Chronique de Gilles William Goldnadel sur Radio J du vendredi 26 septembre 2003

publié le lundi 29 septembre 2003
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Le récent voyage du Président de la République aux Etats-Unis, accompagné d’éminentes personnalités de la Communauté juive, et sa rencontre avec des membres de la Communauté judéo-américaine mérite, à mon sens, quelques mises au point.

Jacques Chirac a en effet indiqué que la France n’était pas un pays antisémite.

Ceci est d’autant plus l’évidence, qu’un pays antisémite, cela n’existe pas.

Voilà qui tombe bien parce que, contrairement à une légende savamment entretenue, ni les membres de la Communauté juive française, ni les responsables israéliens n’avaient sorti une telle fadaise.

Les uns et les autres, avaient cependant, et avec raison, tiré la sonnette d’alarme en raison de l’augmentation effrénée des agressions anti-juives en France.

Ils l’avaient fait au mieux dans l’indifférence, au pire dans l’hostilité, de la plupart des observateurs.

Il est heureux qu’aujourd’hui, l’opinion générale, chef de l’Etat en tête, ait rejoint le cruel diagnostic établi par ceux que l’on critiquait alors pour leur alarmisme communautariste.

En réalité, on apprécie le degré d’antisémitisme d’un pays à la réaction de ses élites politiques, intellectuelles, médiatiques, à l’égard des menées violentes ou verbales du virus raciste.

Aujourd’hui il faut se réjouir ouvertement de ce que, à l’intérieur du gouvernement Raffarin, et ainsi que je l’ai déjà souligné, les ministres de l’Intérieur, de l’éducation nationale et de la justice, aient, sans aucune ambiguïté, dénoncé le virus et l’aient repéré essentiellement, dans les banlieues quant à l’antisémitisme populaire et chez certains intellectuels d’extrême-gauche, quant à l’antisémitisme mondain.

Pourtant, la partie est évidemment loin d’être gagnée.

La violence existe encore, même s’il semble qu’elle ait décrue, et les discours délirants sur les juifs et l’Etat qui porte leur nom, continuent à sévir.

En outre, il ne semble pas, que pour l’heure, la base de l’appareil judiciaire ou celle de l’éducation nationale - où l’on pratique toujours autant la culture de l’excuse - aient suffisamment médité les nouvelles directives gouvernementales.

S’il faut donc saluer ce qui mérite de l’être, il ne saurait être question pour autant de baisser extatiquement la garde.

Bonne année à tous.



Gilles William Goldnadel
Vice-Président de l’Association France-Israël,
Président d’Avocats Sans Frontières.




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