Un beau documentaire comme on aimerait en voir plus souvent, 2ème partie

Le monde selon Bush
publié le dimanche 4 juillet 2004
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Un beau documentaire comme on aimerait en voir plus souvent, 2ème partie (info # 012406/4) [analyse]

Par Guy Millière © Metula News Agency

 

Le monde selon Bush

 

5. Bush, pour finir, est un fasciste, un nazi, un disciple du KGB, un Taliban.

 

Tout cela à la fois ! Il transforme les Etats-Unis en société totalitaire où on écoute les conversations téléphoniques, où on lit les emails et où on peut surveiller les allées et venues de personnes suspectes.

 

Quel prétexte à cette horreur stalinienne ? Ca n'est pas dit dans le film parce qu'à en croire les auteurs, il n'y aurait pas de raison à cette rechute du maccarthysme, juste un conditionnement mental: la psychose de l'attentat. Les habitants de New York et de Washington, en septembre 2001, sont les victimes d'une hallucination collective. Depuis icelle, des politiciens mal intentionnés essaient d'incriminer des organisations islamistes. Des habitants de Madrid, en avril 2004, ont été victimes d'une hallucination collective du même type.

 

Les responsables américains ont-ils sur-réagi, considérant qu'on leur avait déclaré la guerre et prenant des mesures de prévention, fermes et déterminées ? Ils pensent qu'il existe un risque conséquent pour que des ennemis clandestins soient disséminés sur leur territoire et que d'autres essayent d'y pénétrer, cette bande de demeurés ! Heureusement, il existe quelques professeurs et des journalistes du courant on en veut encore ! à New York et à Boston pour affirmer que l'Amérique est seule coupable. Ce sont les Espagnols qui ont réagi intelligemment ; ils ont compris immédiatement, eux, que c'était de leur faute si on les tuait, et ils ont obéi immédiatement aux ordres des miliciens islamistes.

 

Entre les psychoses de New York et de Madrid, il y a eu également des attentats à Bali, à Istanbul et en Israël. Mais s'agissait-il véritablement d'attentats ? Par rapport à Israël, par exemple, on pourrait appliquer la même logique que celle de l'école espagnole : Si Israël n'existait pas, y aurait-il des attentats en Israël ? Si Israël pratiquait la soumission préventive et sans conditions plutôt que d'élire des Sharon, y aurait-il des attentats ? Je pose la question !

 

Bush, le fasciste, le nazi, apprécie beaucoup Sharon, le bourreau, le génocidaire.... Soumises à la politique d'anéantissement d'Israël, les authentiques victimes, ce sont les Palestiniens et leur pauvre, innocent, doux et tendre timonier de l'apocalypse, Papi Arafat. Dans un parallélisme d'équerre, les victimes des Etats-Unis, ce sont les dirigeants Taliban et les débonnaires dignitaires du parti Baath irakien. La victime, les occupés (ce qui implique philologiquement qu'avant ils étaient libres, Ndlr.) selon les medias français, c'est aussi la population irakienne, et parmi elle, les islamistes, qui ne peuvent plus faire progresser la guerre sainte à leur rythme, les misérables.

 

Alerte, les libertés des assassins sont menacées ! Si les lois, indifférentes aux vraies valeurs du monde, de l'odieux Bush avaient existé avant septembre 2001, Mohamed Atta n'aurait peut-être pas pu prendre de leçons de pilotage et embrasser la carrière, certes éphémère, de commandant de bord. Ca n'est pas parce que cette carrière a été prématurément interrompue par une tour qui se dressait sur le plan de carrière de Atta qu'il faille que le gouvernement américain en profite hystériquement pour écraser dans l'oeuf de si admirables vocations.

Forts des lois d'exception du Führer Bush, on pourrait s'attendre à voir Washington en état de siège, occupée par des Marines aux allures de Waffen SS. A voir des Américains rasant les murs et baissant les yeux de peur de leur police. On pourrait s'attendre à ce que les élections soient définitivement suspendues aux Etats-Unis.

La vraie faiblesse du film, c'est ses inconséquences. On entend des Américains y souhaiter que George Bush soit battu aux prochaines élections. Et on omet de s'y demander comment le dictateur totalitaire, sanglant et fanatique que les auteurs du film nous présentent pourrait-il être battu lors d'un processus démocratique ? Etrange dictature, à moins que ce ne soit la surenchère de mots creux, utilisés en rafales pour la charge de mémoire qu'ils contiennent et non plus pour leur sens, qui détournent le spectateur des conclusions logiques qu'elle devrait imposer ?

 

Des manifestants qui éructent des inepties sur le Mal de Washington. Des opposants… dans une société totalitaire ? Des manifestants qui crachent sur le Führer, qui disent la haine qu'ils ont de lui et leur amour pour Bin Laden, pour Saddam Hussein, pour Arafat... 

 

Faut-il y voir le paradoxe de la dictature américaine, tellement perverse, qu'elle se comporte comme une démocratie ? On en regretterait les dictatures classiques, celles où l'on empêche les opposants de s'exprimer, celles dans lesquelles on ne peut pas révoquer le dictateur. Aux Etats-Unis, on peut voter contre le Führer, dans la dictature israélienne, c'est pareil. Que ces deux pays sont donc abominables.

J'aurais pu ajouter des pages entières sur le très incertain Joe Wilson, conférencier pour l'Arab American Institute et pour l'American Muslim Society, présenté dans le documentaire comme un enfant de choeur tout ce qu'il y a de plus neutre et objectif. J'aurais pu en faire de même à propos du sénateur Robert Byrd, démocrate sudiste, ancien du Ku Klux Klan, ennemi des républicains et abusivement présenté comme un ami de la famille Bush.

 

J'aurais facilement pu creuser mon sillon sur la façon dont quelques rares éléments vrais du reportage -en l'occurrence les liens authentiques qui existent entre le département d'Etat et l'Arabie Saoudite - servent au montage artificiel de vérités absolument controuvées. J'aurais dû tonner d'indignation sur la façon dont, après les avoir piégés, on fait dire à des hommes que je connais bien, tels Mike Ledeen, David Frum ou Laurent Marawiec le contraire symétrique de ce qu'ils pensent. Mais la coupe était déjà pleine, ajouter tout intérêt à cette œuvre filmique de déroutement programmé de la réalité, c'était risquer la nausée.

Ce qui m'inquiète vraiment, c'est que des personnages comme William Karel et Eric Laurent puissent se livrer à des falsifications aussi grasses sans que quiconque ne s'indigne et ne crie à l'imposture. Ce qui m'inquiète aussi, c'est qu'il est pratiquement impossible, dans la France d'aujourd'hui, de réaliser un documentaire pour le cinéma ou la télévision, sur le même sujet, qui soit scrupuleux et professionnel. Là où je distingue les signes qui ne trompent pas d'une véritable dictature des idées, c'est en constatant que toute la presse française, dans cet unanimisme brunâtre qui a suivi la dernière élection de Chirac et sa campagne anti-atlantiste autour de la guerre d'Iraq, se fasse le véhicule complaisant de cette marchandise avariée, trafiquée, suintant de racisme.

 

Mais aussi de haine de la démocratie, de la liberté et de l'esprit d'entreprise américain. Ceux qui s'opposent désormais, par la contrefaçon de l'information, à ce que l'on renverse les régimes nazis du temps présent, tel celui de Saddam Hussein, sont les héritiers spirituels de ceux qui s'opposaient, par des procédés semblables, à ce que la Démocratie déconstruise le régime hitlérien voici soixante ans.

 

Eric Laurent et William Karel, de par leur œuvre, me font penser à un Rebatet ou à Brasillach., pour le second, c'est en dépit du fait qu'il est franco-israélien.

Je m'interroge sur l'absence de compassion dont tant de pseudo humanistes font preuve envers les souffrances des populations civiles vivant sous les dictatures, et sur la complaisance immense dont ils font preuve vis-à-vis de tant de bourreaux. J'attends encore de voir, à une heure de grande écoute, un reportage sur le caractère et les mobiles monstrueux de ceux qui ont tué Daniel Pearl, sur l'inhumanité de ceux qui ont décapité Nick Berg au couteau de boucher, sur l'abjection de ceux qui ont rempli les charniers en Irak au temps de Saddam Hussein, sur le fanatisme de ceux qui, à Gaza et en Cisjordanie, lavent le cerveau des enfants pour en faire des bombes humaines allant déchiqueter d'autres enfants en Israël. J'attendrai encore longtemps, je sais. La France est une démocratie exemplaire où on ne diffuse pas ces choses-là.

Les Etats-Unis sont une dictature où tout peut se dire et se montrer. Tout ce qui précède mais aussi les reportages de Michael Moore.  Parce que dans la démocratie à la française, on ne peut voir QUE les reportages de Michael Moore et ceux de William Karel.

A New York, on peut connaître, preuves abondantes à l'appui, de toutes les raisons, très matérielles et très financières, pour lesquelles lesgouvernementsfrançais et allemand ont tout tenté, jusqu'au bout, pour sauver le régime de Saddam Hussein. Dans la démocratie à la française, rien n'en sera dit ou révélé.

Les Etats-Unis, hors quelques tours d'ivoire cramponnées à la côte Est, sont une dictature où l'on s'interroge sur tout et notamment, sur l'immoralité de certains Européens, plus prêts à pleurer la disparition d'un dictateur, qu'à se préoccuper de la vie quotidienne du peuple irakien. Dans la démocratie à la française, on se préoccupe plus des dictateurs que des peuples qu'ils oppriment. On y affuble de l'uniforme de dictateurs des hommes qui parlent de liberté et qui agissent en conséquence.

La démocratie à la française est avancée ; aussi avancée qu'un fromage avarié. 

 

 

Fin.                                                                         

 

 

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