Parasha chofetim 5764

Chabbath 21 Août 2004 — 4 Eloul 5764 - Début : de 19 h 29 à 19 h 49 - Fin : 21 h 42
publié le mercredi 25 août 2004
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Lecture de la Torah : Deutéronome XVI, 18 - XXI, 9 : lois d’ordre judiciaire et politique ; lois militaires. HAPHTARAH : (4ème des « consolation ») : ISAIE LI, 12 - LII, 12 : Les souffrances d’ISRAEL et son avenir glorieux.

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Commentaire de la Torah :

L’entrée du peuple en Terre Sainte prévoit l’organisation d’un système de justice tout comme l’avait déjà envisagé MOISE dans le désert, sur le conseil de son beau-père YTHRO (Exode XVIII, 19-26). Pour toute société, et le peuple juif n’échappe guère à la règle, il est indispensable de mettre en place une justice bien établie. Ce sera donc là l’objet du début de notre sidra, à partir de laquelle d’ailleurs ont été composés de très nombreux traités du Talmud se référant à cette question fondamentale de la JUSTICE.

Après cette brève introduction, nous comprenons mieux le sens des prescriptions édictées dans notre sidra. Elle nous indique en effet quelles seront les autorités composant la direction du pays : le roi, le tribunal suprême et le grand-prêtre. L’appareil judiciaire aura notamment à statuer en matière de jurisprudence civile, pénale et criminelle, mais il aurait également pour fonction de traiter de questions de théologie, de pratiques religieuses et même de politique quand il s’agira d’engager des guerres.

En étudiant attentivement nos textes, nous pouvons nous rendre compte que la justice ne doit pas être rendue à la légère, simplement sur la foi de preuves erronées ou extorquées, d’aveux non contrôlés. On aura recours à des témoins directs, dont le témoignage sera obligatoirement soumis à un examen très sévère, excluant toute forme de subjectivité. Telle se veut la justice fixée selon les normes de la Torah.

Le roi, dont il est question dans notre sidra représente le pouvoir politique. Il conduit la guerre en cas de nécessité. De nos jours, il est symboliquement représenté par le Président de l’Etat d’Israël. Il sera donc l’un des chefs, sans être le seul chef. Tout comme ses sujets, lui-aussi devra être soumis à la loi juive, écrite ou orale. Nous voyons là qu’à part les honneurs dus à sa charge, le roi ne peut bénéficier d’aucun privilège particulier. Il a pour obligation principale de donner l’exemple. Il ne sera donc pas autorisé à exercer un pouvoir absolu et despotique, et le luxe dû à son rang sera également limité.

Quant au prêtre, à l’époque du Temple, il ne sera qu’occasionnellement le sacrificateur, sa principale fonction consistant à enseigner. De nos jours, le CHO’HET est généralement appelé sacrificateur, par usage conventionnel. Il lui arrive d’enseigner, de pratiquer des circoncisions et même de diriger des offices, sans qu’il soit nécessairement un prêtre, un COHEN comme c’était le cas à l’époque biblique.

En fait, le COHEN ne dépendra pas d’un groupe en particulier, mais il sera au service de toute la collectivité religieuse. Ainsi, les différentes fonctions envisagées par le législateur divin montrent à quel degré chaque question relative à l’une d’entre elles mérite d’être soigneusement étudiée et examinée. S’y conformer est incontestablement une garantie de la solidité des structures de la communauté et peut assurer la sécurité morale et matérielle de l’ensemble.

HAPHTARA :

D’entrée de jeu, le verset 12 par lequel débute notre texte, nous rappelle que nous sommes dans cette période de consolation qui va de la célébration du 9 AB à celle de ROCH-HACHANA.

Ce verset nous dit : « C’est moi, c’est moi qui vous console ! Qui es-tu pour craindre l’homme mortel et le fils de l’homme voué au sort de l’herbe ? »

Par cette affirmation et cette interpellation, D.ieu tient à nous faire savoir qu’Il n’a rien changé quant à ses résolutions à notre égard. C’est ISRAEL qui a changé, sans doute en raison des peuples puissants dont il avait à subir les persécutions.

Lors de la sortie d’Egypte, ISRAEL ne se montrait pourtant pas épouvanté ni inquiet, car sa confiance en D.ieu était alors totale, ce qui n’a pas été par la suite, selon le commentaire de MALBIM.

RACHI de son côté, nous apprend que « nous, fils de JUSTES (TSADIKIM), dont les mérites furent grands, n’avons aucune raison de redouter la fureur des hommes, car ils seront appelés un jour à disparaître. Malgré leur force apparente, ils sont en réalité faibles.

Plus loin dans notre texte, nous lisons au verset 16 : " « J’ai déposé mes paroles dans ta bouche, et je t’ai abrité à l’ombre de ma main, voulant établir de (nouveaux) cieux et réédifier la terre, et dire à SION : Tu es mon peuple »."

Assez curieusement, la première partie de notre verset vient nous indiquer qu’en raison du message sacré qu’ISRAEL est chargé de faire connaître à tout l’Univers, il en résultera inévitablement une haine et une violence contre lui. Nous ne le savons que trop, malheureusement. Malgré tout, ISRAEL est invité à accepter l’idée selon laquelle il doit se sentir assuré de la protection divine, car, même si son salut risque d’être aussi long et difficile à réaliser que lors de la création du ciel et de la terre, la promesse de D.ieu finira un jour ou l’autre par s’accomplir.

"« Pour établir de nouveaux cieux et réédifier la terre »," sont les termes de la doctrine du Judaïsme. C’est bien tout un programme. En général, les hommes ont tendance à opposer le ciel et la terre, le divin et l’humain, le spirituel et le temporel, alors que pour nous, tout est conciliable, rien n’est incompatible. Les lois contenues dans la Torah et confirmées par nos prophètes ont pour objet de nous inviter à préparer ici-bas le royaume des cieux. Notre existence terrestre n’est pas synonyme de refus des biens matériels que D.ieu a mis à notre disposition pour en faire le meilleur usage possible. Car le but essentiel de notre existence sur terre est de rapprocher le monde à la cause de D.ieu, pour qu’un plus grand nombre d’êtres humains, toutes opinions confondues, finissent par Le reconnaître comme étant le Suprême Souverain.

C’est donc dans ce sens qu’il convient de comprendre ce passage d’ISAIE, XXV, 3, disant : "« C’est pourquoi, des peuples forts Te révèrent, les cités de nations puissantes te craignent. »" De quelle force s’agit-il ? C’est celle que peuvent nous donner les MITZWOTH, pour amener d’autres hommes que nous, à suivre le chemin de D.ieu. Osons le dire : La fidélité aux commandements divins aura un jour pour résultat d’inspirer le respect aux nations qui, en raison de leur force, n’ont cependant pas hésité, tout au long de l’Histoire, à s’en prendre à nous, pour ce que nous représentions. Attendons donc avec confiance la fin de tous nos malheurs.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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