« Tsunami... »

BILLET DU 2 JANVIER 2005
publié le dimanche 2 janvier 2005
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Bonjour,

Tsunami... Voilà un triste mot qui fait dorénavant partie de notre vocabulaire. Il y a une semaine encore personne ne connaissait ce mot en France à l’exception de quelques scientifiques ou géologues. L’Asie du Sud a été frappée par une vague qui a fait au jour d’aujourd’hui près de 150.000 morts. Cinq millions de personnes déracinées sont exposées aux pires maladies ainsi qu’à la famine.

On a vu beaucoup d’images depuis une semaine. Des images de souffrance et de mort. Des cadavres, des larmes. Mais on a vu aussi ces touristes qui reprennent possession des plages à peine déblayées des corps atrophiés par la noyade. Et l’on se trouve envahis par des sentiments confus. La compassion mêlée d’impuissance envers les victimes. Certes l’on peut aider matériellement les associations qui se mobilisent, mais l’on prend conscience que face aux foudres de la nature nous ne pouvons pas grand chose. D’autres sentiments nous submergent comme le questionnement incessant envers Dieu ! Comment peut-il permettre que de tels drames se produisent ? Le peuple juif a appris dans son histoire à ne plus trop se poser cette question tant les réponses nous effrayent. J’ai lu un article dans la presse israélienne dans lequel un rabbin s’aventurait à comparer l’Asie du Sud à Sodome et Gomorrhe avec ses mœurs dépravés dans les capitales et les alentours des lieux balnéaires. Le parallèle est scandaleux et se passe de commentaires !

Mais l’on a aussi entendu la voix des rabbins pour rappeler la halakhah, le Droit, en matière de deuil. Un deuil qui semble impossible tant les victimes disparues sans que l’on ait vu leur corps sont nombreuses. Alors le rabbinat israélien reprenant un fameux texte du Talmud relatif aux disparus en mer a stipulé que le deuil commencera pour les morts dont on n’a pas retrouvé le corps lorsque les différents Etats auront décrété la fin des recherches. Certes on imagine la difficulté voire l’impossibilité de faire le deuil d’un être tragiquement disparu dont le corps restera à jamais absent. Alors peut-être faut-il les nommer pour que leur souvenir prenne forme comme Sharon Haliel, Hemda Cohen, Zohar Aloni ou encore Esther Levi...

Il y avait de nombreux touristes juifs dans la région lors du Tsunami et l’on estime à plusieurs dizaines les morts israéliens. L’Asie du Sud, comme l’Amérique latine, sont des destinations de prédilection pour les jeunes israéliens qui terminent leurs études ou l’armée s’accordant quelques mois de repos et de découverte. Il convient de se féliciter de l’intervention rapide et importante des unités de pointe de Tsahal, des équipes de secouristes du Magen David Adom, de Zaka, qui vient habituellement en aide aux victimes du terrorisme en Israël.

Après la vague meurtrière, c’est une vague de générosité qui s’exprime à travers le monde. Il est de notre devoir de nous y associer.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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