Ce(ux) qui reste(nt)

publié le jeudi 21 novembre 2002
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Mise en espace Peter TOURNIER / Avec Sandrine AMOUEL 26 & 29 NOVEMBRE / 03 & 06 DECEMBRE / 2002 / 20h00 Centre d’Animation LES HALLES - LE MARAIS.

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synOPSIS

(JPEG) Une femme s’éveille pleine d’effroi, d’un cauchemar. Elle se dirige vers une machine à écrire et va essayer d’exorciser les situations de souffrance qu’elle a connues lors de sa déportation, fantômes de sa vie présente. Plusieurs épisodes défilent alors, nous faisant partager ces sombres souvenirs, gravés à jamais dans sa mémoire.

Dans ce texte sont présentes la plupart des composantes que l’on retrouve dans les différents témoignages sur la vie dans les " Lagers " Allemands, comme dans ceux de Primo Lévi, Jorge Semprun ou Charlotte Delbo, pour ne citer qu’eux. Mais cette fois, la description de l’horreur se fait par les yeux d’une femme, exposant son état interne lors de l’incarcération, ce qui donne une vision peu connue du monde concentrationnaire. La force de ce texte tient à sa valeur de témoignage, , livré sans jugement ni commentaire, mais aussi du fait qu’il soit raconté avec une telle poésie qu’il semble pouvoir être une réponse possible à l’une des questions qui entoure la " Shoah " : Comment représenter une telle souffrance ?

NOTE D’INTENTION - COMMENT COMPRENDRE ?

Comment comprendre qu’un homme puisse en avilir un autre comme lors de l’épisode de la " Shoah " . Cela nous semble impossible si la compréhension est synonyme d’excuse ou d’apaisement de la faute. Mais si elle est synonyme de prévention, afin que de tels actes ne puissent se reproduire, elle est alors indispensable. Il aura fallu un peu plus de dix ans à Hitler, suite au traité de Versailles en 1919, pour prendre le pouvoir en Allemagne et pour y propagée une dictature antisémite et anti-capitaliste. Le 23 mars 1933, Hitler obtient les pleins pouvoirs de l’Allemagne et en août 1934, il devient le Reichsführer. L’année 1933 connaît son premier camp de concentration ainsi que ses premières déportations. Suite à cette prise de pouvoir Hitler arrive, par une démagogie extrême, à répandre une politique de terreur, prônant la supériorité de la "race " allemande. Il va ainsi réussir à accroître de façon démesurée une haine, déjà latente en Europe, contre le peuple juif. Avec des idées, pourtant, pour la plupart grotesques, il arrivera à opprimer, de façon encore inimaginable aujourd’hui, des milliers d’innocents. Les leçons laissées par ce moment le plus terrible de notre histoire, aux dépens de quelques six millions de morts, ne doivent pas être ensevelies sous les faits historiques. C’est pourquoi il nous fallait trouver le moyen le plus efficace pour exprimer l’indicible. Selon nous, le théâtre semble le meilleur chemin pour retranscrire la densité et la substance d’un tel sujet. L’art théâtral nous permet d’être plus proche du témoin en nous faisant participer pleinement, nous permettant de combler les espaces laissés vides, de suggérer et de ne rien imposer. Il émane de "Ce(ux) qui reste(nt)" une telle force, qu’il semble être un outil de prévention possible, ayant ravivé toutes les impressions ressenties lors de nos diverses lectures et recherches sur l’Holocauste. Nous connaissons les crimes, les chambres à gaz, les crématoires, mais connaissons-nous l’état interne d’un déporté ? Nous ne pourrons certainement jamais mettre en valeur toutes les facettes, ni toute la souffrance ressentie par les victimes de l’Holocauste. Mais nous allons tenter de faire apparaître des approches peu perçues et rarement montrées de ce moment qui fut le plus ignoble de notre histoire. Lors du procès de Nuremberg, les crimes contre l’humanité furent considérés pour la première fois comme une catégorie de crimes spécifiques. Toutefois, qualifier un acte de " criminel " ne suffit pas à empêcher qu’ils soient commis.Les moyens de communication modernes devraient, théoriquement, rendre impossible le massacre de millions de personnes à l’insu du monde entier. Pourtant, entre 1975 et 1979, plus d’un million de personnes furent assassinées au Cambodge... Au Rwanda, en 1994, la présence de soldats de l’ONU et d’associations d’aide humanitaire n’empêcha pas les Hutus de massacrer les Tutsis. Au cours des années 1990, en ex-Yougoslavie, les Serbes tentèrent de créer une patrie " pure " en chassant les autres groupes ethniques ou religieux, tels les Croates, les Musulmans ou les Albanais. De terribles massacres s’ensuivirent en Bosnie, et plus tard au Kosovo. Notre question reste par conséquent la même : Comment comprendre tout cela ?

Nous ne pouvons y trouver de réponse. Mais nous sommes persuadés de l’utilité de revenir encore et toujours sur le thème de la Shoah afin de démontrer que si l’on ne prête pas assez d’attention, la mémoire de millions de victimes est insultée, bafouée ; leurs souffrances ne nous ayant visiblement pas réellement servis, car l’intolérance et la haine d’autrui, sont très loin d’être éradiquées du système de pensées de bon nombre des nôtres.

Peter TOURNIER

Renseignements pratiques :

-  Le LIEU

CENTRE D’ANIMATION LES HALLES — LE MARAIS Forum des Halles, Niveau-3, 6/8 place Carrée - 75001 Paris Porte St Eustache ou Porte Pont Neuf Tél : 01 40 28 18 48

-  En voiture :

-  Par la voirie souterraine des Halles

-  Parking 24 Heures / 24

-  En RER :- Lignes A, B, D

-  En métro :- Lignes 1,4,7,11,14

-  En bus :- 13 lignes à proximité



David Levy
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