« Pessah : Une fête pétrie de symboles... »

BILLET DU 28 MARS 2010
publié le dimanche 28 mars 2010
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Bonjour,

Nous sommes déjà entrés dans la fête de Pessah ! J’ai conscience, à travers une telle affirmation, de perturber les fideles auditeurs tôt un dimanche matin, mais cela est une réalité : le temps de la fête a déjà commencé.

Assurément, c’est demain soir que nous entrerons dans le premier jour de Pessah, mais comment ne pas considérer cette journée durant laquelle nous devrons avoir achevé la recherche et finalement la destruction du hametz comme partie intégrante de l’ensemble des 7 jours de Pessah. Les heures sont comptées en cette longue journée pour se débarrasser de toutes choses levées et préparer les deux sédarim.

Il y a quelque chose de remarquable dans cette frénésie et cette obsession à chercher le hametz pour le faire disparaitre. La Torah prévoit que quiconque en possédera ou en consommera durant la fête sera retranché du peuple Juif. Autant dire la sanction, avant la mort, la plus sévère. On pourrait considérer que les règles relatives à Pessah devraient s’inscrire dans la même logique que la cacherout que j’appellerai ordinaire, celle qui prévaut durant toute l’année. Le retranchement de la communauté n’est pas prévu pour un Juif qui ne mangerait pas casher. Mais là, les choses sont différentes dans la mesure où, le hametz se trouve investi d’une symbolique particulière. Le Zohar, et la mystique juive en général, voient dans le hametz l’expression de nos mauvais penchants. Se débarrasser du hametz ne se limite pas à des aliments de consommation mais vient interroger nos pensées les plus intimes et nos comportements. Le Zohar remarque que la farine mélangée avec de l’eau va, dans le temps, connaître un processus de fermentation quoi que l’on fasse. La matssa n’est rien d’autre que ce mélange que l’on ne laisse pas fermenter et donc lever. Pour les Maîtres de la mystique juive cela signifie que le Juif pieux qui s’empresse d’accomplir les Mitsvot, les préceptes, ne laisse pas de place dans sa vie au mauvais penchant qui ne trouve aucun espace pour fermenter, pour lever.

Ce « grand ménage de printemps » pour la fête qui est aussi appelée « fête du printemps » est loin d’être superflu. Nous nous trouvons dans la période intermédiaire entre le précédent et le prochain Kippour. Autant dire que ce travail de repentir est tout à fait nécessaire. Le soin que nous mettons à nous débarrasser du hametz et à vivre intensément ces 7 jours ne doivent pas nous détourner de la portée symbolique de ce temps. Nous nous devons de ressortir meilleur de cette fête. C’est là tout le sens des vœux que nous nous échangeons en souhaitant que ce Pessah soit « casher vesaméah ». Il ne pourra être porteur de joies que si nous nous employons à le rendre casher, c’est-à-dire aussi à travailler sur nous-mêmes.

Pessah casher vesaméah, Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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