Malgré les imperfections, travailler pour achever une société morale et juste

publié le jeudi 1er janvier 2015
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La mort de Jacob marque la fin du livre de la Genèse, et la fermeture de la période des patriarches d’Israël.

Abraham, Isaac et Jacob- les pères fondateurs d’Israël furent les dirigeants d’une famille unique, tâchant d’établir une société juste et morale parmi les passions et les tentations humaines.

"Toute la période entre Abraham et l’Exode », dit Martin Sicker, "aurait pu être résumée en quelques phrases courtes au lieu de remplir plus de la moitié du livre de la Genèse avec des histoires à partir desquelles on ne peut en apprendre davantage sur les acteurs.

"Toutefois," dit-il, " ceci ’est exactement le point. Si nous supposons que le but de tout le livre de la Genèse est celui de jeter les bases pour l’émergence du peuple et la nation d’Israël, et la création d’une civilisation idéale et d’une société juste et morale qui peut être imitée par d’autres, il est essentiel qu’une telle civilisation et société soient construites par des êtres reconnus comme humains, autrement dit imparfaits, comme le sont tous les êtres humains.

C’est ce que ces histoires illustrent si dramatiquement. Nous n’avons ici aucun caractère de proportions mythiques, pas de superhéros, juste des gens normaux vivant dans des familles dysfonctionnelles, qui font parfois des choses qui sont fausses, parfois insensées, et souvent embarrassantes.

Et pourtant, ce seront ces mêmes personnes qui passeront un héritage intellectuel et spirituel qui finira par trouver sa pleine expression dans les enseignements de la Torah et de la constitution de la nation d’Israël, lesquels se trouvent dans les restants livres du Pentateuque ".

Bien que seulement quatre versets aient été consacrés à la mort d’Abraham et deux à la mort d’Isaac, trois chapitres du livre de la Genèse, sont dédiés à la disparition de Jacob.

Cette description exceptionnellement détaillée, écrit le défunt professeur de Bible, Nahum Sarna, réside dans les circonstances particulières entourant la situation de Jacob. Parmi les patriarches, c’est seulement lui qui meurt sur sol étranger. Par conséquent, il est particulièrement préoccupé par son inhumation dans son tombeau ancestral. L’inhumation conformément à ses souhaits implique des efforts considérables et des arrangements complexes, qui doivent être entièrement décrits. Jacob, agissant comme Israël, dit l’éthicien Leon Kass, convoque son fils pour lui donner une leçon sur la mort et l’enterrement, donc, sur les liens et les dettes que nous avons avec ceux qui nous ont précédés.

Avec la mort de Jacob se termine la période formative de l’histoire d’Israël, et le grand drame national est prêt à se dérouler. Pendant les prochaines 11 semaines, c’est cela qui va occuper la pensée juive par le biais de la lecture du livre Shmot, "Exodus le deuxième livre de la littérature fondationale d’Israël."







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