« Etonnant JFK... »

Billet du 27 janvier 2013
publié le lundi 28 janvier 2013
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Jean-François Kahn est décidemment un homme bien surprenant. Il y a quelques années il s’attaquait violemment à Richard Prasquier, le président du Crif qui affirmait, en pleine crise des flottilles de Gaza, que 90% des juifs de France soutenaient l’action de Tsahal à Gaza. Aujourd’hui, dans une tribune dans le « Huffington Post », JFK interpelle le Crif après les élections israéliennes : « Messieurs dames du Crif, parlez ! » Selon le journaliste : « le choix devant lequel se retrouve aujourd’hui cette démocratie, à certains égards exemplaire, - choix qui, ne nous y trompons pas, concerne le monde entier - est redoutable : soit la constitution d’un gouvernement intégrant tous ceux, potentiellement majoritaires, qui entendent libérer Israël de ses démons et du même coup de ses cauchemars qui sont aussi les nôtres, soit le repli sur une coalition dont les intégristes et quelques ultras objectivement fascisants constitueraient la pointe la plus affilée, pour ne pas dire le fer de lance ».

Pour Jean-François Kahn, après ce constat, le judaïsme de diaspora devrait intervenir pour faire pencher la constitution du gouvernement israélien vers un certain équilibre. Soit. JFK d’ajouter : « En France, il y a un organisme qui est censé parler au nom de cette communauté. Ou au moins au nom de ses intérêts. Le Crif. Et que dit-il ? Rien ! Il y a un moment où il faut mettre cartes sur table : accepterait-il la seconde solution ? ».

Quelle position étonnante et inquiétante. Celui qui crie un jour au communautarisme et à l’interventionnisme est le même qui demande aujourd’hui à Richard Prasquier de prendre position et, au fond, de faire pression (au nom de qui et de quoi ?) sur le premier Ministre israélien, rien de moins.

Il ne saurait y avoir deux poids, deux mesures. Rappelons qu’en France il y a un Ambassadeur qui représente Israël. Que ne reproche t-on aux juifs de diaspora de prendre position dans les affaires israéliennes. JFK considère qu’il en va de « l’intérêt » des juifs de France. Mais pourquoi donc cela serait dans notre intérêt que telle ou telle coalition voit demain le jour ? Le terrain est glissant à s’aventurer dans ce type de considération. Serait-ce à dire que la couleur de la coalition du gouvernement israélien définira la qualité de la communauté juive française ? Soutenir Israël ne veut pas dire influer sur sa souveraineté. Israël reste et demeure la seule démocratie dans la région. Les urnes ont parlé et ce n’est pas en vociférant en France que l’on y changera quoique ce soit.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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