« A Guit Your »

Billet du 5 septembre 2010
publié le dimanche 5 septembre 2010
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Bonjour,

Nos Maîtres sont des sages ! En décidant d’ouvrir, selon le rite séfarade, l’office de Rosh HaShanah sur la très belle prière du « Akhot Ketana », ils ont décidé d’affirmer une vérité : l’année qui s’ouvre peut et doit être meilleure que la précédente. On attribue le « Akhot Ketana » à Abraham Hazane de Gérone, un Maître espagnol du XIIème siècle. Cette prière qui comporte neuf strophes dont les huit premières se terminent par ce vœu : « Tikhlé shanah vekilelotéah » Que l’année se termine avec ses malédictions. La dernière strophe s’achève elle sur ce souhait, que nous partageons tous, « Tahèl shanah ouvivkhotéa » Que l’année commence avec ses bénédictions. Du bon sens en quelque sorte mais pas seulement, la philosophie du judaïsme s’y trouve résumée.

Etre juif c’est se placer dans l’espérance. Non pas une espérance de l’attente contemplative, mais une espérance de l’action. La providence, selon la définition de la théologie chrétienne habituelle, n’existe pas pour le judaïsme. Dieu ne pourvoit pas à tout. Dieu nous aide dans nos actions, nos résolutions, nos prières. Prier pour que l’année commence avec ses bénédictions n’est pas un vœu pieux c’est une exigence personnelle. Cette année ne peut commencer avec ses bénédictions que si nous nous donnons les moyens qu’il en soit ainsi. Pourtant l’année 5770 ne nous aura pas épargné de ses malédictions malgré nos efforts. Le judaïsme croit dans cette valeur essentielle qu’est le « tikoun olam », littéralement la « réparation du Monde ». Nous pouvons par nos actions, aussi modestes soient-elles, contribuer à rendre ce monde meilleur et conforme à l’idée que Dieu s’en est fait lors de la Création que nous célébrerons dès mercredi soir. N’est-ce pas formidable que de considérer que chacun d’entre-nous, quelle que soit sa place dans la société, peut par ses actions changer le monde ! L’on comprend mieux alors l’exigence de la teshouva, du repentir, qui devient une nécessité. Si je veux changer ce monde je dois d’abord opérer un changement sur moi-même. Je dois me renforcer et purifier pour mon âme pour être le « partenaire de Dieu » comme nous le décrit le Talmud. Au-delà des bonnes résolutions, la période des fêtes de Tishri, qui s’ouvre doit être un moment de transformation. Vouloir n’est pas suffisant. Faire est la condition de cette transformation. La question que nous devrions nous poser aujourd’hui est : que puis-je faire en 5771 que je n’ai pas fait en 5770 et qui me rendra meilleur ?

L’actualité n’est pas seulement celle du journal télévisé de 20 heures. L’actualité est proche de nous. Elle réside dans nos relations aux autres, notre famille, nos collègues, notre communauté, le quartier dans lequel nous vivons. Nous avons tous la possibilité d’être les acteurs de notre actualité, c’est à dire des évènements qui nous entourent. Alors souhaitons que cette année nous soit douce et bonne. Que l’on se souhaite « A guit your » ou « Shanah tovah ».

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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