L’homme, Moïse

publié le vendredi 1er janvier 2016
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En commençant par le livre de l’Exode (Chemot) - et à travers les trois livres restants de la Torah - la figure de Moïse est centrale.

Il n’y a rien de mythologique ou d’héroïque en lui. Comme le dit le philosophe juif Martin Buber : La figure de l’être humain agissant sous les ordres de Dieu est peinte dans toute son humanité. Le disparu rabbin de la vieille synagogue de Cleveland, Jeremy Daniel Silver, explique : « Moïse est tout simplement le spécimen physique parfait : il balbutie. Il n’est pas un saint ; il peut être irascible, il est froid avec sa famille, et sur au moins une occasion, il désobéit volontairement Dieu. » Ce qui pose la question, comme dans nombreux d’autres cas : pourquoi le Dieu Tout-Puissant d’Israël requiert un être humain, d’ailleurs, l’un aussi improbable que Moïse, pour mener à bien le grand plan conçu pour Israël ?

En outre, note Richard Friedman, spécialiste de la Bible à l’Université de la Géorgie, bien que dans la présentation biblique de cette histoire, c’est Dieu qui finalement rend tous les événements miraculeux, Moïse est, cependant, joue un rôle important, de sorte que d’une certaine manière l’histoire se concentre plus sur lui que sur Dieu. Moïse est tellement en contrôle de la synchronisation, l’exécution, et le drame des miracles qu’ont plusieurs reprises il doit rappeler à son peuple que c’est Dieu et non pas lui qui est en train de faire ces choses.

Selon le philosophe israélien Yoram Hazony, c’est cela la teneur essentielle de la Bible : Dieu se rapproche de l’homme afin d’obtenir des réponses spectaculaires, et le texte reflète fidèlement cette relation. Dieu se rapproche et l’individu peut choisir entre le devoir, comme dans le cas de Moïse, ou comme dans le cas de Jonas, s’échapper.

Moïse est l’expression de la réponse aux défis de la vie que le judaïsme souhaite des êtres humains communs. Il n’est pas particulièrement doué, mais il est prêt à « écouter » et à jouer son rôle dans le monde.

Comme Moïse, chaque Juif face la même situation, une situation existentielle mémorablement décrite par Martin Buber :

« Chacun d’entre nous est enfermé dans une armure dont la tâche est d’empêcher les signes. Les signes sont présentés à nous sans cesse. Nous aurions seulement de nous présenter et de percevoir. Mais le risque est trop dangereux pour nous, le tonnerre silencieux semble nous menacer avec l’anéantissement, et de génération en génération nous perfectionnons l’appareil défensif. Toute notre connaissance nous assure, “Reste calme, tout se passe comme cela devrait se passer, rien n’est destiné à toi, tu n’es pas interpellée ; c’est juste ‘le monde’, tu peux expérimenter ce que tu veux, mais quoi que tu fasses, rien ne te sera redemandé ; ce n’est pas toi qui es abordée, tout est calme. ‘

Chacun d’entre nous est enfermé dans une armure que bientôt grâce ça familiarité, nous cessons de remarquer. Il n’y a que quelques moments qui la pénètrent et remuent l’âme jusqu’à la sensibilité. Et même lorsque ce moment nous a été imposé, et que nous prenons ensuite préavis et nous demandons ‘est-ce que quelque chose en particulier est arrivé ? Ce n’est pas la sorte de chose que nous rencontrons tous les jours ? ’ Alors nous pouvons nous répondre nous-mêmes, ‘Rien de spécial, en fait, c’est comme cela tous les jours, seulement que tout simplement nous ne sommes pas là tous les jours.’

Les signes de l’appelle ne sont pas quelque chose d’extraordinaire, quelque chose qui sort de l’ordre des choses, ils sont tout simplement ce qui se passe encore et encore, tout ce qui se passe dans tous les cas, rien n’est ajouté par l’appelle. Ce qui m’arrive me réclame.’ Rien ne pourrait mieux exprimer l’attitude de Moïse commençante avec sa rencontre avec le buisson ardent qui le conduit éventuellement à la rébellion contre l’esclavage en Égypte.







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