Souccoth

Chabbat 11 octobre 2003 - 15 Tichri 5764
publié le mardi 7 octobre 2003
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Lecture de la Tora : ler Jour : Lévitique 22, 26 à 23, 44 et Nombres 29, 12 - 16. « « 2ème Jour : comme la veille.

Haphtara : ZACHARIE 14 : Souccoth des temps messianiques. « 2ème jour : 1 Rois 8, 2 - 21 : Inauguration du Temple et fête de Souccoth.


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Commentaire de la Torah

« Vous prendrez le premier jour du fruit de l’arbre HADAR, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre ABOTH et des saules de rivière, et vous vous réjouirez, en présence de l’Eternel votre D.ieu, pendant sept jours. » (Lévitique 23, 40).

La gravité qui se lisait sur nos visages le jour de Kippour vient à peine de s’effacer, que nous sommes immédiatement après l’absolution de nos fautes, invités à servir D.ieu, en Lui consacrant nos pensées et nos gestes, durant la fête de SOUCCOTH, qui est la troisième de nos fêtes de pèlerinage. Car si d’aucuns ont jugé suffisante notre mortification le jour de KIPPOUR, ce serait avoir une fausse idée du judaïsme que de croire qu’il se limite à des cérémonies austères, solennelles, dont seraient écartées toute forme de joie. Or, celle-ci se manifeste dans certaines de nos solennités religieuses, elle fait naturellement partie de la vie humaine, car elle nous permet ainsi de résister aux dures conditions de notre existence terrestre. La Torah l’a parfaitement compris, en faisant alterner dans le déroulement de notre calendrier religieux, des temps de tristesse et des temps de joie.

D’une façon générale, notre Loi fait des parts égales à la vénération, à l’amour et à la joie. Le poète Juda HALEVY a su mettre en relief la place que doit prendre la joie dans notre comportement quotidien. Il dit notamment : « Notre contrition aux jours de jeûnes ne plait pas davantage à D.ieu que notre joie aux fêtes et aux Sabbats, si cette joie vient d’un cœur plein de ferveur. Il faut aimer le commandement (la mitzwa) pour Celui qui nous l’a ordonné, et reconnaître, quel bien, en nous l’ordonnant, il nous fait. » C’est ce que nos Maîtres appellent la « joie de la Mitzwa ».

A l’origine, la joie que procurait aux cultivateurs d’Israël la fête de SOUCCOTH était surtout provoquée par la période des récoltes. Comme dans tous les pays, ces travaux agricoles, principale richesse du pays, étaient accompagnés de festivités. Cependant, pour éviter que celle-ce ne deviennent l’occasion de débauches, le texte biblique nous met en gardant en disant : « vous vous réjouirez devant l’Eternel, votre D.ieu. » Il est la source de tous nos biens. Dans aucune circonstance de notre vie, nous ne devons oublier que Lui seul dispense les peines et les joies. Et ces joies doivent être empreintes de ferveur. La légèreté d’esprit n’y a pas sa place. D’ailleurs, il n’y a pas que la prière qui réclame de notre part, la pensée et le recueillement, la joie également, quand elle a pour objet d’accompagner la pratique de la Loi, comme le précise encore Juda HALEVY. C’est ce que retrouvera plus tard, le BAAL CHEM TOV, fondateur du Hassidisme moderne.

Notre joie, si elle devait nous faire oublier Celui qui la dispense, deviendrait donc païenne. Nos Sages nous mettent constamment en garde contre une telle forme de réjouissance, et vont jusqu’à dire que c’est en raison de mauvais comportements dans l’expression religieuse, que les deux Temples ayant existé à Jérusalem furent détruits.

Durant la semaine de SOUCCOTH où nous sommes invités à séjourner dans la SOUCCAH, et où nous devons nous présenter devant D.ieu, en tenant en main les quatre plantes énumérées dans notre texte d’introduction, en signe de réconciliation avec D.ieu, nous laissons donc libre cours à notre joie. Ainsi, en ne consacrant pas uniquement une journée par an au jeûne et aux privations, mais en servant D.ieu, de toutes nos forces, tous les jours de notre vie, dans la joie et dans l’allégresse, selon l’expression du Psalmiste, nous aurons réellement retrouvé la Paix de notre âme, avec un sentiment de plénitude de joie que vient nous procurer le bouquet des quatre plantes, symbole de cette paix et de cette joie.

HAPHTARA

Cette Haphtara a été choisie car elle contient la mention de la fête de SOUCCOTH (verset 16). Le prophète ZACHARIE, du livre duquel est tiré ce texte, prédit la fin des temps, lorsque JERUSALEM sera le lieu de rassemblement de toutes les nations venues faire la guerre. Mais D.ieu interviendra contre elles et la ville sera restaurée, on s’y retrouvera à l’occasion de SOUCCOTH.

L’idée de ce rassemblement des nations correspond bien à SOUCCOTH. En effet, nos Sages font remarquer que durant cette solennité, chaque jour, on offrait des sacrifices à l’intention de toutes les nations. Leur nombre symbolique étant de soixante-dix, on a commencé le premier jour à offrir quatorze taureaux, et en diminuant chaque jour d’une unité, on est parvenu au nombre de soixante-dix. Par contre, le jour de CHEMINI-ATZERETH, qui est la clôture de SOUCCOTH, on offrait qu’un seul taureau, qui représentait ISRAEL face à toutes les nations.

Le prophète ZACHARIE veut ainsi décrire ce qui surviendra à l’époque messianique où toutes les nations seront tenues d’accomplir ce pèlerinage vers JERUSALEM pour y célébrer SOUCCOTH, et mériter ainsi la pluie qui tombera à cette saison, comme étant la suprême bénédiction accordée à tous ceux qui voudront reconnaître la suprématie de D.ieu. C’est ce que nous lisons au verset 9 disant : «  L’Eternel sera roi sur toute la terre ; en ce jour, l’Eternel sera un et unique sera son nom.  » Ce verset a été repris dans notre prière finale dite ALENOU, pour bien marquer notre confiance en l’avenir de l’humanité et donc du notre. C’est bien cette confiance dont nous témoignons plus particulièrement à SOUCCOTH, lorsque nous venons dans la maison de D.ieu, porteurs des quatre plantes, comme autrefois nos ancêtres se rendant au Temple de JERUSALEM.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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