Sept Minutes pour Promouvoir la Paix

Éditorial du Jerusalem Post 18 juillet 2003
publié le jeudi 7 août 2003
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www.pmw.org.il - 22 Juillet 2003 - 15h48

Palestinian Media Watch, Observatoire des Médias Palestiniens Point sur les médias 20 juillet 2003

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Éditorial du Jerusalem Post 18 juillet 2003 :

Sept Minutes pour Promouvoir la Paix
par Itamar Marcus

Au cours d’une cérémonie de fin d’année pour une classe de terminale d’un Lycée palestinien la semaine dernière les élèves ont dansé une Dabka [danse] de dix minutes sur ces mots dits et répétés : "Avec des mots et un fusil nous chanterons ...de Jérusalem à Gaza et la Shechem palestinienne ... Al-Bireh, Haifa, Jaffa et Ramle... Le son d’une mitraillette ... nous vivrons et nous mourrons, que notre patrie nous soit rendue... Je suis palestinien ... Mon arme est le fusil et la pierre et le couteau ... La Palestine va bientôt renaître... La pierre et le couteau assureront la victoire..." [7 Juillet 2003]

Cette attente joyeuse de la destruction d’Israël grâce à un conflit armé exprimée dans le cadre d’une cérémonie de fin d’année scolaire s’est manifestée devant des centaines de parents et d’élèves et a été diffusée à la télévision officielle palestinienne. Cela aurait du provoquer de fermes protestations de la part des dirigeants et des médias israéliens car continuer à éduquer les enfants palestiniens à souhaiter et attendre la destruction d’Israël revient à s’assurer que cette guerre se prolongera avec la génération future. Mais cet incident n’a même pas été évoqué dans les médias israéliens Ceci n’est qu’un exemple de l’énorme disparité qui existe entre ce qui est rapporté dans la presse israélienne concernant le monde palestinien d’aujourd’hui et ce qui s’y passe vraiment, comme cela est pourtant bien visible dans ce que l’on trouve dans les médias palestiniens. Ce qui est le plus frappant est que le dénominateur commun dans toutes les distorsions que l’on trouve dans les médias israéliens est la tentative de créer la perception que l’Autorité Palestinienne s’efforce réellement de promouvoir la paix avec Israël.

Dans le Maariv de vendredi dernier un article dont le titre était "Pizmon Chadash - un nouveau refrain" décrit ce que seraient de grands changements dans les médias palestiniens selon ce quotidien. A en croire l’article voici ce qui constitue une "preuve" des changements significatifs constatés à la télévision palestinienne : "Les chants qui louent les Shahids ne sont plus diffusés et à leur place il y a un nouveau "hit" : ’le chant de la paix et de la liberté’ qui est diffusé à la télévision palestinienne pratiquement non-stop". Maariv donne l’impression que l’Autorité Palestinienne s’est vraiment transformée et qu’une atmosphère de paix prévaut désormais à la télévision palestinienne. Il s’agit malheureusement-là d’une invention presque totale. L’AP a bien produit un clip vidéo "chant de paix et de liberté" mais il a été diffusé très exactement une seule fois. 7 minutes pour promouvoir la paix... ce n’est pas exactement la même chose que de le faire non-stop. Et ces quelques minutes ont été entièrement submergées par la diffusion de programmes qui incitent à la haine, même si cela se fait à une moins grande échelle qu’auparavant. Il n’y a assurément pas d’ambiance de paix à la télévision palestinienne.

La satisfaction exprimée en raison du fait que les clips à la gloire des Shahids - ceux qui meurent pour Allah- ont diminué est également prématurée et montre une incompréhension de ce qu’est le monde palestinien. L’AP organise actuellement des colonies de vacances auxquelles participent des milliers d’enfants et un thème dominant, comme on le voit au travers des médias, y est la vénération portée aux shahids -morts pour Allah- et aux terroristes suicide. Cela s’inscrit dans le droit fil de la politique éducative de l’AP depuis de nombreuses années. Elle enseigne aux enfants qu’il faut admirer les terroristes qui tuent un grand nombre d’Israéliens, en donnant le nom de ces derniers à des écoles, des rencontres sportives, des programmes et des institutions éducatifs. Par le passé, par exemple, le nom de Dalal Mughrabi - la terroriste qui en 1978 avait participé au meurtre de 36 Israéliens et de la photographe américaine Gail Ruben, a été donné à une école près de Hébron [Al-Hayat Al-Jadida 30 juillet 2002], à une colonie de vacances en 2001, [PATV, télévision officielle palestinienne 9 août 2001], à un Jardin d’enfants [Al Ayyam 30 mai 2001], à un cours pour jeunes femmes [Al-Hayat Al-Jadida 25 janvier 2002] et a été utilisé ainsi de nombreuses autres fois. Le nom de Ayyat al-Akhras, la seconde femme terroriste suicide qui s’est fait exploser au supermarché de Kiryat Hayovel à Jérusalem, a été donné à une colonie de vacances l’an dernier [Al-Hayat Al-Jadida, 4 août 2002]. En janvier c’est le nom du terroriste suicide qui a tué 30 personnes lors du massacre du Seder de Pessah qui a été donné à un tournoi de football organisé sous les auspices du ministère de l’Éducation de l’AP.

Une politique qui se poursuit cet été. Le quotidien de l’AP a publié cette semaine un reportage sur une colonie de vacances à qui l’on a donné le nom de Jihad Al-Amarin, fondateur de la division des terroristes suicide du Fatah, les Brigades des Martyrs d’Al-Aksa. Et pour s’assurer que les enfants avaient bien compris le message, on avait inclus parmi les activités de la colonie une visite dans la maison du terroriste : "Hier ceux qui participent à la colonie sont allés chez le shahid Jihad Al-Amarin, où (ils ont été accueillis par) la femme, les enfants et la famille du shahid. Au cours de la visite il y a eu des discours qui ont fait l’éloge des vertus du shahid Jihad Al-Amarin... La femme du shahid a exprimé sa joie à voir la loyauté manifestée par notre peuple vis-à-vis de son mari, déclarant que le shahid Jihad avait rempli sa mission pour la nation. Au cours de la visite on a remis à la femme du shahid l’écusson de la colonie." [Al-Hayat Al-Jadida, 13 juillet 2003] Cette colonie n’est qu’un exemple parmi des dizaines de colonies de vacances qui ont reçu le nom de shahids.

Et cette semaine même une dose d’incitation au meurtre a été présentée à la télévision officielle palestinienne [PA TV]. Le Dr Hassan Khader, créateur de l’Encyclopédie d’Al Quods, lors d’un cours haineux qui se concentrait sur ce qu’il décrivait comme étant la guerre menée par Israël contre les arbres palestiniens, a tenu à citer ce qui a été un thème récurrent dans les enseignements religieux palestiniens : "Mahomet a dit dans son Hadith : "L’Heure [Jour de la Résurrection] n’arrivera pas tant que vous ne combattrez pas les Juifs, [tant qu’un Juif se cachera derrière un rocher ou un arbre] et le rocher et l’arbre diront : ’Oh Musulman, serviteur d’Allah, il y a un Juif derrière moi, viens le tuer !’" [PA TV, 13 juillet 2003] Ce Hadith qui fait du meurtre des Juifs une obligation religieuse incontournable a été cité de nombreuses fois par des dirigeants de l’AP pendant le conflit. Cette semaine PA TV a choisi de rediffuser cette interview. On ne peut dès lors parler de "clips vidéo pour la paix non stop".

Qu’est-ce qui a donc changé dans les médias de l’AP ? Ces dernières semaines il y a eu une diminution dans le volume de l’incitation à la haine et à la violence à la télévision palestinienne, mais pas de changement dans sa nature. Le message n’a pas changé, comme on le voit avec la danse Debka, mais il est distillé à de plus faibles doses. Les trous dans les horaires de diffusion, qui étaient comblés par des heures de clips haineux, sont remplacés par d’occasionnels programmes sur la nature, un grand nombre d’heures consacrées à des talk shows qui contiennent souvent une incitation à la haine non négligeable, et des heures de dessins animés. Et une dose quotidienne de clips haineux est toujours là. Même si cela se compte par minutes et non plus par heures.

S’il s’agit de trouver des améliorations techniques de la part de l’AP,affin de lui décerner une bonne note se concentrer sur les heures de haine en moins à la PA TV est tout à fait prématuré. C’est l’idéologie qui doit changer. La paix s’enseigne. Israël doit être reconnu et pas seulement à Washington, mais aussi dans les Lycées de l’AP et les cérémonies de fin d’année scolaire. Israël doit figurer sur les cartes de l’AP. L’enseignement de la haine et du meurtre doit être totalement éliminé. Si le but est la paix, alors quelques heures de Mickey Mouse en plus à la télévision, cela ne suffira pas.

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Traduction : Hélène Keller-Lind



David Levy
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