Discours de M. Dominique de VILLEPIN

à l’Hôtel King David (Jérusalem, Dimanche 25 mai 2003)
publié le lundi 9 juin 2003
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Visite en Israël

Discours de M. Dominique de VILLEPIN,

Ministre des Affaires étrangères

à l’Hôtel King David

(Jérusalem, Dimanche 25 mai 2003)


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Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux d’être parmi vous, ici dans cette ville de Jérusalem, que je retrouve avec une grande émotion. Et je vous remercie pour votre accueil.

Une fois de plus le Moyen-Orient vient de connaître l’épreuve d’une guerre, une fois de plus nous sommes confrontés au terrorisme et à l’intégrisme, toujours à la haine et à l’intolérance : c’est un immense défi, que nous devons relever ensemble. Nous le voyons bien : l’insécurité crée l’urgence, crée l’exigence.

Et au-delà des circonstances, le rendez-vous entre nos deux nations est dicté par une ambition commune. C’est pour cela que nous devons donner un élan, un nouvel élan à nos relations. Recréons la confiance, développons l’échange, le dialogue et la coopération et ce dans tous les domaines où israéliens et français aspirent à faire fructifier leur héritage, à mobiliser leur énergie pour construire l’avenir : l’art, la science, la culture, la recherche.

Terre chargée d’histoire, Israël est un pays moderne, témoignant de sa créativité, de sa victoire sur l’adversité, mais aussi de son aptitude à transmettre les valeurs que son peuple véhicule depuis toujours. Une démocratie vivante, une mosaïque de cultures, riche d’une capacité économique et technologique de premier plan, de grande densité, la plus grande densité de scientifiques au monde.

* *

Berceau du peuple juif, Israël est devenu son refuge et sa patrie après des siècles de dispersion marqués par les plus grandes souffrances. Vous en avez gardé, avec raison, le devoir d’inquiétude et de vigilance. Ceux qui ont construit l’Etat d’Israël ont fait le serment que jamais plus les Juifs ne seraient livrés aux forces aveugles de la haine et de la barbarie. Votre pays témoigne aujourd’hui de cet engagement. Rappelons-nous les propos d’André Malraux : "Israël porte sur son visage le plus ancien passé du monde et l’Etat d’Israël n’est que le plus récent chapitre de l’histoire d’Israël ".

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C’est chez vous, en juin 2002, que j’ai effectué l’un de mes premiers déplacements. J’y reviens aujourd’hui avec deux objectifs : imprimer une nouvelle dynamique à la relation franco-israélienne ; marquer ma conviction que la nouvelle chance qui est donnée à la paix peut et doit être saisie.

La France entretient avec votre pays une relation passionnée, et parfois même passionnelle, fondée sur des liens profonds, marquée par des moments forts, certains heureux, d’autres tragiques, éclairée par tant de nos compatriotes. Enrichie, enfin, par les liens multiples qui existent aujourd’hui entre nos peuples.

Il s’agit là de plus de deux siècles d’histoire universelle, commençant avec une double rencontre : celle de la Haskala juive et des Lumières européennes, et surtout celle de la France de 1789 et de l’Emancipation, à partir de laquelle s’est forgée la modernité juive. Léon Blum le rappelait : " L’émancipation des Juifs a été l’un des piliers de la mise en application réelle, immédiate, des idéaux de la Révolution française. La naissance du Juif moderne - avec sa dignité de citoyen et son intégrité d’homme libre - est venue de cette grande accoucheuse de libertés que fut la Révolution".

Emancipation individuelle, dont l’abbé Grégoire fut le maître d’œuvre intellectuel, mais aussi émancipation collective avec la création du premier Consistoire par Napoléon Bonaparte. Une nouvelle ère s’était ouverte avec la Déclaration des Droits de l’Homme, qui appelait à la reconnaissance de tous les citoyens et les unissait dans la même universalité. Ce sont ces principes, proclamés par la Révolution, qui furent portés sur le pourtour méditerranéen par la première association francophone internationale dans l’Histoire, l’Alliance Israélite Universelle, véhiculant un message d’ouverture et de partage, et enseignant dès sa création les valeurs de la République aux futurs citoyens de l’Etat juif.

Aujourd’hui, portés par cette histoire, nous devons réfléchir ensemble à la manière de construire l’avenir. Car dans le cœur des Français, votre peuple éveille de vives résonances : celle de la tragédie, celle de la capacité créatrice, celle d’un devoir de paix partagée. La Shoah appartient à votre histoire, à notre histoire, à celle de toute l’humanité. En me rendant il y a un an au mémorial du Yad Vashem, je me suis incliné devant l’immensité de la souffrance et de l’horreur vécue. La France, par la voix du Président de la République dans son discours du Vel d’Hiv en 1995, a reconnu la responsabilité de l’Etat français dans le drame de la déportation des juifs de France. Il l’a encore rappelé il y a quelques jours : la France est " à jamais inconsolable " de cette " faute inexpiable ".

La volonté de notre pays de rétablir la justice a amené le gouvernement français à créer la Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France, puis à appliquer ses recommandations : en particulier la création de la Commission d’Indemnisation des Victimes de Spoliations, et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Le préjudice moral reste imprescriptible. Tous ces noms, toutes ces âmes du martyre rappellent chaque jour à notre conscience la part obscure qui se tapit en tout homme. Ils rappellent à la France et à l’Europe leur devoir de paix et de tolérance, leur devoir de mémoire devant un drame dont jamais le souvenir ne devra être banalisé. Et si la France et l’Europe portent en elle depuis toujours la marque créatrice du peuple et de l’identité juive, elles n’oublient pas aujourd’hui, après cinquante années d’efforts pour construire un espace de paix et de partage, qu’elles doivent en grande partie l’énergie d’accomplir ce devoir au rejet absolu de l’horreur et de la barbarie qu’a du subir le peuple juif.

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Chers amis,

Entre la France et Israël, entre les Français et le peuple juif, il y a une relation du cœur. En pleine affaire Dreyfus, le père d’Emmanuel Levinas ne rappelait-il pas, paradoxalement, " qu’un pays où l’on se déchire à propos du sort d’un petit capitaine juif est un pays où il faut aller " ?

Très tôt, la France a compris la vigueur du mouvement qui entraînait l’immigration de Juifs venus de toute l’Europe vers la Palestine mandataire. Très tôt, elle a reconnu le miracle de la renaissance de la langue hébraïque après vingt siècles d’absence. D’une certaine manière, elle en fut même le berceau, comme le raconte Eliezer Ben Yehouda, le fondateur de l’hébreu moderne : " c’est dans une des rues de Paris, dans un café du boulevard Montmartre, que je me mis à parler l’hébreu, pour la première fois, avec un de mes amis, assis à une table ronde où étaient servies deux tasses de café noir ". C’est bien au cœur de Paris que votre langue a resurgi de ses longues années de sommeil, et au-delà de l’anecdote, comment ne pas y voir le signe d’un avenir à construire ensemble ?

La France et le peuple juif, c’est deux histoires qui se croisent et se répondent. D’un côté, le premier grand monothéisme, fondant les règles d’une morale universelle. De l’autre, le pays des droits de l’homme, des idéaux des Lumières, une France reconnaissant dès l’origine la vocation spirituelle du peuple juif. Ces deux pensées universelles sont aujourd’hui indissociables, tant elles se doivent l’une à l’autre.

Je garde la mémoire de tous les Juifs de France qui ont marché vers la mort ; nous nous souvenons aussi des justes français qui se sont mobilisés pour sauver tant de vies. Marqué par le souvenir des années noires, le peuple français s’est mobilisé pour la création de l’Etat d’Israël. La France a défendu votre place à part entière dans la communauté des Nations. Elle a été l’une des premières à reconnaître l’Etat d’Israël et à lui apporter un soutien résolu lors des années les plus difficiles de cette renaissance. Nous avons en commun d’immenses atouts, que nous devons utiliser davantage.

D’abord, la communauté francophone d’Israël, qui tisse un lien si fort entre nos deux sociétés. Israël, second pays francophone du Proche-Orient, a vocation à adhérer à l’Organisation internationale de la Francophonie. Nous souhaitons plus que jamais, comme l’avait souligné le Président de la République ici même en octobre 1996 au Président Weizmann, qu’Israël soit admis dès que possible au sein de cette Organisation.

Ensuite, la communauté juive de France, qui est une chance pour la France. Elle est la deuxième dans le monde en dehors d’Israël, et joue un rôle majeur dans notre pays. La France ne serait pas ce qu’elle est sans Marcel Proust, Léon Blum, René Cassin, Albert Cohen et tant d’autres, aujourd’hui comme hier. Nous gardons le souvenir de ce lignage. Ces Français, fortement attachés au génie du judaïsme puis à Israël, tissent un lien privilégié entre nos deux pays. Je leur renouvelle ma reconnaissance et mon engagement attentif face aux inacceptables provocations de certains afin qu’ils puissent pleinement vivre et s’épanouir au sein de notre République. L’antisémitisme est intolérable. Le peuple français et le gouvernement sont mobilisés pour le combattre sous toutes ses formes.

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Il nous appartient de donner un souffle nouveau à nos relations. Ensemble, convaincus qu’il ne faut pas laisser s’éroder la relation entre nos deux pays, nous avons eu à cœur de la restaurer. Je me souviens de l’entretien pour lancer cette idée que j’ai eu avec mon ami Shimon Péres. Je le salue. La France constitue l’un des principaux fournisseurs d’Israël, son troisième partenaire au plan scientifique et le seul pays européen à déployer une présence culturelle dans tout votre pays avec nos centres de Haïfa, Beer Sheva et Nazareth. Notre pays est aussi votre deuxième destination touristique. Et l’Europe constitue aujourd’hui votre premier partenaire commercial.

Nos liens sont intenses et ne demandent qu’à s’épanouir, à se diversifier. Nous avons désigné du côté français le Professeur David Khayat, éminent cancérologue, grand homme que j’estime et que je salue, présent parmi nous, pour faire des propositions audacieuses. Je me réjouis que vous veniez de nommer M. Yéhuda Lancry, ancien Ambassadeur en France et haute personnalité culturelle comme co-président israélien. Sachez que je veillerai à ce que les conclusions des travaux de ce groupe soient appliquées.

Dans ce cadre, de part et d’autre, des projets ambitieux ont été préparés dans tous les domaines, du dialogue politique à la coopération scientifique, commerciale, culturelle et universitaire. Et permettez-moi de vous annoncer, pour souligner notre engagement et notre confiance, que la France bâtira à Tel Aviv, haut lieu de la création contemporaine dans le monde, un nouvel institut français, à la mesure de la vitalité culturelle de nos deux pays. Espace de rencontre et d’échange où pourront débattre intellectuels, artistes et hommes de science français et israéliens, il aura vocation à devenir un foyer de rayonnement pour la culture française comme pour la francophonie.

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Relançons également notre dialogue politique dans tous les domaines : sécurité, lutte contre la prolifération et le terrorisme, gestion des conflits. Face aux nouvelles menaces, nous avons le devoir de travailler ensemble, avec toute la communauté internationale. Le peuple israélien, qui est durement frappé par le terrorisme, connaît cette exigence. Nous comprenons ce que ressentent les Israéliens depuis de trop longs mois, depuis des années. La menace du terrorisme hante ici chaque famille. Le sentiment d’insécurité avive une angoisse permanente. L’horreur des attentats nous révolte, comme elle vous révolte. La France condamne tous les actes terroristes. Elle lutte sans merci, avec tous ses partenaires de la communauté internationale, contre ce fléau.

La France n’a jamais transigé sur la sécurité de votre pays. Israël a droit à une sécurité pleine et entière. Cela passe par la construction d’une paix fondée sur la justice. C’est le sens de l’engagement de la France au Proche-Orient. Nous comprenons qu’Israël mette au premier plan de ses préoccupations la sécurité de ses concitoyens, et nous serons toujours à ses côtés contre le fanatisme, contre la haine et la violence. C’est précisément pour cela que nous ne devons pas laisser la logique de l’affrontement l’emporter sur la volonté de réconciliation, à un moment où se dessine peut-être la perspective d’une nouvelle chance.

La paix, en effet, se construira dans le respect des identités et des droits des peuples. Le droit du peuple israélien à vivre en pleine sécurité dans des frontières sûres et reconnues. Le droit à s’intégrer dans son environnement régional et à être reconnu par tous. Vos voisins, peu à peu, le reconnaissent, à la suite des Egyptiens, courageux pionniers de la paix, en 1978, puis des Jordaniens en 1994.

Ce droit absolu s’impose désormais comme une nécessité dans la région. Tous les Etats arabes, par la résolution du Sommet de Beyrouth de mars 2002, ont proposé une normalisation des relations avec Israël dès lors que les territoires occupés seraient évacués. Cela signifie qu’il n’y a plus aujourd’hui de vraie contestation portant sur l’existence d’Israël dans ses frontières internationalement reconnues, et si contestation il devait y avoir, elle rencontrerait l’opposition résolue de la France.

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Aujourd’hui, le statu quo n’est plus possible. Le conflit israélo-palestinien est devenu un symbole des fractures du monde. L’impasse alimente les frustrations, détournées par le terrorisme international qui radicalise les peurs de chacun. Elle renforce le sentiment d’injustice, contre lequel nous devons lutter. Car la justice est une : elle ne se divise pas.

Comment casser cet engrenage ? Depuis près de trois ans, la notion même de processus de paix paraît avoir disparu. Un nombre croissant d’Israéliens, désespérés par les attentats, semblent convaincus qu’une paix négociée avec les Palestiniens est impossible. La légitime sécurité à laquelle a droit le peuple d’Israël apparaît comme la priorité absolue, mais toujours hors d’atteinte.

A lui seul, l’objectif de la sécurité ne permet pas d’assurer la paix. Sans perspective politique, il attise la violence. La réoccupation de la Cisjordanie, le couvre-feu, les opérations "ciblées" qui touchent bien souvent des innocents, les destructions de maisons, les expropriations peuvent-ils être des garanties de sécurité pour les Israéliens ?

Interrogeons-nous aussi sur le sens de l’histoire. C’est en apportant des réponses politiques, en recherchant une paix juste et durable que des seuils seront franchis. Je comprends vos doutes. Comment en effet envisager des concessions lorsque les bombes explosent dans vos autobus, devant vos écoles ?

Mais c’est aussi dans la force de nos démocraties, dans la sagesse de nos cultures, dans l’exigence de nos peuples que nous pouvons trouver les réponses. Quel peuple plus que le vôtre, qui a tant connu l’injustice, la répression, l’exclusion, peut comprendre les sentiments éprouvés par le peuple palestinien ?

Nous devons arracher cette région au vertige qui l’étreint. La France souhaite un Etat d’Israël pleinement intégré dans son environnement, vivant en paix et en totale sécurité, échangeant avec ses voisins. Je le dis avec amitié et conviction : cela ne sera pas possible sans des choix courageux, des compromis, des ouvertures.

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Votre Etat, après cinquante ans d’hostilité et de guerres, voit sa légitimité s’affirmer auprès de ses voisins. Il reste un pas à franchir et c’est parce que vous êtes forts que vous pouvez le faire. Ce pas, c’est le respect du principe de l’échange des territoires contre la paix. Et la paix peut être conclue avec les Palestiniens comme avec les Syriens et les Libanais.

Ce pas accompli, avec toutes les garanties internationales nécessaires, y compris celles de la France, vous pourrez enfin vivre dans la sécurité et la tranquillité, oublier l’angoisse de la violence et obtenir la pleine reconnaissance de votre présence au Moyen Orient.

Il y a aujourd’hui une nouvelle chance pour la paix : un plan proposé par le Quartet qui réunit l’Europe, les Etats-Unis, la Russie et les Nations Unies. Il prévoit un calendrier menant en trois ans à la création d’un Etat palestinien avec un Etat d’Israël pleinement reconnu par ses voisins et intégré dans la région. Il faut que le plan du Quartet soit mis en œuvre de bonne foi par toutes les parties. Les Palestiniens l’ont accepté. Israël a pris aujourd’hui une décision très importante. Il est maintenant urgent que chacun s’engage dans la mise en œuvre intégrale de ce plan. L’acceptation de la feuille de route ouvre une nouvelle page pour la région. C’est une chance majeure sur le chemin de la paix. Confortons le mouvement. Faisons de la paix un chemin irréversible.

Un nouvel échec ferait de la feuille de route une feuille morte et ôterait tout espoir à cette région, livrée à toujours plus de violence, de répression, de sacrifices. L’alternative à la feuille de route, ce n’est pas le statu quo, mais le gouffre.

La France et l’Union européenne sont prêtes à s’engager et à travailler avec les parties pour ramener la confiance, pour accompagner jour après jour la mise en œuvre de cette feuille de route. C’est pour cela que j’ai présenté dans un discours au Caire cinq étapes pour accompagner et soutenir l’application de ce plan de paix. J’ai notamment plaidé pour que la conférence internationale qu’il prévoit se tienne dès le début du processus, et pour un arrêt immédiat et simultané des violences. Tous les pères de la feuille de route doivent prendre leurs responsabilités pour sa mise en œuvre. Ensemble, nous devons mettre en place le mécanisme de supervision, tel que le Quartet en a dressé les contours, pour accompagner l’application de ce plan.

Pourquoi attendre encore, en craignant à chaque instant l’inéluctable ou l’irréparable, quand la paix est à bâtir tous les jours, en soi et autour de soi ? Car la paix, comme la justice, ne se divise pas. Pensons à ce qu’elle signifierait : ne serait-ce pas l’espoir et l’horizon rendus à chacun ? Le quotidien restauré dans sa légèreté, son insouciance, ses mille projets ordinaires et extraordinaires, l’avenir gravé dans les consciences. Israël bénéficierait au premier chef d’une dynamique de développement de la région. Déjà, des perspectives s’ouvrent avec le processus euro-méditerranéen de Barcelone. Ce dialogue, auquel Israël participe depuis l’origine, me donnera l’occasion de retrouver mon homologue israélien Silvan Shalom après-demain en Crète. Il est précieux, parce qu’il reste aujourd’hui le seul cadre qui réunisse Israël et les pays des deux rives de la Méditerranée.

Ne nous voilons pas la face. Dans un contexte tragique, le choix de la paix est toujours difficile. Nous le savons tous : les peuples qui se battent pour leurs droits ne renoncent pas. Vous le savez mieux que quiconque. Soyons audacieux dans la recherche d’une paix globale. Sur le volet syrien, la France souhaite que les négociations, qui s’étaient interrompues près du but, reprennent enfin.

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Chers amis,

Ici même, à Jérusalem en 1805, Chateaubriand fut saisi d’admiration pour la communauté juive, toujours vivante, toujours fidèle à son histoire, quand tant de grandes civilisations ont été englouties par les siècles, de la Perse à la Grèce d’Alexandre ou à l’Empire romain. " Si quelque chose parmi les nations, écrivit-il, porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. "

Ce miracle vous appartient. Chaque jour, il vous tient à cœur de le renouveler, et la France sera toujours à vos côtés pour entretenir cette lumière venue du fond des âges, pour tenir ce cap exigeant dans les grands tournants de l’histoire.

Aujourd’hui ce cap est celui de la paix avec le peuple palestinien. Ensemble, nous devons ouvrir une nouvelle page de l’histoire. Israël terre longtemps rêvée, un temps perdue, aujourd’hui retrouvée, connaît encore le trouble et l’inquiétude. La véritable victoire de votre peuple sera celle de la paix dans une région qui aspire à devenir sereine, celle de l’humanisme que vous portez au plus profond de votre identité depuis toujours.

Je vous remercie./.



David Levy
webmaster




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