La France découvre la vérité

publié le samedi 7 février 2004
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La revue de presse de l’ambassade de France en Israel

19 janvier 2004


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La France devient le premier pays européen dont les principaux dirigeants n’hésitent pas à admettre l’existence d’une corrélation entre les courants anti-israéliens d’extrême gauche et l’antisémitisme de type islamiste - écrit Séfi Hendler dans le Maariv, sous le titre « La France découvre la vérité ».

Devrait-on rappeler aux dirigeants français l’époque où ils prétendaient que l’antisémitisme n’existait pas en France et que leur pays était victime d’une « campagne » menée par Israël ? Ce serait trahir la vérité que de ne pas se souvenir de cette période noire entre la fin de l’année 2000 et le début de l’année 2002 [2003 ? NDCID]. Les déclarations irréprochables faites la semaine dernière par les dirigeants français devant la délégation de journalistes isra-éliens placent la France en tête des pays d’Europe, voire du monde, en terme de détermination dans le combat contre la nouvelle judéophobie. La plupart des orateurs n’ont en effet pas hésité à établir un lien entre les courants anti-israéliens de l’extrême-gauche et les expressions d’antisémitisme. Une partie des griefs formulés par Israël depuis plus de deux ans ont été reconnus et estampillés par les autorités françaises.

La question s’impose : Comment se fait-il que contrairement au cabinet sociali-ste de Lionel Jospin,l’actuel gouvernement de droite ait décidé de regarder en face le problème de l’antisémitisme ? Pour le ministre de la Justice, Dominique Perben, la réponse est claire, même si elle ne plaira pas à ses prédécesseurs de gauche. Le Garde des Sceaux estime qu’il existe une différence d’approche fondamentale entre les deux gouvernements.« Le racisme et l’antisémitisme sont inexcusables.On ne peut pas expliquer (l’antisémitisme) par le social, par les difficultés rencontrées dans la vie des banlieues, ou par le conflit du Proche-Orient », explique-t-il. « Nous ne disons pas aux antisémites que nous les com-prenons...Nos prédécesseurs tentaient de trouver des circonstances atténuantes aux agresseurs sous prétexte qu’ils étaient issus des classes défavorisées. Il ne peut y avoir de prétextes sur ce sujet, et c’était l’erreur de la gauche ».

L’antisémitisme est donc aussi une question de politique. Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a de son côté accusé ses prédécesseurs d’avoir préféré ne pas appeler les choses par leur nom. « Lorsque l’on combat un phénomène, il faut d’abord en admettre l’existence. Il s’agit à mon avis d’un problème qui touche la conscience collective de la France. Il faut faire face aux difficultés », a-t-il récemment déclaré.

Aujourd’hui, force est de reconnaître que la France ne craint plus de faire face à la nouvelle judéophobie. Elle le fait sans contre-vérité du type « il n’y a pas d’antisémitisme en France », ni effets de manche parlant d’un « phénomène nouveau constaté au sein des jeunes issus de l’immigration ». Comme les Israéliens et les Juifs, qui constatent aujourd’hui la nouvelle détermina-tion française, les Français devraient s’interroger sur ce changement de cap. Pourquoi ont-il autant attendu avant de prendre les mesures qui s’imposaient ? Pourquoi certains ont-ils tenté d’expliquer l’inexplicable. C’est d’abord à eux-mêmes qu’ils doivent des réponses.



Centre d’Information et de Documentation
Centre d’Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient (Bruxelles)




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