« La fête de l’ouverture... »

Billet du 28 novembre 2010
publié le samedi 27 novembre 2010
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Bonjour,

Nous entrons donc dans la semaine qui verra arriver, mercredi soir, la fête de Hanoukka. Nos Maîtres ont retenu, pour célébrer la fête des lumières, cette période hivernale en plein solstice d’hiver. Hanoukka n’est pas une fête que l’on peut dater avec précision. Tout au plus savons-nous que la victoire des Maccabées sur les syriens eut lieu entre 165 et 163 avant l’ère chrétienne. Judah a institué cette fête lors de la réinauguration du Temple. Etait-ce un 25 Kislev ? Nul ne le sait. Mais la période est propice à des réjouissances autour des lumières. Si Hanoukka devait tomber en plein mois d’août cela ôterait probablement beaucoup à la magie de la fête ! A présent que les nuits sont plus longues que les jours, les lumières de la hanoukkia transpercent les ténèbres de la nuit.

Cette fête est merveilleuse, elle est l’exemple d’une réjouissance transgénérationnelle. A l’instar de Pourim, Hanoukka fait des enfants le centre de la fête. A vrai dire on pourrait faire la même remarque pour Souccoth qui implique les enfants dans la construction des cabanes ou encore de Pessah dont le seder est ouvert par le questionnement des plus jeunes ou encore Tou biShevat où on laisse le soin à nos enfants de planter des arbres. Et que dire de Simhat Torah où ceux qui ne sont pas encore Bar Mitsvah portent un petit Sefer Torah factice pour se réjouir avec les plus grands ! Ce qui rend Hanoukka unique c’est cette fierté que nous devons arborer durant huit jours. Nous sortons de nos maisons ou de nos synagogues en allumant des hanoukkiot sur les places publiques. Notre pratique du judaïsme devient ouverte sur la cité, sur les autres : Il y a comme un parfum de prosélytisme. Il ne faut pas s’y méprendre, Hanoukka n’est pas là pour amener vers nous les non-juifs mais pour témoigner de la vivacité de notre peuple en dépit des persécutions et de son histoire tourmentée. C’est un petit peu une « Jewish pride », la fierté d’être ce que nous sommes. Cela revient à dire que notre vie juive n’a pas vocation à être vécue recluse sur notre communauté. Notre vocation prophétique est d’être « une lumière pour les nations ». Il est donc bien naturel que « la fête des lumières » nous rappelle cette exigence. Nous ne pouvons que souhaiter que l’esprit de la fête de Hanoukka nous accompagne durant toute l’année. Si le prosélytisme est exclu de nos principes, le sectarisme l’est tout autant. C’est ce juste milieu qui devrait nous animer. Hanoukka est la fête de l’ouverture alors ne refermons pas la porte après huit jours.

Hag Hanoukka Saméah, bonne fête de Hanoukka,

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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