« Le social au cœur du Judaïsme... »

Billet du 6 novembre 2011
publié le samedi 5 novembre 2011
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Bonjour,

Le saviez-vous, l’Institut Léon Askénazi, placé sous l’égide du Fond Social Juif Unifié, organise aujourd’hui de 11h à 17h à l’Espace Rashi - Guy de Rothschild, son cinquième forum sur les métiers du social ? Ces métiers sont nombreux et trouvent leur place au cœur de la communauté juive et bien souvent, cela faisant honneur à ces institutions, au-delà de la communauté. Des métiers qui voient intervenir des cadres de l’intervention sociale, des assistants de service social, des éducateurs spécialisés, des moniteurs éducateurs,
 des éducateurs de jeunes enfants, des auxiliaires de puériculture, des aides médico psychologique, des auxiliaires de vie... Autant de métiers qui répondent à de réels besoins. Pour certains il y aurait un mythe selon lequel la communauté juive française serait épargnée ou moins touchée que les autres par la fragilité, la précarité ou le handicap. Tout cela est bien entendu inexact.

La communauté juive française a toujours su placer la question sociale comme une priorité absolue de l’action commune. Il a fallu prendre en charge les survivants de la Shoah, accueillir les Juifs d’Afrique du Nord, affronter le premier choc pétrolier puis les crises successives. Et toujours des institutions connues sous des initiales : le FSJU, l’OSE, l’OPEJ, le CASIP et tant d’autres. Ces initiales cachent avant tout des hommes et des femmes qui travaillent inlassablement avec une extraordinaire compétence au service de tous. Les « travailleurs communautaires » comme on les appelle souvent sont des personnes qui ont choisi un métier singulier qui est en lui seul une Mitsvah.

Le Judaïsme fait du Tikkoun Olam, la « réparation du monde » une valeur première. Cette idée folle a priori selon laquelle chacun peut contribuer à rétablir un équilibre originel une justice telle que voulue dans le récit de la création, devient une réalité que l’on approche dans l’action sociale. Les métiers sont divers, peu rémunérés et répondent davantage de la vocation que d’un plan de carrière. Il en est de même pour de nombreux Rabbins ou directeurs d’établissements scolaires et autres aumôniers des hôpitaux. La fragilité qui peut toucher chacun d’entre-nous à un moment donné fait partie de l’action quotidienne de tous ces intervenants. Nous connaissons tous des hommes et des femmes qui incarnent cette action sociale et qui nous apprennent plus que toutes les études auxquelles nous pouvons nous livrer. J’ai dans ma vie côtoyé deux types de Maîtres : ceux qui m’ont enseigné avec passion la Torah, le Talmud et la Halakhah et ceux qui par leur action m’ont montré l’exemple exigeant du travail social. Nos érudits et nos travailleurs sociaux représentent les deux piliers du Judaïsme à part égale. Ce forum aujourd’hui est donc important pour susciter des vocations et montrer les possibilités si nombreuses de l’action sociale.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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