Le mois d’Eloul

publié le lundi 2 août 2010
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Le mois d’éloul est, selon la Tora, le sixième mois de l’année. Le mois de nissan y est en effet appelé le « premier mois » (Chemoth 12, 2). Mais si on le considère par rapport à Roch hachana, il est le douzième et dernier des mois.

Comme les noms de tous les mois du calendrier hébraïque, le mot éloul est d’origine babylonienne, et il viendrait de l’akkadien « ouloulou ». Il marquerait, dans les écrits de nos Sages (Voir notamment Yoma 29b) les chilhei de-qayta (« fin de la chaleur »). Le signe du zodiaque correspondant au mois d’éloul est celui de la Vierge, concordance qui fait référence au verset : « Retourne, vierge d’Israël, retourne à ces tiennes villes » (Jérémie 31, 20), comme pour marquer que ce mois est essentiellement celui du « retour » vers Hachem par le repentir.

Dans le même esprit, les rabbins ont fait des quatre lettres hébraïques du mot éloul les acronymes de ani le-dodi we-dodi li (« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » - Cantique des cantiques 6, 3), façon de rappeler que ce mois est propice à un rapprochement du peuple d’Israël et de son Créateur.

Signalons également que le Targoum Onqelos traduit le mot « explorèrent » du verset : « Ils montèrent, “explorèrent” le pays, depuis le désert de Tsin jusqu’à Re‘hov, à Lavo-‘Hamath » (Bamidbar 13, 21) par we-élilou, mot qui n’est pas sans ressembler à éloul et qui peut signifier « chercher ». On trouve par conséquent dans le nom de ce mois une idée d’introspection et de retour sur soi, le repentir étant essentiellement une recherche et une renaissance.

C’est le livre de Néhémie qui, pour la seule fois dans le Tanakh, contient le mot éloul : « Et la muraille [de la Jérusalem reconstruite] fut achevée le vingt-cinquième jour du mois d’éloul, en cinquante-deux jours » (6, 15).

La tradition talmudique énumère trois événements qui se sont produits pendant le mois d’éloul :

-  C’est le 1er éloul que Moïse est remonté sur le Mont Sinaï pour y recevoir les secondes Tables de la loi, et il en est descendu quarante jours plus tard, le jour de Yom kippour. C’est cette période qui, depuis lors, est considérée par nos Sages comme la plus propice à notre élévation spirituelle.

-  Selon Rabbi Eliézèr, contrairement à Rabbi Yehochou‘a qui situe cet événement en nissan, c’est en tichri que l’univers a été créé (Roch hachana 11a). Il s’ensuit, si l’on considère que notre Roch hachana marque l’anniversaire du premier homme et de la première femme, que le premier jour de la « Création » s’est situé le 25 éloul.

-  C’est le 17 éloul que sont morts les explorateurs qui avaient calomnié Erets Yisraël (Bamidbar 14, 37). Ils avaient présenté leur rapport le 8 av, et Hachem était resté en colère pendant quarante jours, autant qu’avait duré leur mission. Le 17 éloul a donc été le jour de leur mort (Séfèr ha-toda‘a, chapitre 35).

Le Ba‘al chèm tov appelait les jours d’éloul ceux « où le roi est dans le champ », image qu’il expliquait par une parabole :

Quand un des sujets d’un roi veut être reçu par son souverain, il lui faut franchir de nombreux obstacles : faire une demande, se déplacer jusqu’à la capitale, etc. Et même une fois obtenue la permission de pénétrer dans le palais royal, il doit souvent attendre de longues heures avant d’être reçu. Une fois devant le roi, le temps lui est mesuré, tant et si bien qu’il peut, dans son émoi, oublier la requête qu’il voulait lui présenter. Une fois par an, cependant, le roi part en tournée dans les différentes régions de son royaume, et son arrivée dans chaque ville est, bien entendu, annoncée à l’avance, et le peuple est invité à se presser à sa rencontre pour l’accueillir.

De la même façon, Hachem se rend plus accessible pendant le mois d’éloul. A nous de faire l’effort de L’accueillir.







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