Minute de Torah - 1 Chevat 5774

publié le vendredi 3 janvier 2014
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B"H

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H’ dit à Moché de demander aux Bnei Israel d’attacher au pied de leur lit un agneau, qu’ils sacrifieraient pour H’ en préparation à leur sortie imminente d’Egypte. Le sens de cette demande est bien connu. L’agneau, considéré par les Egyptiens comme un animal sacré, devait être désacralisé par les Hébreux aux yeux de toute l’Egypte. Les Hébreux publieraient par là qu’il n’est pas d’autres dieux que D.ieu, et se délieraient de leur soumission à la culture égyptienne. Ce geste consistait véritablement en une souveraine confiance en H’, car il faut faire preuve d’une abnégation sans faille et de méssirouth néfech (don de soi) pour oser sacrifier publiquement l’idole de ses persécuteurs bicentenaires.

Pourtant cet effort ne suffisait pas encore pleinement à Celui qui nous libéra de Sa main forte. H’ demanda en effet que nous mangions cet agneau sacrifié. Mais à quoi bon nous ordonner la consommation de cet agneau ? La désacralisation n’en serait pas plus accomplie. D’autre part, ce n’est pas la procédure classique d’un sacrifice offert à H’ (par exemple, H’ n’a pas demandé à Avraham, sept générations plus tôt, de manger la bête sacrifiée « à la place » de son fils Its’hak). Le Rabbi (Likoutei Si’hot, vol.16) tire de cet ordre un enseignement édifiant sur l’approche du juif par rapport à la matérialité. S’occuper d’accomplir un sacrifice (remplacé par la prière, en attendant le 3è Beth Hamikdach où les sacrifices seront rétablis) ne suffit pas. Servir H’ par des objets spirituels (sacrifices, prières, étude) est important mais l’essentiel n’est pas encore atteint.

Il reste encore à intégrer en nous cette dimension spirituelle, à pénétrer son être jusqu’à ses dimensions les plus matérielles (alimentation pour le corps). Le service à H’ (le sacrifice, la prière) ne peut pas se contenter d’être extérieur au juif, il doit être digéré (tel l’agneau consommé) de sorte à unir le sujet spirituel à l’objet matériel. D’où l’ordre divin de consommer le sacrifice. C’est là toute la force du juif qui, en plus de raffiner son aspect spirituel par l’étude et la prière, raffine son aspect matériel en observant les 613 mitsvot (ayant toutes une assise matérielle) et en s’engageant dans des activités professionnelles et actions sociales dans le but de remplir la volonté du Saint Béni soit-Il, Créateur des mondes spirituels et matériel.







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