Devoir de vote...

BILLET DU 22 AVRIL 2012
publié le dimanche 22 avril 2012
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Bonjour,

Un anniversaire est passé inaperçu hier. Le 21 avril 1944, le droit de vote était accordé aux femmes. Il faudra pourtant attendre quatre ans, lors d’élections municipales, pour que ce droit puisse de fait s’exercer. En 1974, l’âge de la majorité passe de 21 ans à 18 ans et permet là encore à des millions de jeunes français de s’exprimer dans les urnes. En 1998, ce n’est pas si loin, les sans domicile fixe peuvent enfin voter, ce droit leur était refusé jusqu’alors. On pourrait penser qu’il existe une certaine automaticité dans le droit de vote qui le rendrait presque banal. C’est pourtant un droit chèrement acquis et le seul moyen républicain de peser sur l’orientation de la vie du pays durant les cinq prochaines années. Ajoutons à cela que le vote d’aujourd’hui est le plus significatif puisqu’il exprime le suffrage universel direct. Le vote n’est pas confié à des grands électeurs mais au peuple.

Tout cela n’empêchera pas, selon toutes probabilités, que le score le plus important ce soir au moment du dépouillement cela sera celui des abstentionnistes. Admettons que cette question de l’abstentionnisme est un grand mystère. Comment peut-on ne pas vouloir prendre part dans une élection présidentielle ? Les dix candidats sont si différents et porteurs de programmes éclectiques qu’il apparaît difficile de ne pas se reconnaître dans des propositions. Si le vote blanc n’a aucune considération en France, étant confondu avec le vote nul, il permet tout de même d’accomplir son devoir civique. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Voter c’est faire partie d’une communauté nationale et d’un destin qui sera le même pour tous quelque soit le candidat élu.

On connaît le proverbe juif repris tant en Yiddish qu’en ladino et dont la traduction serait : « Est-ce que c’est bon pour nous » ? Sous-entendu, est-ce que tel candidat sera plus favorable à la communauté juive qu’un autre ? Il se trouve que certains candidats, disons une bonne moitié, peuvent être éliminés de suite. Pour les autres, on pourra le prêter des intentions favorables sans qu’aucun ne se dégage clairement. En revanche, ce qui n’est pas bon pour nous, nous le savons comme un certain 21 avril 2002, il y a dix ans quasiment jour pour jour. C’est en cela que le vote utile est nécessaire. Le vote utile c’est déjà d’aller voter et de le faire d’une façon à porter notre suffrage vers l’un des « grands candidats », de ceux qui ont une chance raisonnable de figurer au second tour. Mieux vaut voter que regretter.

Shavouah tov et Hodesh tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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