« Ou était Dieu ? »

Billet du 17 janvier 2010
publié le dimanche 17 janvier 2010
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Bonjour,

Peut-on raisonnablement être Juif et croyant et ne pas se demander après le désastre haïtien où était Dieu ? Le fait même de se poser cette question peut apparaitre pour certains blasphématoire. Mais ne pas se poser cette question, c’est renoncer à interroger notre foi. Cinq ans après le Tsunami qui avait causé la perte de 150.000 vies humaines en Asie du Sud, la « nature » se déchaîne avec violence engloutissant certainement autant d’hommes, de femmes et d’enfants que sur les rives de l’Océan indien.

Pouvons-nous faire quoi que ce soit face à un tel désastre ? La réponse réside dans notre générosité envers les organismes et institutions qui sollicitent notre aide. Le Crif a appelé les Juifs de France à rejoindre cet élan de solidarité. Il faut se féliciter de l’envoi par Israël, dans les heures qui ont suivies cette catastrophe, de 350 hommes. La petite communauté Habad locale s’est rendue immédiatement auprès des victimes. Etre Juif c’est joindre la prière à l’action. Notre action réside donc dans la générosité mais également dans notre capacité à interpeller nos dirigeants en France pour qu’ils facilitent la délivrance de visas vers la France des malheureux haïtiens qui voudraient rejoindre leur famille. La prière, elle, nous est suggérée par le Grand-Rabbin d’Angleterre, Jonathan Sacks, qui avait rédigé lors du Tsunami une « prière à la suite d’une catastrophe naturelle » qu’il a dû malheureusement adapter aux circonstances actuelles :

Adon ha-olamim, Maître de l’Univers,

Nous joignons nos prières à celles des autres à travers le monde, pour les victimes du tremblement de terre, cette semaine, qui a conduit au désastre et à la destruction de nombreuses vies.

Dieu Tout-Puissant, nous Te prions. Apporte la guérison à ceux qui souffrent, réconforte les endeuillés et ceux qui attendent des nouvelles de leurs proches. Puisses-tu apporter Ta force à ceux qui luttent pour soigner les blessés et qui viennent au secours de ceux qui n’ont plus de toit, ainsi qu’à ceux qui apportent de la nourriture et de l’eau à ceux qui en ont besoin. Puisses-Tu bénir l’œuvre de leurs mains et puissent leurs mérites sauver des vies.

Dieu Tout-Puissant, nous reconnaissons à quel point nous sommes humbles et dénués de forces lorsque la nature se déchaine. Ouvre donc nos cœurs à la prière et nos mains à la générosité, afin que nos paroles apportent du réconfort et nos dons de l’aide. Sois avec nous à présent et avec toute l’humanité alors que nous nous efforçons de soulager les blessures et de reconstruire ce qui a été détruit.

Ken yehi ratson venomar amen. Que telle soit Ta volonté et disons : Amen. Espérons être en mesure d’entendre ces mots en nous comportant de façon responsable face à cette injustice. Dans ces heures douloureuses, seule la prière est de nature à nous permettre de nous tourner vers Dieu afin que nos interrogations ne nous détournent pas de Lui.

Shavouah tov, bonne semaine à tous et à dimanche prochain.



Gabriel Farhi
Rabbin
AJTM - Alliance pour un Judaïsme Traditionnel et Moderne
Aumônier israélite des hôpitaux de l’AP-HP
Chroniqueur sur Judaïques FM 94.8




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