Le CRIF fête le président israélien au Palais des congrès

LEMONDE.FR | 18.02.04 | 10h10
publié le mercredi 18 février 2004
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De nombreux artistes étaient présents à cette soirée, dont Hélène Séguara, Enrico Macias, CharlElie Couture, Rika Zaraï, Elie Chouraqui...

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Devant la salle comble du Palais des congrès, où plus de 4 000 personnes se sont bousculées et où flottaient des drapeaux israéliens, Moshe Katsav, ovationné, a complimenté cette "communauté juive exemplaire" qu’est celle de la France et annoncé qu’il allait "apprendre le français". Saluant "le combat" de Jacques Chirac contre l’antisémitisme, il a souligné que "là où il y a de l’antisémitisme, c’est la démocratie qui est en danger".
Face à un public conquis, il a aussi fustigé les Palestiniens, qui ont "augmenté le terrorisme" alors qu’Israël a accepté la "feuille de route", et les pays arabes, "si riches", qui n’ont "jamais été capables de construire une ville, un village pour les réfugiés arabes". "Où est leur sensibilité ?", a-t-il demandé.
Il a aussi affirmé que si "Itzhak Rabin avait su que Yasser Arafat continuerait le terrorisme, il n’aurait jamais signé les accords d’Oslo". Alors qu’Israël a accepté la "feuille de route", a poursuivi Moshe Katsav, "la réponse des Palestiniens a été d’augmenter encore le terrorisme". "Depuis la signature des accords d’Oslo, nous n’avons pas eu une journée de tranquillité alors que nous avons fait des compromis qui sont allés loin", a lancé le président israélien. "Les Palestiniens ont besoin d’avoir des dirigeants qui portent leur véritable message et qui n’apportent pas le malheur sur le peuple palestinien", a-t-il aussi déclaré.
L’ATTACHEMENT DES "FRANÇAIS JUIFS" À ISRAËL
Moshe Katsav, fait quelques heures plus tôt docteur honoris causa à la Sorbonne, en a aussi profité pour souhaiter un bon anniversaire à son fils Ariel, présent dans l’assistance et auquel il n’avait "pas encore eu le temps" de parler, après "vingt-quatre heures intenses" d’une visite d’Etat où il s’est dit accueilli avec "amitié" et "chaleur".
De nombreux élus étaient présents à cette soirée, dont le vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Raoult, ainsi que de nombreux artistes (Hélène Séguara, Enrico Macias, CharlElie Couture, Rika Zaraï, Nourith, Gérard Darmon, Elie Chouraqui, Alexandre Arcady...). Certains ont chanté, Shirel, cible d’insultes antisémites lors d’un concert gratuit le 31 janvier à Mâcon, interprétant La Marseillaise, et Francis Lalanne, l’Hatikva (espérance).
Le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, sur un ton léger, a suscité les rires lorsqu’il a comparé Israël à la Dordogne (même superficie) et des applaudissements nourris lorsqu’il a vu dans le peuple juif, "non seulement celui qui a le plus grand passé, mais aussi celui qui a le plus grand avenir".
Plus sérieux, le président du CRIF, Roger Cukierman, a affirmé l’attachement des "Français juifs" à Israël, refuge "essentiel" contre l’antisémitisme, et appelé la France à une "politique équilibrée" au Proche-Orient.
Le CRIF affiche habituellement un soutien indéfectible à l’Etat d’Israël, même si la politique du gouvernement d’Ariel Sharon divise la communauté juive française, qui, avec ses quelque 600 000 membres, est la deuxième au monde après celle des Etats-Unis, hors des frontières d’Israël.

Avec AFP



David Levy
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