La zone industrielle d’Erez : un des derniers vestiges de la coopération israélo-palestinienne

publié le dimanche 18 janvier 2004
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Jeudi 15 janvier 2004, 17h59

JERUSALEM (AP) - Plusieurs milliers de Palestiniens travaillent habituellement dans la zone industrielle d’Erez, située à la frontière entre Israël et Gaza et qui a été fermée après l’attentat-suicide de mercredi. Il s’agit de l’un des derniers vestiges d’une coopération israélo-palestinienne moribonde.

Au milieu des années 90, alors que les relations entre Israéliens et Palestiniens connaissaient une embellie - ils avaient commencé à signer des accords de paix intérimaires -, la construction de zones industrielles était envisagée le long de la frontière entre l’Etat hébreu et les Territoires palestiniens, qui auraient permis une circulation libre des travailleurs et des marchandises.

Trois années de violence, marquées par de multiples attentats-suicides, ont conduit Israël à imposer des mesures de sécurité draconiennes, réduisant presque à néant les projets économiques communs entre les deux parties. La zone industrielle d’Erez a été fermée plusieurs fois suite aux attentats qui s’y sont produits.

En plus de la zone industrielle, un poste militaire est installé au point de passage d’Erez, au nord de Gaza. Il sert à arrêter des activistes palestiniens présumés, à filtrer les travailleurs palestiniens,les étrangers et les marchan-dises, et parfois de cadre à des pourparlers de paix.

Quelque 6.000 Palestiniens travaillent dans la zone industrielle d’Erez, dans des firmes produisant matières plastiques, textiles, métaux, meubles, jouets, appareils électriques. Ces emplois constituent une ressource essentielle pour la Bande de Gaza, frappée par la pauvreté, où 60% des personnes en âge de travailler sont au chômage.

Certaines des entreprises appartiennent conjointement à des Palestiniens et des Israéliens, et beaucoup espéraient que ces liens économiques contribue-raient à construire la paix.

"Ce n’est pas la Silicon Valley mais c’est toujours un endroit très important" affirme Yom-Tov Samia, un ancien général de Tsahal qui a commandé l’armée israélienne dans la Bande de Gaza. Selon lui, le point de passage et ses emplois constituent un test important sur la manière dont les Israéliens et les Palestiniens peuvent vivre et travailler ensemble.

Quelque 15.000 travailleurs palestiniens et 4.000 commerçants de Gaza possèdent des permis pour franchir le barrage d’Erez et aller travailler en Israël. Leur nombre varie en fonction de la situation sécuritaire.

Raanan Gissin, porte-parole du Premier ministre israélien Ariel Sharon, a affirmé que le point de passage resterait fermé aux Palestiniens dans les prochains jours. "Nous n’allons pas le fermer (définitivement) mais personne ne peut nous reprocher d’effectuer des contrôles plus rigoureux".

Avant la vague de violence qui a éclaté en 2000, 100.000 Palestiniens de Gaza travaillaient en Israël, fournissant la principale source de revenu de ce territoire très pauvre. Désormais, une grande partie de leurs emplois sont occupés par des travailleurs étrangers. AP



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Centre d’Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient (Bruxelles)




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