Minute de Torah - 21 Sivan 5770

publié le jeudi 3 juin 2010
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B"H

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La sidra de cette semaine, Chela’h Lekha, marque un tournant dans la traversée du désert : les Bnei Israel, emmenés par Moche Rabbeinou, arrivent à proximité de la Terre Promise. Des explorateurs, princes du peuple, sont envoyés en éclaireurs, pour constater la nature de la Terre que H’ leur réserve. Mais à ce moment de l’histoire, une réaction stupéfiante de la part de certains explorateurs répand le doute au sein du peuple juif. Certains explorateurs se mettent à critiquer la Terre et laissent entendre qu’il vaudrait mieux ne pas y entrer.

Comment se peut-il qu’un peuple, goûtant enfin à la liberté après de terribles années d’esclavage, hésite à prendre possession de la Terre qui depuis la création du Monde leur était destinée ? Il est très difficile de croire qu’il s’agirait de la crainte de combattre les peuples qui y habitent alors qu’ils ont l’appui de D.ieu pour cela, qui les a bien aidés à défaire jusque l’armée de Pharaon quelques semaines plus tôt. Qu’est-ce qui pouvait donc inciter le peuple d’Israel à préférer le nomadisme prolongé à l’entrée en Terre Sainte ?

Les écrits de ’hassidout apportent un éclairage très intéressant pour expliquer ce paradoxe : en réalité, les Bnei Israel étaient tant épris de spiritualité qu’ils ne concevaient pas de quitter le désert pour le travail d’une terre à aménager. Car dans le désert, leur situation était enviable : ils recevaient la manne du ciel, nourriture que les mains les plus entraînées seraient incapables de reproduire ; l’inépuisable puits miraculeux de Myriam les accompagnait à tout endroit auquel ils se rendaient (ce réservoir d’eau faisait également office de bain rituel purificateur) ; et les nuées protectrices dues au mérite de Aharon haCohen illuminaient leur chemin, les protégeaient constamment contre tout climat hostile ou agression, et les baignaient dans une sainte atmosphère.

Pourtant la volonté de H’ n’est pas de se complaire dans un paradis spirituel sans lien avec la Terre. Au contraire, le but ultime de la descente de notre âme dans un corps matériel sur terre, est de préparer ici-bas, une demeure pour H’. Pour cela, il faut raffiner et illuminer la matière par les Mitsvot et la Torah, ce qui inclut aussi les préoccupations matérielles qui y sont liées.







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