Minute de Torah - 18 Adar 5770

publié le vendredi 5 mars 2010
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B"H

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Dans la sidra de cette semaine, Ki Tissa, nous apprenons qu’après 40 jours et 40 nuits passées au Mont Sinaï avec H’, Moché redescend apporter les Tables de l’Alliance. Il faut bien s’imaginer la situation de Moché, au plus près de la divinité, occupé à s’instruire de la Torah et la retranscrire. Comment réagir en descendant auprès des Bnei Israel, lorsqu’il les voit autour de l’idole du veau d’or ! Moché s’apprête à transmettre le plus beau cadeau de l’histoire à des enfants qui à ce point se rabaisseraient à l’idolâtrie...

Certes, sur les 600 000 enfants d’Israel, 3000 y ont eu une part active : essentiellement ceux qui, Egyptiens d’origine, ont choisi la foi juive par voie de conversion probablement précipitée, et n’ayant pas totalement enrayé leurs pulsion idolâtres. Mais il s’agit tout de même d’idolâtrie !

Rachi, le plus célèbre commentateur de la Torah, explique en fait que, loin de rechercher une séparation de l’Unité de H’, les Bnei Israel cherchaient au contraire un moyen de se rapprocher de Lui, en cherchant à compenser l’absence de Moché leur "berger fidèle". Une estimation erronnée du temps de voyage de Moché pour ramener les Tables attisa leur soif de divinité. Epris d’un désir ardent de servir H’, ceux qui ont cru en le veau d’or se sont surtout mépris, en se rattachant à la seule marque de divinité qu’ils pensaient reconnaître après des centaines d’années de culture égyptienne.

Comment Moché peut-il contenir son désarroi ? Son souhait de transmettre les Tables est brisé, menant à briser les Tables devenues trop lourdes à porter. Un instant plus tard, Moché regrette son acte, mais les Tables sont définitivement brisées, plongeant Moché et tout le peuple dans la plus grande amertume. La brisure des Tables introduit une telle brisure intérieure, que H’ console Moché Rabbeinou sans attendre. « Ne sois pas accablé. Les premières Tables ne contenaient que les Dix Paroles, mais celles que je m’apprête à te donner [les secondes] auront une plus grande valeur. Le peuple Juif recevra avec elles les Hala’hot (lois), le Midrash et la Agada, ainsi que toute la Torah orale ». De surcroît, H’ va jusqu’à le conforter : « Tu as bien fait de les briser » (guemara Chabat 87b).

Comment comprendre alors que les secondes Tables de la Loi, issues de la brisure, possédaient un caractère supérieur aux premières et furent ainsi « un double don de sagesse de la Torah » (guemara Nedarim 22b) ?

Pour recevoir la Torah avec toutes ses richesses, avec toute sa profondeur, l’homme doit passer par un stade d’humilité profonde, celle qui le place dans l’état de modestie optimal pour recevoir pleinement de H’. L’humilité est l’un des traits majeurs que l’on connaît de Moché Rabeinou. Ce trait de caractère devait être intégré par les Bnei Israel eux-mêmes. Non pas que la brisure des premières Tables fut le seul moyen d’atteindre ce stade d’humilité, mais plutôt que cela a incité les Bnei Israel à une prise de conscience extrêmement élevée de la gravité de leur situation face au veau d’or. C’était là une Techouva capable de réparer leur acte et préparer la réception de richesses encore plus hautes.

En ’hassidout, on parle là de « descente pour la nécessité de la montée ». La descente n’est pas recherchée ni même souhaitée, à D.ieu ne plaise. Mais celle-ci, lorsqu’elle débouche sur une prise de conscience et une humilité profondes, peut constituer un réceptacle encore plus large pour la bénédiction. De sorte que la personne de bonne volonté, cherchant à faire le meilleur usage de ses facultés intellectuelles et sentimentales, et progresser ainsi dans la Torah et les mitsvot à travers des efforts concrets dans ce sens, pourra connaître le succès le plus large, aussi bien matériellement que spirituellement.







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