Saisir plus que nécessaire est inutile

publié le vendredi 30 janvier 2015
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Exode chapitre 16 encapsule certaines des principales caractéristiques du drame de 40 ans d’existence d’Israël dans le désert. Les problèmes socio-économiques de la survie dans le désert étaient énormes. On a l’impression d’une communauté éclectique non familière avec le désert et non habituée à y vivre. L’approvisionnement alimentaire était dangereusement bas et les gens durent apprendre à survivre sur un régime improvisé.

Le « Pain », cependant, "il plu du ciel » (verset 4), Ce n’est pas la nourriture conventionnelle dont la source est la terre, mais plutôt la nourriture qui vient d’en haut, comme la pluie.

Une substance excrétée par les insectes qui se nourrissent des feuilles de la manne-tamaris (Tamarix mannifera) et qui tombe à terre est connue dans le désert du sud. Elle est encore aujourd’hui ramassée et utilisée pour la nourriture. Étant plus liquide qu’un aliment sec, elle soulage à la fois la soif et la faim. Selon le TaNaKh il a un goût exquis « comme des flocons au miel » ou une crème onctueuse.

Au début, les Israélites ne surent que faire de cette, chose qui se trouvait en abondance sur le sol et ressemblait à des « flocons » L’utilisation du terme archaïque en Hébreu « c’est quoi ? », donna au phénomène son nom : « manne ». C’est le pourquoi de "manne du ciel" Dans les mots du commentateur James Plastaras :

« Soit que l’apparition de la manne fut un événement miraculeux dans le sens strict du terme théologique, ou non, il est clair que les Israélites considérèrent la manne comme quelque chose qui leur avait été envoyé par Dieu."

Le récit est, à coup sûr, plus soucieux de déplier le sens de la leçon de la manne que de simplement raconter l’événement historique, aussi merveilleux que cela ait pu être. La manne fait une déclaration radicale : "Pas de pénurie !" Et en plus, et au-delà, il formule un principe qui deviendra par la suite universellement célèbre : à chacun selon ses besoins. S’il y- a une métaphore ici, c’est que désert, c’est-à-dire la terre qui n’est pas gérée, fournit encore de la viande et du pain.

Même si subrepticement énoncé, le droit absolu pour tout un chacun à être alimenté est ici décrit. S’il y a des conditions pour être alimenté, ce ne sont que deux :

1) chacun doit rassembler en fonction de ses besoins

2) ne rien garder jusqu’au matin suivant.

Le point étant donné par le présent chapitre dans le livre de l’Exode, et ses parallèles dans le reste de la Littérature Fondationale d’Israël, n’est pas simplement le droit de remplir les estomacs, mais d’enseigner ce qui doit être transmis de génération en génération : la nourriture est une grâce qui ne devrait pas être accumulée.

La thésaurisation, la cupidité et la possessivité ne sont pas des réponses responsables à la vulnérabilité : au contraire ce sont des efforts calculés pour contrôler ce qui ne doit pas l’être et ne peut être contrôlé.

La morale de l’histoire : saisir plus que nécessaire est en vain, « demain » ce sera aigre. PD. au cas où la pertinence de cette ancienne histoire de plus 3000 ans se perde : l’organisme antipauvreté Oxfam, publia le 19 janvier 2015 que 1% de la population mondiale détiendrait plus de 50% de la richesse du monde en 2016 (déjà un 1% de la population mondiale possède 48% de la richesse du monde, tandis que 80% possèdent actuellement seulement 5,5%).







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