Les attaques antisémites en baisse dans le monde en 2003, mais en hausse en France, selon un rapport israélien

publié le lundi 26 janvier 2004
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LEMONDE.FR | 25.01.04 | 18h07 • MIS A JOUR LE 25.01.04 | 19h23

Selon les statistiques présentées lors d’une conférence de presse Jérusalem, le nombre d’incidents antisémites a baissé dans le monde de 1 979 en 2002 à 983 en 2003. En France, en revanche, ces incidents sont passés de 77 à 141 durant la même période.

Les autorités israéliennes ont à nouveau pointé un doigt accusateur dimanche en direction de la France à qui elles reprochent de ne pas avoir recours à son arsenal juridique pour endiguer une vague d’agressions antisémites. Des hauts responsables israéliens ont présenté dimanche 25 janvier des statistiques selon lesquelles la France est le pays dans lequel s’est produit le plus grand nombre d’incidents antisémites en 2003.

"La situation des juifs en France est très problématique, l’an dernier, le nombre d’incidents antisémites y a doublé et 47 % des agressions antisémites en Europe occidentale se sont produites en France", a déclaré le ministre israélien chargé des relations avec la diaspora,Nathan Chtcharansky,lors d’une conférence de presse à Jérusalem. "Les autorités françaises, qui disposent de l’une des meilleures législations contre le racisme et l’antisémitisme au monde, doivent l’appliquer et prendre des mesures immédiatement", a souligné le ministre.

Selon les statistiques présentées lors de la conférence de presse, le nombre d’incidents antisémites a baissé dans le monde de 1 979 en 2002 à 983 en 2003. En France, en revanche, ces incidents sont passés de 77 à 141 durant la même période, après avoir fortement baissé en 2002 par rapport à 2001. Selon ces chiffres, collectés auprès des communautés juives de ces pays, 110 incidents antisémites ont été relevés dans les pays de l’ex-URSS en 2003, contre 71 en 2002, 107 en Grande-Bretagne (114 en 2002) et 40 aux Etats-Unis (45 en 2002).

"L’ISLAMISATION CROISSANTE DE L’EUROPE"

Le directeur de l’Agence juive, un organisme para-gouvernemental chargé de l’immigration vers Israël, Salaï Meridor, a pour sa part relevé un "changement de rhétorique" ces derniers mois de la part des responsables français, esti-mant toutefois que "cela arrive tard". M.Meridor a proclamé qu’il se mettait une "kippa sur la tête dès qu’il arrivait en France" et invité "les Israéliens en visite en France à en faire de même".Ces déclarations font suite aux recom-mandations de rabbins français déconseillant le port de la kippa dans les lieux publics,de crainte d’agression.M.Meridor a par ailleurs fait état d’une

"islamisation croissante de l’Europe en raison du nombre de plus en plus élevé de musulmans". "De plus en plus de juifs français estiment que leur avenir n’est plus dans leur pays", a-t-il poursuivi.

Dès janvier 2002, le vice-ministre des affaires étrangères israélien de l’époque, Michael Melchior, avait affirmé que la France était "le pire pays occidental" pour l’antisémitisme.

Le président Chirac et plusieurs ministres ont reçu à la mi-janvier une délé-gation d’une trentaine de journalistes israéliens. Le chef de l’Etat les a notamment assurés que les autorités feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour lutter contre l’antisémistime et proclamé que "toute agression contre des Juifs constituait une agression contre la France". Depuis quelque temps, des membres de la communauté juive ont tiré la sonnette d’alarme sur la multipli-cation d’actes antisémites en France, émanant selon eux d’une radicalisation islamiste. Jacques Chirac a toujours récusé les accusations d’antisémitisme portées contre la France et affirmé que de tels actes seraient sévèrement réprimés.

En mai 2003, le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy avait reçu le "prix de la tolérance 2003" du centre Simon Wiesenthal, pour son action contre l’antisé-mitisme.Ce prix lui avait été remis lors de l’ouverture d’un colloque organisé à l’UNESCO par l’organisation non-gouvernementale américaine sur le thème

"Education pour la tolérance : la résurgence de l’antisémitisme". Le représen-tant du centre Wiesenthal à Paris, Shimon Samuels, avait souligné que le prix honorait particulièrement "la reconnaissance par Nicolas Sarkozy du fléau de l’antisémitisme".

M. Chtcharansky, ancien "refuznik" soviétique devenu ministre israélien du commerce et de l’industrie dans le gouvernement Netanyahu,est membre du Likoud (droite nationaliste) du premier ministre Ariel Sharon. Il a également dénoncé la "diabolisation sans précédent d’Israël", notamment dans les médias et a annoncé que le gouvernement israélien avait décidé dimanche de faire du 27 janvier, jour de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz en 1945, "la journée nationale de combat contre l’antisémitisme".

Au mois de novembre 2003, s’exprimant sur la publication d’un sondage Eurobaromètre qui indiquait qu’une majorité de citoyens de l’Union européenne estimaient qu’Israël représentait la menace la plus sérieuse "pour la paix" dans le monde, avant l’Iran, la Corée du Nord et les Etats-Unis, qui arrivent tous trois en deuxième position, M. Chtcharansky avait déclaré au quotidien israélien Yédiot Aharonot que "l’UE, qui a montré qu’elle était sensible aux questions relevant des droits de l’Homme, devrait faire cesser le lavage de cerveau qui vise à diaboliser Israël avant que l’Europe ne retombe une fois encore dans les périodes sombres de son passé". 59% des personnes interrogées pour cette enquête d’une agence de l’UE, avaient répondu par l’affirmative à la question de savoir si Israël présentait ou pas une "menace pour la paix dans le monde"..

Lemonde.fr avec AFP

© Le Monde 2004



David Levy
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