Minute de Torah - 25 Mena’hem Av 5771

publié le jeudi 25 août 2011
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B"H

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Au début du Livre Dévarim, H’ définit notre peuple comme "sage et ayant du discernement" (’hakham vénavone). De ce fait, Il nous prescrit de désigner à notre tête des hommes (forts), qui doivent se distinguer par leur sagesse (’hokhmah), leur discernement (bina) et leur connaissance (da’at) -"anachim ’hakhamin ou-névonim vi-dou’im", Dévarim, 1, 13-. Suite à cette demande, H’ nous enjoint, dans la Sidra de ce chabat, Rééh, les règles relatives à la Cacherout, l’une des dernières injonctions divines avant l’étape finale de l’entrée en Terre Sainte.

Quelle est la particularité de l’alimentation Cachère ? Pourquoi est-ce la dernière injonction (avec les lois de la pureté familiale) que H’ nous enjoint de respecter avant l’entrée en Terre sainte ? En quoi cette étape finale, majeure, peut-elle élever le peuple à un rang éligible à la montée en Erèts Israel ?

L’alimentation est un besoin primaire et vital pour l’homme, mais un besoin qui ne le distingue pas a priori du règne animal. Pour sortir de cette emprise, le Juif a le devoir de se sanctifier, en sanctifiant jusqu’à sa nourriture. Il opère une sélection minutieuse en écartant ce qui lui est interdit, en consommant ce qui lui est permis.

Nos maîtres de la ’hassidout expliquent par exemple le cas de la consommation d’un animal ruminant et ayant les sabots fendus. Le caractère de ruminant doit être rapproché de la profondeur que l’homme peut atteindre par sa sagesse (premier qualificatif du peuple), par les allées et venues de sa réflexion. Celui qui se plonge dans l’étude de la Torah, étudie un passage et le révise, et y retourne quelques jours plus tard, finit par affiner sa sagesse, la profondeur de son esprit, tel un esprit qui "rumine" un enseignement. Quant aux sabots fendus, ils connotent le travail de distinction, de discernement entre le bien et le mal, de séparation entre d’un côté ce qui est permis, de l’autre ce qui est interdit. Le Juif affine ainsi la largesse de son esprit, son discernement (deuxième qualificatif du peuple).

Mais la sanctification du peuple juif va bien au-delà de cela. Car s’il doit se sanctifier en s’éloignant de l’interdit, il peut aussi "se sanctifier dans ce qui lui est permis". Comme l’explique l’Admour Hazaquen, ce qui est permis mais n’est accompli que pour son plaisir est totalement mauvais (Tanya Chap. 7). Car il est dit « sanctifie-toi dans ce qui t’est permis ». ("Kadesh ’atsmékha bémoutar lékha", Yébamot, 20a). Il faut donc pénétrer de Sainteté les choses permises en en faisant des instruments de renforcement de la Torah, des Mitsvot, de la crainte de D.ieu et des traits de caractère positifs. Par exemple en repoussant ne serait-ce que d’une minute ou deux l’heure du repas ou du coucher pour étudier un passage de Torah, ou penser à un enseignement de Torah. Or la ’hassidout explique qu’il existe un lien fort entre le passage de l’Exil à la délivrance, et la traversée du désert. Ainsi, quand les Bnei Israel se sanctifient jusqu’aux choses les plus primaires et matérielles de ce monde-ci, alors avec certitude l’ensemble du peuple "sage et ayant du discernement" méritera de monter en Israel prochainement, et véritablement de nos jours.







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