Quel devoir de mémoire ?

Billet d’André Nahum sur radio Judaiques FM (copyright)
publié le mercredi 26 janvier 2005
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Les troupes soviétiques qui entrèrent à Auschwitz le 27 janvier 1945, y ont trouvé des amas de cadavres et six à sept mille mourants, totalement décharnés, squelettes encore vivants, abandonnés par leur bourreaux parce que leur état lamentable ne leur permettait pas de prendre part au dernier acte de la terrifiante odyssée d’Auschwitz : la longue marche de la mort.

Il aura fallu des dizaines d’années et la chute de la dictature soviétique en Europe de l’est pour que l’on reconnaisse enfin que ces lieux de mort avaient été conçus avant tout pour éliminer le peuple juif d’Europe et que les victimes étaient dans leur immense majorité juives.

Soixante ans pour que l’ONU et l’Europe prennent la vraie mesure de ce qui s’est passé dans les usines de mort à Auschwitz, Birkenau, Treblinka, Sobibor sous la haute direction de l’Allemagne nazie et la complicité agissante des Quisling, des Laval et des Pétain .

On parle aujourd’hui du devoir de mémoire.

Mais la mémoire est-elle une obligation imposée ou la fonction la plus naturelle de l’homme et la raison d’être de l’Histoire ?

Alors qu’un sondage à l’université allemande de Bielefeld montre que 62% des Allemands sont malades de ce “rabachage des crimes allemands contre les juifs”, le devoir de mémoire, ne devrait-il pas interdire de détourner la réalité de la shoa par la substitution des victimes et des bourreaux comme cela se fait sous nos yeux.

C’est Mark Steyn du journal londonien “Telegraph”, qui nous dit “la shoa semble plus utile ces jours-ci aux non-juifs comme moyen de démontrer que les Israéliens sont les nouveaux nazis et les Palestinienss sont leurs Juifs.... le secretaire general du Conseil Musulman de Grande Bretagne a annoncé que ses membres boycotteraient la commemoration de jeudi, parcequ’elle est raciste, qu’elle exclut toute commemoration de l’holocauste et du génocide en Palestine”.

Un britannique, Anthony Lipmann, fils anglican d’une survivante d’Auschwitz n’hésite pas à déclarer selon le même Mark Steyn : "Quand je regarderai le 27 janvier le numero tatoué sur le bras de ma mère, je penserai aux crématoires, et aux wagons à bestiaux mais aussi au Darfour, au Rwanda,au Zimbabwe, à Djenine, à Fallouja."

Le voilà l’amalgame insupportable : Auschwitz égale Djenine.

Djenine ? C’est 23 soldats Israeliens et 52 miliciens Palestiniens tués au combat.

Pour Lipmann et ses nombreux congénères ces 52 morts Palestinians pèsent autant dans l’Histoire que les six millions de Juifs assassinés par les nazis.

Le devoir de mémoire, n’impose-t-il pas aussi d’interdire à la propagande antijuive de s’exprimer ouvertement par le biais des journaux, des chaines de radio et de télévisions comme cela se produit régulièrement dans le monde arabe sans susciter aucune réaction de l’Europe.

L’ONU se préoccupe enfin de combattre l’antisémitisme. Il serait souhaitable qu’elle se mette à l’oeuvre tout de suite pour dénoncer l’enseignement de la haine dans les écoles, dans les prèches, et mettre un terme à la déligitimation et à la déshumanisation de l’etat juif dont elle a décidé la création en 1947.

On ne peut se prévaloir du “devoir de mémoire” et prétendre lutter contre l’antisémitisme sans combattre dans le même temps le délire anti-israélien qui s’est emparé d’une partie de la société.

Car dans les faits, on sait très bien que s’acharner contre Israel, seul état juif du monde, c’est aussi s’acharner contre les juifs.







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