Un nouvel anti-épileptique découvert par des chercheurs de l’Université de Jérusalem passe les épreuves cliniques de la phase trois

publié le jeudi 16 octobre 2003
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Paris, le 16 octobre 2003 - Le Valrocémide, un nouveau médicament anti-épileptique, développé à l’Université Hébraïque de Jérusalem par Meir Bialer, Professeur de la Faculté de Pharmacie, passera les tests cliniques de phase trois aux Etats-Unis aux termes d’un récent accord entre les industries pharmaceutiques Teva (Israël) et Acorda Therapeutics (Etats-Unis).

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La société israélienne Teva a acquis les droits de commercialisation du médicament par le biais de Yissum, société privée de développement des brevets de l’Université de Jérusalem, en vue de la production d’un traitement contre l’épilepsie et autres maladies neurologiques et psychiatriques.

L’épilepsie est une maladie neurologique très répandue dans le monde, environ 1% de la population mondiale en souffre. Les ventes annuelles d’anti-épileptiques aux Etats Unis s’élèvent à plus de 2 milliards d’Euros par an.

Il existe actuellement sur le marché plusieurs médicaments pour le traitement de l’épilepsie. Cependant, environ 1/3 des patients ne réagissent pas de façon positive à ces derniers et continuent, par conséquent, à souffrir de crises périodiques d’épilepsie. Il y a donc un besoin réel de développer de nouveaux médicaments qui procureraient un soulagement aux patients qui souffrent, soit de crises, soit de sérieux effets secondaires dus aux médicaments actuels.

Le cerveau contient des acides aminés servant de neurotransmetteurs, qui activent ou inhibent les transmissions neurales dans le système nerveux central. L’épilepsie est causée, entre autres, par des perturbations de l’équilibre entre ces deux fonctions : une élévation du niveau d’acides aminés activants (excitants) ou une réduction du niveau d’acides inhibiteurs.

La glycine est un des acides inhibiteurs et l’augmentation de sa concentration dans le cerveau a un effet anti-épileptique. Cependant, il est impossible de l’administrer aux patients dans son état brut parce qu’il ne peut pénétrer les barrières cérébrales, qui empêchent les médicaments d’atteindre leurs emplacements-cibles.

L’équipe de recherche du Professeur Bialer s’est attachée à développer une glycine dérivée qui pourrait pénétrer la barrière cérébrale et serait ensuite éliminée par l’organisme, ceci dans le but d’éviter tous les effets secondaires indésirables qui peuvent être causés par des substances métaboliques toxiques (métabolites).

Le nouveau médicament, le Valrocémide, est la combinaison d’un médicament anti-épileptique connu, l’acide valproique et d’une glycine dérivée, la glycinamide. Le Valrocémide s’est révélé être l’un des médicaments les plus efficaces parmi une grande série de molécules analogues développées au laboratoire du professeur Bialer.

Le médicament a passé les épreuves cliniques de la phase une avec succès et Teva a achevé en Europe l’épreuve clinique phase deux en 13 semaines sur des patients épileptiques résistant aux différents traitements auxquels le Valrocémide a été administré en combinaison avec d’autres médicaments.

L’accord signé entre Teva et Acorda Therapeutics permettra l’initiation de tests cliniques à grande échelle (épreuve clinique phase trois), impliquant des centaines de patients épileptiques.

Par ailleurs, le médicament est également sur le point d’être testé sur les patients souffrant de psychose maniaco-dépressive mais aussi pour les traitements de pathologies neurologiques.





A propos de l’Université Hébraïque de Jérusalem

L’Université Hébraïque de Jérusalem a été créée en 1925 au pied du Mont Scopus, sur la volonté d’intellectuels européens engagés parmi lesquels Sigmund Freud, Martin Buber, Albert Einstein. L’Université, riche de cet héritage, représente aujourd’hui le pôle de recherche le plus actif d’Israël et joue un rôle essentiel dans le développement de l’Etat d’Israël.

Au cours des années qui ont suivi, l’Université Hébraïque de Jérusalem s’est affirmée comme un modèle d’excellence. L’Université a notamment assuré les fondations du développement économique de l’état d’Israël, en jouant par exemple, un rôle d’incubateur pour de nombreuses start up dans les domaines du high tech et des biotechnologies.

Avec un budget de 85 millions de dollars pour ses travaux de recherche, l’Université est aujourd’hui le premier pôle de recherche du pays.

L’Université Hébraïque de Jérusalem est représentée dans le monde à travers différentes associations appelées « Les Amis de l’Université de Jérusalem ». Les Amis de l’Université de Jérusalem ont en charge la promotion de l’Université dans le pays et constituent l’interface entre les étudiants et chercheurs de France et d’Israël pour une collaboration franco-israélienne toujours plus fructueuse.



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