« Prochaine étape : le mariage religieux... »

BILLET DU 13 JANVIER 2013
publié le dimanche 13 janvier 2013
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Bonjour,

Les manifestations se succèdent dans le projet de loi du « mariage pour tous ». Un débat, pour autant que celui-ci se tienne, hautement clivant qui ne permet pas d’affirmer qu’une large majorité penche en faveur ou en défaveur du droit accordé aux personnes de même sexe de se marier civilement. Et pourtant, cette loi passera. Elle passera car le candidat Hollande en avait fait un engagement de campagne et que la représentation parlementaire de gauche est majoritaire dans les deux Assemblées. Le judaïsme a fait connaître son opinion dans l’essai du Grand Rabbin Gilles Bernheim jusqu’à inspirer, excusez du peu, le Pape lui-même. Toutefois je maintiens que ce débat n’est pas celui des religieux s’agissant de questions laïques et sociétales. Une opinion peut être exprimée, elle ne doit pas représenter une recommandation.

En vérité, il est un autre débat dont les religieux devront très rapidement s’emparer : celui du mariage religieux pour les personnes de même sexe. Vous pouvez penser que la question est prématurée mais vous verrez qu’elle apparaîtra très rapidement après l’adoption de la loi. Au regard du judaïsme cette hypothèse est tout simplement inenvisageable, notre tradition ayant inclut dans le texte même du mariage le rappel des unions interdites. Pour le Judaïsme la réponse est simple, un mariage religieux ne peut se tenir qu’entre un homme et une femme majeurs, tous deux juifs et non-mariés. Quelques exceptions viennent s’ajouter si l’on considère le statut spécifique du Cohen.

Certains considèreront, à l’instar de nombreux rabbins libéraux dans des pays anglo-saxons, que cette union est licite. Cependant la célébration d’un mariage religieux entre deux personnes de même sexe me semble être dans les limites de ce que la réforme ne devrait pas accepter. Oui la religion comporte de grands et beaux principes d’éthique et de morale qui doivent nous faire accepter et respecter chacun dans sa diversité et dans ses orientations, mais elle est aussi détentrice d’un dogme et d’une doctrine. On ne peut au gré des mouvements de société, même quand ceux-ci semblent représenter une évolution, réformer des lois séculaires dans le simple souci d’être en phase avec le monde dans lequel nous vivons. En d’autres termes, le religieux ne doit pas être une caisse de résonnance au laïc.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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