Le Pape n’ira pas à la synagogue de Rome

Diffusé sur RCJ, lundi 26 avril 2004
publié le mercredi 28 avril 2004
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Le Pape Jean-Paul II ne se rendra pas le 23 mai prochain à la grande synagogue de Rome qui fêtera ce jour-là son centenaire.

L’entourage du souverain pontife a décliné l’invitation qui lui avait été faite alors que le projet était en bonne voie d’aboutir.

Officiellement aucune raison n’a été avancée mais l’entourage du pape ne s’est pas privé d’expliquer que c’est bien la situation politique au Moyen-Orient qui rendait cette visite impossible.

« Une visite à la synagogue, même de nature strictement religieuse, aurait pu être interprétée dans certaines parties du monde islamique comme une prise de position », ont fait valoir les collaborateurs de Jean-Paul II.

En clair, le Vatican rend responsable Israël de la situation actuelle et en mesure de rétorsion, boycotte la communauté juive italienne.

Quel est le rapport entre un office à la synagogue de Rome et la politique de l’Etat d’Israël ? C’est désormais la devinette que se posent entre eux les cardinaux lorsqu’ils se croisent dans les couloirs du Vatican.

Quelle est la différence entre un juif italien et un soldat de Tsahal ? Aucune mon général. L’église catholique s’est donc alignée sur les thèses les plus extrémistes en vogue dans le monde arabo islamique. Pour le Hamas, chaque juif de par le monde est un sioniste, un ennemi mortel. Pour le Vatican, un fidèle de synagogue, c’est déjà quelqu’un à éviter, quelqu’un dont il vaut mieux se détourner.

Le plus étonnant dans cette affaire est l’absence complète de réaction d’une opinion publique notamment française pourtant prompte à réagir lorsque le pape s’exprime sur des sujets aussi passionnants que la capote, l’union libre ou le sexe des anges. Aujourd’hui personne ne s’émeut de l’amalgame aussi pernicieux que scandaleux pratiqué par le Pape et son entourage.

Il y a presque vingt ans, en 1986 Jean-Paul II avait étonné le monde en se rendant à la synagogue de Rome pour la première fois de toute l’histoire du christianisme. Le refus d’y retourner avec les raisons que l’on sait permet en tous cas de constater que le temps de la méfiance et de l’ambiguïté n’est pas totalement révolu.



Clément Weill-Raynal
Journaliste




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