Parasha Haazinou

4 octobre 2003 - 8 Tichri 5764
publié le lundi 29 septembre 2003
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Lecture de la Torah : Deutéronome 32 : Chant d’adieu de MOISE - Haphtara : OSEE 14, 2 - 10 : Retour à D.ieu et JOEL 2, 15 - 27 : Le pardon divin. Certaines communautés ajoutent encore MICHEE7, 18 - 20.

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Commentaire de la Torah

Quelques jours seulement se sont écoulés depuis que nous avons entendu les sonneries du CHOFFAR. Nous attendons à présent que KIPPOUR vienne nous apporter le pardon que nous demandons à D.ieu de nous accorder, après un sérieux examen de conscience. Aussi, le texte de notre Sidra n’en prend que plus d’importance, puisque aucun passage de la Torah n’est aussi riche en visions claires de l’avenir, n’atteint la grandeur qui se dégage du dernier discours de MOISE. Il ne s’adresse pas seulement à ISRAEL, mais il prend à témoin toute la nature. Ce genre de témoignage ne manque pas nous surprendre et divers commentateurs s’en s’sont fait l’écho.

RACHI, pour sa part, fait dire à MOISE que, seuls les éléments de la nature tels que le ciel et la terre pourraient témoigner de la fidélité ou non d’ISRAEL, au cas où celui-ci nierait avoir reçu la Torah. La terre et le ciel étant par définition destinés à exister éternellement, constitueront par conséquent des témoins qui ne disparaîtront jamais. Certes, le rôle de ces témoins est de rester passifs mais il est redoutable, puisqu’ils peuvent sans cesse par leur existence même, proclamer la souveraineté de D.ieu. ISRAEL, en cas de désobéissance aux lois divines, refuse ainsi de reconnaître la vérité, et les éléments de la nature sont là pour lui rappeler sa conduite insensée.

C’est pourquoi également, MOISE, à la fin de notre texte, tient-il à recommander avec insistance de respecter la Loi. Le destin d’ISRAEL en dépend. Car « cette Loi n’est pas une parole indifférente, c’est votre existence même. ». « (Deutéronome 32, 47). Nous avons beau nous interroger sur la raison de certaines prescriptions religieuses, principalement lorsqu’elles semblent nous gêner dans notre vie quotidienne, nous sommes par définition incapables de juger de l’importance d’une Loi que nos ancêtres ont acceptée et nous ont transmise. Si nous estimons que nos difficultés sont différentes des leurs, rien n’est comparable. C’est davantage au mode de vie actuel toujours plus stressant et harassant que nous devons imputer le caractère parfois incompatible entre une vie spirituelle et une vie fondée souvent sur le matérialisme pur.

Il est impensable de croire que D.ieu en nous donnant Sa Loi, a voulu en même temps compliquer notre existence, bien au contraire. Il faut nous persuader que cette Loi est destinée à notre bonheur. Elle est le fait de Sa bonté, toutes ses prescriptions ne visent qu’à nous faire mener une vie harmonieuse, pleine de santé physique et morale.

En nous écartant ainsi de la route qui nous est tracée, nous risquons de causer notre propre perte. Aussi, notre Sidra prend elle une importance particulière puisqu’elle est lue quelques heures avant la grande journée de Kippour. Nous savons qu’en ce jour exceptionnel, nous sommes appelés à nous régénérer, non en nous frappant, mais en essayant de rétablir la vérité, que notre inconduite a pu compromettre. Ce n’est que dans la mesure où, selon l’expression de la Haphtara, nous ferons pénitence par l’accomplissement de commandements divins, que nous nous rapprocherons davantage de D.ieu. Nous rendrons ainsi hommage à Sa souveraineté, au même titre que les cieux et la terre attestent de Sa toute-puissance, depuis le moment où ils furent créés.

HAPHTARA

Ce texte magnifique est lu en ce chabbat CHOUVA, mais également l’après-midi des jours de jeûnes. Il est tout entier consacré au thème de la pénitence. C’est le prophète OSEE qui en parle avec une intonation rarement égalée. Il nous invite à ouvrir nos cœurs, pour permettre à la parole de D.ieu d’atteindre ce qu’il y a de meilleur en nous. Car la condition essentielle de notre rapprochement vers D.ieu, après la faute, ne peut être que le repentir. Le ton est donné dès le premier verset : «  Reviens, o Israël, au Seigneur ton D.ieu.....car c’est ton iniquité qui t’a fait trébucher.  » Le texte hébreu utilisé ici est : « Chouva Ad », et non «  Chouva El ». Cette petite différence est là pour nous dire qu’il faut aller jusqu’au bout de l’effort, ne pas se contenter de prendre une direction, mais nous efforcer de la suivre jusqu’au bout.

Selon RACHI citant Rabbi MEIR, il nous faut tenter de faire cet effort de retour tant que nous sommes encore assez près de HACHEM en cette période des dix jours de pénitence où il peut user de Sa miséricorde, avant qu’Il n’en vienne à exercer Sa justice dans toute sa rigueur.

Au verset trois, nous lisons : « Munissez-vous de paroles et revenez vers le Seigneur. » Si toutefois nous étions si éloignés de D.ieu, pensant ainsi qu’il est impossible de réparer nos fautes par des actes, ayons au moins le courage de reconnaître nos fautes par la confession. C’est d’ailleurs ce que nous faisons en particulier durant les cinq prières qui composent la liturgie de Kippour. Mais RADAK tient malgré tout à préciser que nous ne devons pas nous contenter de prononcer des paroles du bout des lèvres, elles doivent refléter la profondeur et la sincérité de nos sentiments. Dans un univers d’hypocrisie, nous devons au contraire tendre vers le vrai et non le faux-semblant.

Amour pour D.ieu et réalisation de Sa Torah, vérité envers nos semblables, tels sont les éléments fondamentaux sur lesquels nous devons nous appuyer, pour nous préparer à l’inéluctable jugement de Kippour.



Alain Goldmann
Grand Rabbin




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