Minute de Torah - 13 Adar I 5771

publié le jeudi 17 février 2011
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B"H

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Dans la sidra de cette semaine, Ki Tissa, nous apprenons qu’après 40 jours et 40 nuits passées au Mont Sinaï avec H’, Moché redescend apporter les Tables de l’Alliance. Il faut bien s’imaginer la situation de Moché, au plus près de la divinité, occupé à s’instruire de la Torah et la retranscrire. Comment réagir en descendant auprès des Bnei Israel, lorsqu’il les voit autour de l’idole du veau d’or ! Moché s’apprête à transmettre le plus beau cadeau de l’histoire à des enfants qui à ce point se rabaisseraient à l’idolâtrie. Comment peut-il dans ces conditions contenir son désarroi, brisant son envie de transmettre les Tables en les brisant elles-mêmes. Un instant plus tard, Moché regrette son acte, mais les Tables sont définitivement brisées, plongeant Moché et tout le peuple avec lui dans la plus grande amertume. La brisure des Tables introduit une telle brisure intérieure, que H’ console Moché Rabbeinou. « Ne sois pas accablé. Les premières Tables ne contenaient que les Dix Paroles, mais celles que je m’apprête à te donner [les secondes] auront une plus grande valeur. Le peuple Juif recevra avec elles les Hala’hot (lois), le Midrash et la Agada, ainsi que toute la Torah orale  ».

Comment comprendre alors que les secondes Tables de la Loi, issues de la brisure, possédaient un caractère supérieur aux premières et furent ainsi «  un double don de sagesse de la Torah » (guemara Nedarim 22b) ?

Pour recevoir la Torah avec toutes ses richesses, avec toute sa profondeur, l’homme doit passer par un stade d’humilité profonde, celle qui le place dans l’état de modestie optimal pour recevoir pleinement de H’. L’humilité est l’un des traits majeurs que l’on connaît de Moché Rabeinou. Ce trait de caractère devait être intégré par les Bnei Israel eux-mêmes. Non pas que la brisure des premières Tables était le seul moyen d’atteindre ce stade d’humilité, mais plutôt que cela a poussé les Bnei Israel à une prise de conscience extrêmement élevée de la gravité de leur situation face au veau d’or. Cette prise de conscience était le pas vers une Téchouva capable de réparer leur acte et préparer la réception de richesses encore plus hautes.

En ’hassidout, on parle là de «  descente pour la nécessité de la montée ». La descente n’est pas recherchée ni même souhaitée, à D.ieu ne plaise. Mais celle-ci, lorsqu’elle débouche sur une prise de conscience forte, et stimule la personne pour à atteindre un niveau d’humilité supérieur d’avant la faute, peut constituer un réceptacle encore plus large pour la bénédiction. De sorte que la personne de bonne volonté, cherchant à faire le meilleur usage de ses facultés intellectuelles et sentimentales, et progresser ainsi dans la Torah et les mitsvot à travers des efforts concrets dans ce sens, pourra connaître le succès le plus large, aussi bien spirituellement que matériellement.







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