« Irène... »

Billet du 28 août 2011
publié le lundi 29 août 2011
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Bonjour,

Irène. Voilà un charmant prénom s’il en est avant que celui-ci ne fût donné à un ouragan qui est en train de s’abattre sur la côte Est des Etats-Unis et qui devrait atteindre New York dans quelques petites heures. C’est la sixième fois depuis 1959 que l’ouragan Irène traverse une partie des Etats-Unis. On pourra s’interroger en marge sur cette habitude de nommer les ouragans et cyclones par des prénoms féminins dans quasiment tous les cas à de très rares exceptions. Et puis ce prénom « Irène » provient étymologiquement du grec signifiant la paix. Autant dire qu’il y a une certaine dose d’ironie qui est peut être de nature à affronter un évènement climatique majeur sur lequel l’homme n’a absolument aucune influence, emprise ou maitrise. Il est assez édifiant de constater que les américains concernés par cet ouragan se barricadent avec des planches de bois abandonnant leurs maisons pour fuir dans des zones moins exposées. Il n’y a pas grand chose d’autre que l’homme puisse faire lorsque les forces de la nature se déchainent.

Dans notre tradition liturgique, en particulier dans l’office du matin lorsque nous nous éveillons, nous reconnaissons que Dieu est le Maître de l’univers régnant sur toutes les forces. Il faudrait donc admettre que toutes les merveilles de la création sont Son œuvre mais également les désastres et autres catastrophes dites naturelles. Le pas est vite fait qui consisterait à penser que lorsqu’un désastre météorologique se déroule, ou une manifestation des forces de la nature comme un séisme, Dieu en serait non seulement à l’origine mais tenterait de délivrer un message ou pire encore sanctionner un groupe d’individus. On pense alors au déluge dans la Torah et de Noé qui est le seul homme à être jugé suffisamment juste pour y échapper et faire vivre l’humanité. On penserait encore à ce qui au fond était un Tsunami par l’ouverture de la Mer Rouge et qui permis aux Enfants d’Israël d’échapper à l’oppresseur égyptien, on penserait encore à Jéricho qui voit ses murs s’effondrer sous la conduite de Josué. On pourrait multiplier les exemples. Ainsi, cette semaine après le bref tremblement de terre qui a secoué New York, un Rabbin américain en a conclu que la terre grondait ainsi comme un signe d’une manifestation divine face à l’homosexualité (sic) ! « L’une des raisons pour lesquelles Dieu fait trembler la terre dans le monde est la transgression de l’homosexualité ». Démonstration stupéfiante et qui ne repose sur aucune exégèse biblique ou talmudique. En réalité ces manifestations climatiques ou géologiques font partie d’un équilibre, parfois douloureux, qui fait que notre terre n’est pas le Gan Eden sinon à quoi bon croire dans cet au-delà idyllique ! Il reste à espérer et à prier qu’Irène parte vite pour que la paix des éléments revienne.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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