Minute de Torah - 9 Tamouz 5776

publié le jeudi 21 juillet 2016
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B"H

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Chéma’ Israel, Ado-naï Elo-heinou, Ado-naï E’had
Baroukh Chèm kevod malkhouto léolam va’èd

Ecoute Israël, H’ est notre D-ieu, H’ est Un
Béni soit le nom de Son règne glorieux, pour toujours

Au moins deux fois par jour ("à ton coucher et à ton lever"), les Bnei Israel doivent prononcer le "Chéma’ Israel", qui est la phrase par excellence de proclamation de l’Unité divine. Or, comme l’explique le Rambam, proclamer l’Unité de H’ fait partie des 6 mitsvot perpétuelles pour les Bnei Israel, que sont : Proclamer Son Unité, n’avoir foi en nul autre que Lui, L’aimer, Le craindre, Le connaître, et ne pas se laisser dévier par son coeur ni par ses yeux. A noter au passage que la ’hassidout vise en particulier à apporter au Juif les moyens d’accomplir ces mitsvot. Où apparaît cette phrase dans la Torah, et dans quel contexte ?

Le jour où après des années de séparation, Yossef retrouve ses frères (qui sont tous les enfants de Yaacov dont le deuxième nom est Israel), Yaacov-Israel est comblé d’une joie immense de revoir tous ses enfants réunis. Le seul souci qui lui restait était d’être sûr qu’ils seraient unis, ce à quoi Yossef rassure son père en lui disant : Ecoute Israël [deuxième nom de Yaacov, dont nous sommes les enfants, les "bnéi Israel"], H’ est notre D-ieu, H’ est Un [puisque nous avons le même D-ieu, D-ieu Un, alors à Son image nous serons aussi comme un seul homme]. Ce à quoi Yaacov est définitivement soulagé et peut partir serein de ce monde- ci, avec cette promesse.

Il importe donc de prendre conscience en prononçant ces mots qu’il s’agit, pour nous Bnéi Israel, Enfants d’Israel, de proclamer Son Unité, d’en être les témoins d’un unique témoignage (ce qui explique pourquoi les lettres ’aïn et dalet, qui forment le mot "témoin", ( ’èd, en hébreu) sont écrites en grands caractères dans la Torah.

Mais un telle unité n’est pleinement proclamée que si dans ce monde ici-bas, le Bnéi Israel sont eux-mêmes unis. En effet, l’Exil ("Gola" en hébreu), conséquence de la haine gratuite et donc de la division au sein du Peuple Juif, est marqué par un voilement de la présence divine. Par contre, aux temps de la délivrance ("Guéoula" en hébreu) messianique, le "H’ E’had" sera ressenti dans chaque élément de ce monde. Il n’y aura plus de séparation entre la matière et l’essence divine qui lui est attachée.

A noter que les mots mêmes de "Gola" et "Guéoula" nous enseignent une telle différence : la seule lettre qui distingue la Guéoula de la Gola est le Aleph, qui désigne le chiffre Un, et par là même le "D-ieu Un". L’une de nos tâches en Exil est de faire ressortir la présence divine dans chaque chose, y libérer ses étincelles de divinité, y révéler le Aleph. Tel est aussi le désir du Juif qui proclame le "Chéma’ Israel".

Rabbi Yéhouda Hanassi, compilateur de la Michna (fondement de la Torah Orale), avait l’habitude lors de la récitation de la phrase "Chéma Israel..." de mettre sa main devant les yeux, et faire des mouvements de la tête vers les quatre points cardinaux à ce moment, pour signifier l’omniprésence de H’ à travers les quatre coins du monde (cf. Traité Bera’hot 13a). En ’hassidout, on explique que la main (ou le talith) devant les yeux marque précisément le voilement de la présence divine en période d’Exil. C’est pourquoi dès la phrase suivante, une fois la proclamation effectuée dans l’Unité du peuple Juif, et scellée, le Juif est prêt à accueillir la présence divine pour le servir pleinement, sans que la matérialité soit une limite pour le Service, "de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces".







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