Minute de Torah - 7 Menahem Av 5776

publié le lundi 15 août 2016
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B"H

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Le chabat est l’une des mitsvot à travers lesquelles H’ nous donne la possibilité de sanctifier le temps. "Souviens-toi du jour de chabat pour le sanctifier" (Chemot, 20, 8). Un certain nombre de fêtes du calendrier hébraïque sont autant d’autres exemples d’un telle possibilité, dans une certaine mesure.

D’où provient l’importance du souvenir pour qu’il puisse faire l’objet de multiples prescriptions ? Voici en guise de réponse une anecdote liée au deuil de Tich’a béAv à l’époque de Napoléon Bonaparte :

Soucieux de son empire, Napoléon tenait occasionnellement à contrôler par des visites informelles le déroulement loyal des grandes associations communautaires, et notamment en ce qui concerne le culte juif. Il décida un jour de se rendre à l’improviste dans une grande synagogue de son empire pour se faire une idée du climat environnant de la communauté juive. Ce jour là, il fut témoin d’une scène à ses yeux spectaculaire, sinon bouleversante. De fait, le jour en question était Tich’a béAv, jour de deuil à travers les communautés juives du monde entier, en souvenir des tragédies liées à ce jour et en particulier à la destruction du Beith Hamikdach. Devant une foule de juifs en pleurs, assis à même le sol en position endeuillée, récitant des lamentations la voix brisée, vêtus d’habits froissés et modestes, il demanda interloqué ce qui valait un tel accoutrement. On lui répondit que nous étions en deuil du fait de la destruction du Saint Temple de Jérusalem. Napoléon en fut désolé et fit remarquer, ému, qu’il était surpris que personne l’en ait informé. Comment se peut-il que l’empereur de l’un des plus puissants empires d’alors n’ait pas connaissance d’un tel événement, qu’aucun de ses messagers l’en ait informé ? Il demanda alors à quel moment cela s’est-il produit. Quand on lui répondit que l’événement commémoré par le deuil était vieux de 17 siècles, sa stupéfaction ne fut pas moins forte qu’en entrant à la synagogue, et il donna cette réponse devenue légendaire, à peu près en ces termes : "Un peuple qui sait se souvenir de son passé, a forcément un avenir".

Les fêtes qui jalonnent le calendrier hébraïque ne sont pas seulement des fêtes de commémoration, nous met en garde le Baal Chem Tov. De même, il serait faux de penser que les Ecrits de la "Torah de vérité", "Torah de Vie" sont des écrits figés relatant des temps révolus. Il faut apprendre à les étudier à la lumière de la modernité, pour vivre chaque sidra hebdomadaire avec l’actualité, la "vivre avec son temps" selon une expression du Tanya. De même , Tich’a béAv n’est pas seulement le constat d’une destruction passée, mais aussi celui d’un Exil dans lequel nous nous trouvons encore et surtout un moment d’espoir de vérité renforcé à l’édification prochaine et véritablement de nos jours du 3è Beith Hamikdach. En effet, conformément aux propos du Rabbi de Loubavitch, "la destruction n’est que le préalable à la construction d’un édifice nouveau, le temple du monde futur" (Discours du Rabbi, Chabat Devarim 5750 - 1990).







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