Les idiots utiles de J Call

Par Guy Millière en exclusivité pour drzz.info
publié le dimanche 9 mai 2010
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Le 3 mai prochain, sera organisée, à Bruxelles, une soirée destinée au lancement de J-Call, « l’appel à la raison des juifs européens ». Y participeront des gens qui s’égarent gravement, et qui s’apprêtent à occuper la position des « idiots utiles ». S’ils persistent, je devrai considérer qu’il s’agit d’idiots utiles consentants et sachant ce qu’ils font.

De quoi s’agit-il ? Sous prétexte d’un appel à la « paix », de déstabiliser le gouvernement d’Israël, et, dans un moment où Israël est l’objet de pressions sans précédents exercées non plus seulement par l’Union Européenne, mais par l’administration la plus anti-israélienne que les Etats-Unis aient connu depuis 1948, d’ajouter aux pressions existantes celles de juifs européens se prétendant « amis d’Israël », mais se comportant étrangement, et, au delà, de diviser ceux qui soutiennent Israël, et de semer la confusion.

Au centre de cet appel, il y a un texte, qui relève de bien davantage que l’aveuglement volontaire et qui fait penser au morceau de papier que Chamberlain a brandi à son retour de Münich, en 1938, en parlant de « paix dans l’honneur » : six semaines avant la « nuit de cristal ».

Derrière cet appel, il y a une organisation américaine qui se prétend être une « nouvelle organisation juive de soutien à Israël », et qu’Alan Dershowitz, qui a soutenu Obama avant de découvrir qu’il avait affaire à un imposteur, a appelé, à juste titre, « le lobby anti-israélien ».

Je regrette profondément de voir figurer, parmi les noms des signataires de l’appel, des gens pour qui j’ai, a priori, de l’estime. Je veux penser qu’ils ont été trompés, qu’ils s’en apercevront vite, et cesseront de cautionner ce qui ne peut l’être par des gens estimables.

Je ne peux, en tout cas, rester silencieux vis-à-vis de ce que je considère comme une action néfaste et perverse en un moment particulièrement mal choisi. Je reviendrai sur le vrai visage de J Street, qui doit être mis au jour.

J’ajouterai ici seulement quelques points, qui constituent une réponse au texte :

-  Israël fait partie de l’identité de tous les êtres humains qui discernent ce que le peuple juif et le judaïsme ont apporté à la civilisation. L’avenir et la sécurité d’Israël devraient et doivent concerner tous les êtres humains attachés à la démocratie, aux droits humains, à la liberté et à la dignité.

-  l’existence d’Israël est mise en danger non pas par les actions d’Israël et de son gouvernement, qui se contente d’assurer la sécurité du peuple israélien et le fait de manière strictement défensive, mais par la haine sans répit que lui vouent des ennemis imprégnés de racisme, d’esprit totalitaire et de volontés exterminationnistes. Ce danger se trouve renforcé par tous ceux qui, plutôt que de dénoncer les discours islamo-fascistes du gouvernement iranien, du Hezbollah, du Hamas et, le plus souvent, des dirigeants de l’Autorité Palestinienne, passent rapidement sur ces discours pour se joindre au chœur de ceux qui condamnent arbitrairement Israël et son gouvernement. L’existence d’Israël se trouve particulièrement mise en danger lorsque des « amis » d’Israël reprennent le mot d’ « occupation » : arrive-t-il à ces « amis » de se demander pourquoi ils sont contre l’épuration ethnique partout ailleurs sur terre, mais en faveur de l’épuration ethnique dès lors qu’il s’agit des terres « palestiniennes » qui, semble-t-il, sont « occupées » dès lors que des juifs entendent y vivre (et sans doute libres lorsqu’elles sont pures de toute présence juive).

-  l’avenir d’Israël passe par une paix qui remplirait des conditions permettant une paix véritable. Une paix n’est pas possible avec des organisations terroristes qui prônent la destruction et la « lutte armée », et non la coexistence pacifique. Elle n’est pas possible avec des gens qui honorent des assassins tels Dahlia Moghrabi et les appellent non pas assassins, mais « martyrs ». Elle n’est pas possible avec l’éducation que reçoivent les enfants de Gaza sous la coupe du Hamas, et les enfants relevant de l’Autorité Palestinienne. Le slogan « deux Etats pour deux peuples » est vide de sens et digne de ceux élaborés autrefois par la propagande stalinienne : ce qui manque dans ce slogan est la nature des Etats en question et les aspirations des peuples en question, auxquelles contribuent, outre l‘éducation, les réseaux d’information. Un Etat démocratique à côté d’un Etat voyou nouvellement créé, cela ne crée pas la paix, mais la guerre sous un autre nom. Un peuple voulant la paix à côté d’un peuple à qui on inculque une haine antisémite sanguinaire et à qui on accorde des aides financières sans exiger que cesse l’inculcation, cela ne crée par la paix non plus.

-  L’avenir d’Israël passe par le fait que des gens qui se prétendent « amis d’Israël » cessent de colporter des mensonges démographiques (les juifs ne risquent pas d’être minoritaires dans leur propre pays, sauf si on reprend les statistiques palestiniennes, qui sont aussi fiables que ceux des plans quinquennaux soviétiques et si on accepte un « droit au retour » qui, lui-même repose sur des bases aussi fausses qu’un plan quinquennal soviétique), et cessent de stigmatiser Israël comme le font de vulgaires antisémites en parlant de « déshonneur israélien », mais jamais du déshonneur que constitue le fait pour les dirigeants du « deuxième peuple » de pratiquer sans cesse le double discours, l’incitation et l’exaltation de la violence, et le recours massif à la corruption et à des pratiques dictatoriales.

-  une paix véritable implique non pas une « pression » exercée sur « deux parties », mais que les conditions d’une paix véritable soient remplies. Etablir une équivalence entre un gouvernement démocratique et un peuple qui veut la paix véritable, d’un côté, et d’un autre côté un gouvernement voyou et un peuple incité à la haine et au meurtre équivaut à ignorer volontairement qu’un gouvernement voyou et un peuple incité à la haine et au meurtre ne sont susceptible de céder à aucune pression, sauf si on leur fait comprendre les conséquences de leur attitude, et à vouloir exercer des pressions sur le gouvernement démocratique et le peuple qui veut la paix véritable aux fins d’espérer vainement apaiser la partie adverse et de permettre à celle-ci d’avancer vers ses fins criminelles.

-  un « règlement raisonnable » n’est possible qu’avec des gens raisonnables : reconduire des fanatiques assoiffés de sang à la raison ne peut se faire rapidement, et implique, en préalable, de montrer qu’on ne cède rien au fanatisme et à la soif de sang des fanatiques. Ce qui peut reprendre rapidement si on cède au fanatisme et à la soif de sang des fanatiques, ce ne peut être que le bain de sang : ce qu’aucun gouvernement israélien, aucun citoyen israélien, aucun véritable ami d’Israël, ne pourrait concevoir comme un « règlement raisonnable ».

-  respecter la souveraineté du peuple israélien implique de le laisser effectivement exercer sa souveraineté, et non pas de tenter, de manière méprisante et condescendante, de lui suggérer que ce sont des intellectuels de gauche européen qui, depuis leur bibliothèque et leur bureau, vont concevoir la « bonne décision ». Penser que des intellectuels de la gauche européenne bien pensante savent mieux que le gouvernement d’Israël ce que sont les « intérêts véritables d’Israël » excède le mépris et la condescendance, et atteint le degré suprême de la cuistrerie. Israël est une société démocratique et doit être traité comme une société démocratique. Israël est un état de Droit, et doit être traité comme tel.

-  la survie d’Israël ne dépend pas de la création d’un Etat confié à l’Autorité Palestinienne et au Hamas, mais de la défaite de l’islam radical et d’un retour à la vérité historique et politique. Un Etat palestinien existe déjà et s’appelle la Jordanie. Un deuxième Etat palestinien ne serait souverain et viable que s’il reposait, au préalable, sur un changement de régime dans l’ensemble des territoires régis par des arabes Palestiniens. Dans les conditions actuelles, il ne serait ni souverain ni viable, mais soumis à l’islam radical, et base d’attaques terroristes et d’actes de guerre, selon un modèle qui existe déjà, Gaza. Qui veut créer un deuxième Gaza autour de Ramallah ?

-  de vrais amis d’Israël ne peuvent ignorer ni l’islam radical, ni la vérité historique et politique. Ils ne peuvent ignorer ce qui s’est passé et se passe encore à Gaza. Ils ne peuvent passer sous silence ce qu’incarne le Hamas et la menace très concrète que l’Iran fait peser sur l’ensemble de la région.

Il est consternant de voir qu’en une période difficile, Israël doit faire face non seulement à des ennemis déclarés, à de faux amis tels que les gouvernements européens et la présente administration américaine, mais aussi à d’autres faux amis qui avancent sous le masque de l’appartenance au monde juif pour se livrer à des manœuvres qui les disqualifient moralement.

Il importe plus que jamais que les vrais amis d’Israël se fassent entendre, rétablissent la vérité historique et politique, et expliquent ce qu’est réellement la société israélienne, ce qu’est vraiment la menace islamiste radicale, que l’amitié pour Israël implique un respect pour la démocratie et l’état de Droit israéliens, et qu’une amitié pour les populations arabes palestiniennes impliquerait d’emblée de dire que l’incitation et l’exaltation de la violence , ainsi que les pratiques dictatoriales, sont, tout autant que le terrorisme, absolument inacceptables.







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