-ci suivaient désormais les offices depuis les tribunes aménagées dans la salle du haut. Ces locaux vacants avaient été loués comme entrepôt à un épicier du quartier et c’est là que, le 24 novembre 1845, à huit heures du soir, le feu éclata et se communiqua rapidement à tout l’édifice, le détruisant totalement, y compris la collection des 42 rouleaux de Sepher Torah. La municipalité de cette époque, dirigée par le maire Poncet, entreprit de faire reconstruire l’édifice aux frais de la ville. C’est l’architecte Joffroy qui en fournit les plans et il imagina une disposition totalement différente de l’ancienne. C’est celle que nous connaissons aujourd’hui car la synagogue, achevée en 1848, n’a plus été modifiée substantiellement depuis cette époque.

A.C.I Président : Paul Nakam

Synagogue
2, Place Jérusalem, 84 000 Avignon
Tel : 04 90 85 21 24
Heures d’ouverture du lundi au vendredi de 10h à 12h et de 15h à 17h

Rabbin Moshé AMAR tient une permanence à la synagogue tous les jours de 10h à 12h sauf le dimanche et le mercredi
Tel personnel : 04 90 86 47 21

Centre Communautaire
Directeur : Jacques Révah (tél 04 90 86 01 58)
18, rue Guillaume Puy, 84 000 Avignon
Tel : 04 90 82 64 87

Talmud Torah Directeur : Rabbin Moshé AMAR
Professeurs : Madame Esther Amar et Cyrille Touboul

Boucherie Cachère Royale :
Chelly, 15, rue du Chapeau Rouge, 84 000 Avignon
Tel : 04 90 82 47 50

Boucherie Eden :
Bensoussan, 25, rue Ninon Vallin, 84 000 Avignon
Tel : 04 90 85 99 95

Mikvé :
Mme Cohen Zardi, rue des 7 baisers, Montfavet
Tel : 04 90 86 30 30



David Levy
webmaster




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  • bonsoir

    je voulais vous inforrmer que sur avignon la seul boucherie casher et epicerie c est dan toucash 24 bv jacques monod

    tel 04 90 88 09 69

    lien la provence

    http://www.laprovence.com/articles/2008/08/08/534769-Region-en-direct-La-premiere-boucherie-epicerie-cacher-d-Avignon-ouverte.php

    lien consistoire

    http://www.consistoiredefrance.fr/commerces,25.html ?PHPSESSID=359dded65067b9e0737bda293d48e5b1

    merci de faire le necessaire, pour information la boucherie chelly que vous avez avez sur votre site n existe plus depuis plus de deux ans et a la place a l adresse que vous indiquer c une boucherie hallal

    le rabbin d avignon s appelle moshe sebbag

    cordialement

    et bonne fetes de pessah

    jean benchimol

    dan toucash avignon



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